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 Le plus grand succès du football hongrois

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xav73



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MessageSujet: Le plus grand succès du football hongrois   01.11.06 11:24

Wembley '53 : Le jour où l'Angleterre vacilla



ANGLETERRE



HONGRIE



Présentation :

L'Angleterre, emmené par son capitaine Cuthbert Ottaway, a disputé le premier match international officiel de l'histoire du football le 30 novembre 1872 contre l'Écosse au Stade Hamilton Crescent de Partick (Glasgow). Un match conclu sur le score de 0-0. Pendant près de 40 ans, les Anglais n'allaient alors rencontrer que l'Ecosse, le Pays de Galles et ce qui était alors l'Irlande (la partition de l'Irlande n'est intervenu que durant le XXème siècle). Cela était principalement dû à la domination des nations britanniques sur le football dans ses heures balbutiantes de son histoire et de la difficulté de faire de longs voyages à cette époque. L'Angleterre affronta pour la première fois des sélections continentales lorsque les Three Lions effectuèrenet un déplacement en Europe Centrale en 1908. Un voyage accompagné de quatre victoires en quatre face à l'Autriche par deux fois (6-1, 11-1 à Vienne), la Hongrie (7-0 à Budapest) et la Bohême (4-0 à Prague). Sûrs de leur supériorité, les Anglais alignèrent longtemps leurs meilleurs joueurs seulement pour les rencontres face aux autres sélections britanniques, envoyant sur le "continent" des formations amateurs ou de professionnels en vacances. Et ce qui devait arriver, arriva. Le 5 Mai 1921, au Stade Pershing de Paris, la France gagna 2 buts à 1 devant l'Angleterre "amateurs" grâce aux buts de Jules Dewaquez (Olympique de Paris) et Jean Boyer (VGA Médoc). Ce match fut considéré en France comme un authentique "évènement historique". Le quotidien sportif L'Auto écrivit ainsi : « À présent qu'il a vaincu son maître britannique, nul espoir n'est désormais interdit pour le football français ». Après cette déconvenue, les Anglais ne prendront plus le risque d'envoyer des équipes "amateurs" défendre leurs couleurs. À noter que cette rencontre est considérée comme un match officiel par la Fédération Française (47ème match officiel des Bleus), ce n'est pas le cas pour la FA. La première défaite des Anglais sur le continent intervint quelques années seulement après à Madrid. Le 15 Mai 1929 à l'Estadio Metropolitano, l'Espagne s'imposa sur le score de 4-3. Quelques années plus tard, le 7 décembre 1932 pour être exact, les Anglais eurent toutes les peines du monde à s'imposer 4 buts à 3 à Stamford Bridge face à la "Wunderteam" autrichienne de Rudi Hiden et Matthias Sindelar, qui confirma lors de ce match pourquoi elle était alors considérée comme une des meilleurs sélections européennes. Mais bon an, mal an, les Anglais conservaient tout de même leur invincibilité à domicile face à ces sélections continentales qu'ils prenaient de haut. Le 14 Novembre 1934, ils s'imposèrent même face au tout nouveau champion du monde italien (qui alignait des vedettes telles Luis Monti, Giuseppe Meazza ou Raimundo Orsi) dans un match resté célèbre sous le nom de "Bataille d'Highbury". Au bout d'à peine 10 minutes de jeu, les Anglais menaient déjà 3-0 grâce à un doublé du joueur de Manchester City Eric Brook et à un but de la vedette d'Arsenal, Ted Drake. Un doublé de Meazza permit à l'Italie de réduire le score en seconde période. Il est tout de même à noter que l'Italie joua tout le match à 10 contre 11 à cause de la blessure de Luis Monti (victime d'une fracture du pied) dès la deuxième minute de jeu. Il faut bien sûr que les remplacements n'étaient pas autorisé à cette époque. Le match fut d'ailleurs dans son ensemble d'un engagement à la limite de la violence. Cependant, cultivant son splendide isolement, l'Angleterre ne prit pas part aux trois premières éditions de la Coupe du monde. La fin de la Seconde Guerre Mondiale marqua le retour, ou plutôt l'entrée en scène, de la sélection anglaise sur la scène mondiale lors de la Coupe du Monde 1950 au Brésil. Et pour une entrée, elle fut plutôt remarquée et mémorable. Après une victoire lors de leur premier match face au Chili (2-0), les Anglais connurent l'affront d'une défaite face à leux cousins américains. Ils burent ensuite le calice jusqu'à la lie avec une nouvelle défaite 1-0 face aux Espagnols et un retour très prématuré à la maison. Touché au cœur par ce premier rendez-vous officiel raté, l'Angleterre peine par la suite à signer des résultats probants. La France manque de mettre fin à la série d'invincibilité à domicile des Anglais lors d'un match amical le 3 octobre 1951 à Highbury. Hélas pour les Bleus, Jean Grumellon (Stade Rennais U.C.) manqua sa frappe à l'ultime seconde lors d'un face à face avec le portier anglais, Albert Williams (2-2).

