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 L’Albanie, terre de mission et la foi des Albanais

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faj
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MessageSujet: L’Albanie, terre de mission et la foi des Albanais   22.11.06 20:13

L’Albanie, terre de mission et la foi des Albanais

Après quarante années d’athéisme imposé par l’État, l’Albanie devint au début des années 1990 une terre de mission pour tous les mouvements religieux. Évangélistes, musulmans rigoristes, orthodoxes grecs et catholiques italiens inondaient le pays de Bibles et de Corans... La société albanaise a réagi en essayent de défendre son identité culturelle propre. L’analyse de Miranda Vickers, spécialiste des questions albanaises.

Par Miranda Vickers

Un des aspects les plus importants de la période de la transition post-communiste en Albanie a été la réapparition des pratiques religieuses, après l’abolition de la loi émise en 1967 qui interdisait toute forme de pratique religieuse aux Albanais. La modération avec laquelle les Albanais ont embrassé les religions reflète leur attitude traditionnellement prudente à l’égard du bien-être spirituel. Au cours de leur histoire mouvementée les Albanais sont passés facilement d’une religion à une autre, devenant ainsi catholiques, orthodoxes ou musulmans, selon les intérêts imposés par le moment historique. Bien connue est aussi l’expression de Pashko Vasa, à la fin du XIXe siècle : « La religion des Albanais est l’albanéité ».

À la fin du Moyen Age, les terres albanaises sont devenues un champ de bataille entre l’Occident catholique et l’Orient orthodoxe. Chaque fois que l’Occident augmentait les territoires qu’il contrôlait, les féodaux albanais - imités par leurs sujets - se convertissaient au catholicisme, chaque fois que Byzance revenait en force et que l’Occident se retirait, ils devenaient orthodoxes.

Après la décomposition de l’Empire ottoman et la formation de l’Etat indépendant d’Albanie en 1912, le gouvernement se proclama laïc. Les expériences des guerres balkaniques et de la Première Guerre Mondiale, ont montré l’exigence de laisser de côté toute distinction religieuse au nom de l’identité nationale commune à tous. Pour cette raison, dans la période de l’entre-guerre, l’Albanie ne connut pas de religion officielle d’État, le culte de toutes les confessions religieuses était cependant toléré librement.

Après la victoire du communisme en 1945, les Albanais furent, au début, théoriquement libres de professer leur propre foi. Pourtant, l’incitation puissante à accepter et à comprendre l’idéologie socialiste visait la destruction des us et coutumes traditionnels patriarcaux et conservateurs. C’est ainsi que la religion subit un dernier coup de grâce en 1967 avec l’interdiction de toutes les pratiques religieuses, ce qui fit de l’Albanie le premier État totalement athée du monde.

L’exemple de Shkodra

Après la chute du régime communiste en 1991, l’interdiction des pratiques religieuses fut levée, et la religiosité réapparut graduellement, accompagnée par la restauration ou la reconstruction d’églises ou de mosquées. La réapparition de la religion dans la ville musulmane de Shkodra est un exemple de l’harmonie traditionnelle des religions en Albanie : Shkodra est aussi le berceau spirituel des catholiques albanais. En 1992, lorsque l’église catholique de la ville rouvrit ses portes, musulmans et catholiques contribuèrent financièrement et, cinq jours plus tard, à leur tour, les catholiques aidèrent à l’ouverture de la seconde mosquée de Shkodra. Partout en Albanie, les émigrants fortunés de la diaspora commencèrent à financer la construction de nouvelles mosquées dans leurs villages d’origine. En outre, de nombreux États étrangers ont versé des aides financières et ont envoyé des experts pour la construction et la restauration d’édifices religieux.

L’Arabie Saoudite finança l’importation de plus d’un demi-million de copies du Coran, chiffre qui dépassait la demande effective, au point que dans les mosquées on pouvait voir, au début des années 1990, des tas non déballés de ces ouvrages. Un porte-parole de l’Agence d’aide islamique, chargée de la distribution des aides, a affirmé que les Albanais musulmans étaient comme des éponges desséchées, prêts à absorber tout ce qui pouvait leur être offert. Vers le milieu des années 1990, des écoles islamiques furent construites et des jeunes enfants et adolescents furent envoyés en Turquie, en Syrie, en Malaisie, en Arabie Saoudite et en Égypte pour pouvoir y étudier la théologie islamique. Diverses organisations islamiques étrangères ont couvert les dépenses des Albanais qui exprimaient la volonté de se rendre à la Mecque pour le pèlerinage, le Hadj.

Prosélytisme évangélique

À cette époque, on trouvait en Albanie des représentants de tous les cultes religieux, mais la manifestation la plus ardente de la foi religieuse fut celle des évangélistes chrétiens. À cause de l’athéisme proclamé du pays, ces prosélytes très motivés faisaient leur priorité de l’énorme besoin d’enseignement chrétien en Albanie, plus que dans tout autre pays ex-communiste. Les Albanais considérèrent l’arrivée de ces groupes comme quelque chose de fort curieux, d’autant que nombre d’entre eux venaient de sectes peu connues dans la jungle des confessions religieuses. Je me souviens d’un jour de juillet 1991 : je m’assis sur une plage de Durres avec un groupe de jeunes missionnaires hollandais qui jouaient à la guitare et chantaient devant un groupe d’Albanais stupéfaits : « Dieu aime l’Albanie » - un slogan qui ornait aussi leurs voitures.

Baptistes, Mormons, Témoins de Jéhovah et Adventistes du septième jour, tous étaient en compétition entre eux pour offrir le plus possible un stimulus matériel, en alimentation, habillement ou canettes de Coca-Cola, de façon à inciter les gens à se convertir. Les missionnaires se sentaient comme l’avant-garde d’une nouvelle croisière chrétienne. Par conséquent, des centaines de milliers de Bibles furent imprimées pour rejoindre le nombre des Corans arrivés dans le monde islamique. Toutefois, vers le milieu des années 1990, beaucoup d’Albanais se sent sentis ennuyés par la présence de ces missionnaires obstinés et dogmatiques - appelés « acheteurs d’âmes ». On estimait que, dans tout le pays, plus de 3500 personnes avaient adhéré à ces Églises protestantes.

À mon avis, ces chrétiens ardents furent vite éclipsés par les grandes religions, puisqu’ils n’avaient rien de tangible à offrir à un peuple qui, dans ces années-là, était désespéré et voulait rêvait à autre chose. Ils pouvaient juste promettre des visas pour le paradis et l’au-delà, mais pas pour s’éloigner de la pauvreté de ce monde avec un visa pour la Grèce ou l’Italie, dont l’obtention était parfois facilitée par la conversion au catholicisme ou l’orthodoxie.

Orthodoxie ou hellénisme ?

Parmi les quatre principales confessions en Albanie, l’Église orthodoxe est étroitement liée à la minorité grecque du Sud du pays. L’Église orthodoxe albanaise fut fondée en 1908 à Boston par l’évêque Fan Noli, et son autocéphalie a été reconnue par le Patriarche Œcuménique en 1937. Au début des années 1990, l’Église orthodoxe grecque, guidée par Mgr Sevastianos Drinoupolis, métropolite nationaliste et extrémiste, avait commencé à exploiter la nouvelle Église orthodoxe albanaise à des fins de propagande gréco-maximaliste, à travers son association panhéllenique de l’Épire du Nord.

L’archevêque était à la tête d’un diocèse très étendu siégeant à Konica, en Grèce septentrionale. Ce diocèse comprenait une bonne partie de l’Albanie méridionale - appelée par les Grecs Épire du Nord - patrie de la minorité grecque en Albanie. Décidé à faire parvenir son message à ses disciples albanais, Mgr Sevastianos organisait des cérémonies dans les villages frontaliers de Mavropulo en utilisant les orateurs les plus puissants en Grèce, qui pouvaient apporter un message spirituel à tout Albanais qui voulait l’entendre. Bien que l’association panhellénique de l’Épire du Nord fût à la marge de la politique contemporaine grecque, ceux qui la soutenaient étaient parmi les premiers à entreprendre la distribution des aides en Albanie méridionale en 1991. A cette période, beaucoup d’Albanais ont changé leur nom pour un nom grec, en se faisant baptiser dans la foi orthodoxe, non seulement pour obtenir de l’aide mais aussi pour avoir un visa de travail en Grèce.

En 1992, en Albanie méridionale, les Églises orthodoxes ont été reconsacrées et restaurées avec zèle, par des artisans financés par la Grèce et de la communauté gréco-américaine. Toutefois beaucoup d’entre elles sont aujourd’hui en manque de fidèles, à cause de l’exode massif vers la Grèce d’une bonne partie de la population grecque et orthodoxe. Le conflit entre les gouvernements grecs et albanais est toujours un sujet beaucoup plus sensible dans cette région que dans le reste du pays.
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MessageSujet: Re: L’Albanie, terre de mission et la foi des Albanais   22.11.06 20:14

(suite)