C'est donc dans ce climat que se présente le 25 Novembre 1953 à Wembley la sélection hongroise. Une sélection championne olympique en titre depuis les Jeux Olympiques d'Helsinki en 1952 et invaincu depuis 1950 ! Pourtant, les Anglais, comme à leur habitude, ne semblent pas prendre aux sérieux ces Hongrois qui viennent d'ailleurs de concéder le match nul le 15 Novembre face à la Suède de George Raynor 2-2. Jenõ Buzánszky, l'arrière droit à vocation offensive de la Hongrie, déclara d'ailleurs récemment à propos de ce nul face aux Scandinaves. "Avant cette rencontre, nous avions fait match nul 2-2 contre la Suède à Budapest. C'était très mauvais signe parce que nous pensions que les Scandinaves jouaient dans un style semblable à celui des Anglais. Il y avait énormément de tension dans l'équipe car nous pensions que l'équipe anglaise s'imposerait facilement à domicile". Et pourtant, les Hongrois auraient eu toutes les raisons de croire en leurs chances. Cette Aranycsapat (littéralement l'équipe en or en hongrois) est invaincue depuis le 14 mai 1950 et une défaite face à l'Autriche 5 buts à 3, soit une série de 24 matches sans défaites (20 victoires pour seulement 4 nuls !). Cela permit donc aux Magyars de remporter le titre olympique en 1952 en Finlande grâce à des victoires successivement la Roumanie (2-1), l'Italie (3-0), la Turquie (7-1), la Suède (6-0) et en finale les Yougoslaves 2 buts à rien grâce à des réalisations de Ferenc Puskás et Zoltán Czibor. les Hongrois remportirent également en 1953 la Coupe Dr. Gerõ (tournoi regroupant plusieurs nations telle l'Autriche, l'Italie, la Tchécoslovaquie, la Suisse...) après notamment un succès à Rome face à l'Italie (17 Mai 1953) 3 à 0. C'est donc une sélection invaincue depuis plusieurs années et pourtant très mésestimée par ses adversaires qui entre surla pelouse de l'Empire Stadium en ce Mercredi 25 Novembre 1953 par un temps froid et brumeux. À la veille du match, les Anglais, convaincus de leur supériorité sportive, n’imaginaient pas voir leur équipe perdre. Pourtant, de nombreux signes avant-coureurs semblaient annoncer la fin de la suprématie de l’équipe anglaise.

Feuille du match :

Angleterre - Hongrie 3-6

Buts :

Angleterre : Jackie Sewell (13ème), Stanley Mortensen (38ème), Alf Ramsey (57ème s.p.)
Hongrie : Nándor Hidegkuti (1ère, 20ème, 53ème), Ferenc Puskás (24ème, 27ème), József Boszik (50ème)

Lieu : Londres, Wembley (Empire Satdium)

Date : 25 Novembre 1953

Arbitre : M. Leo Horn (Pays-Bas)

Affluence : 100 000 spectateurs

Composition des équipes :

Angleterre : Gil Merrick (Birmingham City) - Alf Ramsey (Tottenham Hotspur), Bill Eckersley (Blackburn Rovers) - Billy Wright (Wolverhampton Wanderers) , Harry Johnston (Blackpool), Jimmy Dickinson (Portsmouth) - Stanley Matthews (Blackpool), Eddie Taylor (Blackpool), Stan Mortensen (Blackpool), Jackie Sewell (Sheffield Wednesday), George Robb (Tottenham Hotspur). Sélec. : Walter Winterbottom.