L’islam, entre salafisme et bektashisme

Actuellement, il y a relativement peu de signes d’un islam conservateur en Albanie. Au-delà de l’augmentation graduelle du nombre des femmes voilés, et de la question récente du foulard à l’école, la majorité écrasante des musulmans albanais sont fiers de leurs traditions de tolérance et de maturité religieuse. Beaucoup s’étonnent du zèle islamique si évident dans les zones albanophones de la Macédoine occidentale, où les jeunes se voilent plus souvent, et où il est vraiment difficile de trouver un bar ou un restaurant servant des boissons alcoolisées. En tout cas, ces dernières années, la communauté islamique albanaise s’est trouvée prise dans un conflit entre anciens, défenseurs de l’interprétation libérale et traditionnelle de l’Islam, basée sur l’école Hanéfite, et les jeunes qui, à peine sortis de l’éducation religieuse qu’ils ont reçu dans les pays arabes, optent pour l’école salafite de l’islam, qui est moins tolérante et plus radicale. Ce phénomène a préoccupé les membres de la communauté Bektâchî en Albanie, la forme la plus libérale de l’Islam qui se trouve en opposition évidente avec les salafites.

Les Bektâchî sont très méfiants à l’égard des islamistes conservateurs, actifs au sein du Centre Arabe de l’Information, qu’ils accusent de chercher de manière agressive à soumettre le monde musulman albanais au contrôle de la secte extrémiste wahhabite. Les Bektâchî forment une « secte » islamique panthéiste - ils trouvent Dieu dans la nature, les animaux et les hommes. Historiquement, ils s’inscrivent dans la lignée de la vengeance chi’ite contre le pouvoir ottoman sunnite, et prêchent la tolérance envers toutes les religions non islamiques. Ils provoquent la colère des musulmans conservateurs en déviant aux règles conventionnelles islamiques comme l’interdiction de boire de l’alcool, le voile pour les femmes, la direction vers la Mecque pendant la prière. Pour le moment, les Bektâchî sont la tradition religieuse la moins protégée, puisque leur guide religieux manque de formation suffisante et les croyants ne se rendent pas plus fréquemment à la teqe qu’un chrétien occidental à son église : principalement pour les baptêmes, les mariages et les funérailles.

Malgré cela, alors que peu d’Albanais sont allé étudier la théologie islamique dans le monde arabe, la majorité écrasante de la population n’a aucun contact culturel avec le monde islamique. L’influence de l’aide de la part de différentes organisations étrangères islamiques a modifié très peu cet aspect des choses. Apparaît ainsi une contradiction concernant les organisations locales qui visent à instaurer la tradition islamique avec les mêmes caractéristiques qu’elle a toujours eues en Albanie au détriment d’éléments importés de traditions étrangères. Les organisations locales, cependant, n’ont pas de ressources financières pour réussir à faire front aux besoins matériaux et aux exigences spirituelles des croyants. Par conséquent, il y a un risque que les anciennes traditions albanaises et leur vertus de tolérance ne soient marginalisées dans le développement quotidien du monde spirituel albanais, alors que les étrangers cherchent à faire pression sur les jeunes qui sont facilement influencés, spirituellement parlant.

Depuis 1998, lorsqu’on a découvert à Tirana et à Elbasan une cellule jihadiste, toutes les associations et les fondations islamiques en Albanie ont été soumises à un contrôle sévère et continuel. Cela contrarie certains membres de la communauté musulmane, quand beaucoup de groupes chrétiens semblent passer à côté de toute forme de contrôle. Beaucoup d’Albanais pensent qu’une des raisons pour laquelle l’Europe ne se presse pas à accueillir l’Albanie en son sein est le fait que la majorité des Albanais soit d’origine musulmane, devenant ainsi l’objet de l’islamophobie diffuse en Occident. Pourtant, après les protestations dans le monde entier contre les caricatures danoises, il faut souligner le fait qu’en Albanie, il n’y eut aucune protestation publique de la part des musulmans.

Récemment, l’autorité musulmane en Albanie a institué un comité ad hoc pour suivre l’ouverture de la première Université islamique dans le pays, une fois obtenue l’autorisation du gouvernement de Tirana. La communauté devra fournir les financements réservés à une telle construction, puisque la loi albanaise interdit le financement des institutions religieuses de la part de l’État. L’Université espère accueillir des étudiants provenant du Kosovo, de la Macédoine, de la Serbie et de l’Albanie. Les guides islamiques modérés du pays jugent importante l’ouverture d’une telle Université en Albanie, pour éviter aux jeunes musulmans de se rendre ailleurs pour apprendre les dogmes et les idéologies fanatiques qui ne reflètent pas la tradition albanaise. Jusqu’à présent, toutes les tentatives de création d’une Université islamique n’avaient pas abouti. Les observateurs estiment que le gouvernement procède selon une logique qui rendra possible l’ouverture de l’Université islamique après celle d’une nouvelle Université catholique.

L’année dernière, de jeunes musulmans instruits dans les pays arabes, ont tenté de présenter une proposition de modification des rituels religieux à l’intérieur de la communauté musulmane, mais cela a été refusée sur la base d’éléments raisonnables. La proposition consistait à substituer les medh’hebi de l’école traditionnelle hanéfite par celui de l’école plus radicale salafite. Après un long débat, le conseil général de la Communauté islamique a décidé unanimement de ne pas changer le rituel traditionnel au profit de rituels importés, que la majorité des anciens musulmans juge extrémistes et fanatiques. Ce fut une victoire encourageante des musulmans albanais, qui ont scellé de ce fait la continuité de la tolérance et de l’islam libéral en Albanie.

Il semble pourtant que les principaux problèmes soient économiques. Les Églises catholique et orthodoxe albanaises sont soutenues par le Vatican et Athènes - soutien bien supérieur à celui reçu par les musulmans, aussi bien sunnites que Bektâchî, qui craignent d’être accusés de percevoir des fonds des extrémistes islamiques pour toute éventuelle aide étrangère qu’ils peuvent recevoir. Par exemple, une organisation islamique égyptienne a financé récemment la construction d’une mosquée à Peshkopi, ainsi qu’un système de canalisations et de fourniture en eau. Les habitants affirment que l’Union européenne leur avait promis cela depuis longtemps, mais ce sont les Égyptiens qui les ont réalisées.

Les Bektâchî ont un urgent besoin de fonds pour restaurer leur teqe centrale et construire un institut d’études de la tradition Bektâchî, cependant leur choix d’être complètement indépendants implique le refus des sommes considérables continuellement offertes par l’Iran. Malgré leur absence totale de ressources, ils refusent désormais toutes les offres provenant du gouvernement iranien pour la construction d’écoles ou d’autres projets éducatifs.

Dans tout le territoire albanais, on voit d’énormes bâtisses construites par des étrangers, souvent inutiles et horribles. Des mosquées gigantesques ont été construites dans des zones où la population a diminué, de nombreuses églises ont été construites dans des endroits où les chrétiens constituent une petite minorité. Par exemple, dans le village septentrional de Koplik, où la population est majoritairement chrétienne, une grande mosquée jaune a été construite par des Saoudiens en 1992, faisant de l’ombre aux minuscules maisons et aux ruelles délabrées de cette petite localité somnolente du Nord. De même, dans la ville de Fier, au Sud, où la population est musulmane et orthodoxe, une grande église catholique a été construite dans une zone où ne vit pratiquement aucun catholique. Au Sud du pays, presque partout, on voit aussi souvent, dans des zones peu peuplées, de nombreuses églises orthodoxes de construction récente.
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MessageSujet: Mariage   22.11.06 20:57

Encouragée par le post de faj, j'ai fait quelques recherches sur les traditions albanaises sur google.

J'ai trouvé, entre autres, ceci:



Coups de feu et soumission


Pendant sept jours, la jeune mariée ne devra pas voir sa famille. La jeune épouse assiste sans les siens à son mariage. Un groupe d'amis du jeune homme vient chercher la mariée, qui, tête droite, tient les yeux baissés à terre. Elle franchit le seuil de la maison de son époux avec ses deux dashmores (dames d'honneur). Les parents du marié, jettent de l'eau et du gros sel sur le sol pour se prémunir du mauvais sort. La belle-mère dépose alors du sucre sur la langue de la mariée. Sa bru devient une "épouse sucrée" : plus aucune parole désagréable ne franchira ses lèvres. Les hommes tirent alors des coups de feu pour souhaiter longue vie au couple. Ensuite, les convives se dirigent vers le lieu de la fête. La mariée n'apparaît que lorsque le premier plat est servi. Un homme influent de la famille de son époux s'approche d'elle et soulève son voile. Il tire six coups de fusil en l'air et les femmes entament un chant populaire, pendant lequel la mariée est présentée aux invités en gardant les yeux baissés. A chaque présentation, les hommes sortent les armes et tirent. Quand le chant cesse, la mariée retourne dans sa chambre. Elle sortira ainsi à plusieurs reprises.

Le lendemain de la noce, après la présentation du drap taché à la belle-mère, la jeune femme reçoit les amis de son mari venus partager le traditionnel café turc. Elle sert les hommes, du plus vieux au plus jeune, puis les femmes. Durant cette semaine, la jeune mariée ne devra tourner le dos à personne. Elle sert le café à reculons. Le huitième jour, la mariée reçoit enfin sa famille. C'est le Moyen Âge et non le romantisme qui est au rendez-vous...

Pas marrant, pour deux sous! Sad

source: http://perso.numericable.fr/~notrealbum/albanie.html

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MessageSujet: Re: L’Albanie, terre de mission et la foi des Albanais   22.11.06 21:07

En plus... Euhh... Embarassed
Je voudrais bien voir la tête de la belle-mère de ma fille, quand on lui présente le fameux drap ! affraid

Ok,

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MessageSujet: Re: L’Albanie, terre de mission et la foi des Albanais   23.11.06 14:04

Il est important de signaler que nombre de traditions datent d'avant l'Islam, notamment le "Code de l'Honneur (?)", le Kanun.

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Les six millions d'habitants de l’Albanie et le Kosovo ne disposent à ce jour d'aucune constitution. Même après l'intervention de l'Otan, la région « aux deux millions de Kalachnikovs » est toujours déchirée par les luttes mafieuses et la corruption jusqu'au plus haut niveau de l'Etat. Les divers trafics (armes, voitures, ...) contrôlés par les familles de Tirana (Albanie) restent lucratifs malgré la traque perpétuelle des unités spéciales. La loi du Kanun est la seule constitution populaire partagée par la majorité des Albanais et maintient un semblant de cohésion nationale..

Leke Dukagjini, prince albanais du XVéme siècle et compagnon de route du héros national Skenderbeg, est reconnu pour avoir établi le Kanun. Vendetta ou encore Gjakmarria qui signifie « prendre dans le sang », les fantasmes populaires et autres légendes sont à l'origine de cet ensemble cohérent de règles, un code archaïque transmis et affiné à travers les âges. Le Kanun regroupe plus de 500 règles qui régissent la famille, le travail, le mariage et aussi la vengeance. Il garde aujourd'hui toute son emprise en particulier dans la région montagneuse du nord de l'Albanie et jusqu'au Kosovo voisin.

Le Kanun régit les us et coutumes, et les traditions. La règle fondamentale est celle de la Bessa, notion où converge la loyauté, la garantie, la fidélité et le respect de la parole donnée. Le caractère absolument contraignant de ce principe fait de toute violation du serment, la plus graves des ignominies. On retrouve dans les chansons folkloriques, où les gestes se mêlent à la parole quelques préceptes du Kanun directement cités:

• La mort survient pour avoir trahi l'hôte »,
• Lorsqu'il manque le pain pour servir l'hôte »,
• La mort survient pour la-foi reniée ».

En vertu de ce mode de vie coutumier, les blessures peuvent être dédommagées financièrement selon leur gravité, mais quand la mort survient la machine s'affole. Le temps ne compte pas, le sang versé dans les balkans ne s ‘efface jamais. Tout meurtrier doit assister à l'enterrement de sa victime. La famille du défunt se lance ensuite dans une véritable chasse à l'homme pour retrouver son honneur.

Selon les règles énoncées du Kanun, tout meurtrier peut solliciter une trêve protectrice de 24 heures. Il peut ensuite provoquer une demande collective pour obtenir une Bessa pour une protection de 30 jours afin de trouver un arrangement avec la famille du défunt. A l'issue de ce dernier délai, le meurtrier devra se réfugier dans une tour de claustration pour éviter de mettre sa famille en danger. De nos jours, la tour de claustration est devenue la prison. Même si les criminels continuent à se rendre sur la tombe de leurs victimes pour honorer les préceptes du Kanun et rechercher le repentir, ils préfèrent maintenant purger leurs peines derrière les barreaux de leurs cellule pour éviter de subir à leur tour, les foudres d'une vengeance. Tout prisonnier évadé, avant 1997 et tous les criminels recherchés voient leurs peines de prison diminuées d'un tiers s'ils décident de se livrer à la justice et de réintégrer l'univers carcéral. La prison reste la seule protection efficace contre le système de vengeance et le monde extérieur. Véritable havre de paix, chacun y purge sa peine en restant attentif aux informations que rapportent les nouveaux

Système complexe de règles héritées des traditions montagnardes, le Kanun est reste la référence juridique commune aux albanais au-delà de tous les cIivages. Aucune campagne de réconciliation n'a été entreprise par le gouvernement afin de se libérer de ce code de conduite archaïque. Le Kanun est présent dans tous les esprits. Même les membres des unités anti-mafia (les rasoirs), cagoulés et anonymes n'osent enfreindre ses préceptes.

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Le Kanun et la vendetta en Albanie : du mythe à la réalité
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MessageSujet: Re: L’Albanie, terre de mission et la foi des Albanais   Aujourd'hui à 17:07

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