Hongrie : Gyula Grosics (Honvéd) (remplacé par Sándor Gellér (MTK Hungária) à la 76ème), Jenõ Buzánszky (Dorogi Bányász), Mihály Lantos (MTK Hungária), József Bozsik (Honvéd), Gyula Lóránt (Honvéd), József Zakariás (MTK Hungária), László II Budai (Honvéd), Sándor Kocsis (Honvéd), Nándor Hidegkuti (MTK Hungária), Ferenc Puskás (Honvéd), Zoltán Czibor (Honvéd). Sélec. : Gusztáv Sebes.

Le Match :



Ce match a souvent reçu l'étiquette "Match du Siècle". Pour une fois, cette appellation ne semble pas galvaudée. D'aucuns voient même dans cette défaite de l’Angleterre la naissance du football moderne. La rencontre entre la Hongrie, championne olympique, et l'Angleterre, berceau du football, paraissait assez équilibrée : un tête à tête entre deux équipes qui se considèrent comme les meilleures du monde. Cela s'est finalement terminé par une démonstration : la Hongrie réduisant l'Angleterre en lambeaux. La très (trop ?) grande confiance en leur suprématie des Anglais allait causer leur perte. Avec le recul, le capitaine anglais Billy Wright aurait déclaré "nous avons complètement sous-estimé nos adversaires, l'avance qu'ils ont pris et pas seulement tactiquement." Ce même Wright qui avant la rencontre se moquer de l'équipement des Magyars. "Lorsque nous avons pénétré sur la pelouse de Wembley cette après-midi-là, aux côtés de nos adversaires, j'ai regardé le sol et j'ai remarqué que les Hongrois avaient des cramprons étranges et légers, découpés comme des chaussons au niveau de la cheville. Je me suis retourné vers le grand Stan Mortenson et je lui ai dit : 'Ça devrait aller, Stan, ils n'ont même pas l'équipement adéquat.'" Un autre joueur anglais indéterminé déclara au sujet de Ferenc Puskás, avant le coup d'envoi "Regardez le petit gros là-bas. On va les massacrer". Et pourtant... Dès la première minute de jeu, Nándor Hidegkuti trouvait le chemin des filets adverses. L'attaquant du MTK Hungária récupérait un ballon de József Bozsik et s'en allait tromper le gardien anglais Gil Merrick de l'entrée de la surface de réparation. Malgré cette entame plutôt manquée, les Anglais réagirent dès la 13ème minute de jeu par l'intermédiaire de Jackie Sewell. Bien lancé par Stan Mortensen, le joueur de Sheffield Wednesday ajustait Grosics d'une frappe croisée. Un répit de courte durée pour les hôtes qui allaient bien vite sombrer. A la 20ème, Hidegkúti réalisait un doublé puis Puskás alourdissait la marque d'un superbe but. Czibor centrait côté droit et trouvait Puskás au second poteau. D'un superbe geste technique, ce dernier se débarassa de Wright pour ensuite tranquillement battre le gardien anglais. "Il pensait que j'allais prendre l'intérieur", déclara par la suite Puskás. "Si je l'avais fait, il m'aurait expédié, le ballon et moi, hors du terrain et dans les tribunes. J'ai donc ramené le ballon de mon crampon gauche et je l'ai envoyé au fond des filets". Ce but permit à Puskás d'acquérir une notoriété internationale. Le commentateur radio hongrois ce jour-là, György Szepesi, suggéra même que l'on installe une plaque à Wembley afin de commémorer ce rateau. De son côté, Geoffrey Green du Times, écrivit dans son compte-rendu du matcau sujet de cette acton que Wright était comme pompe à incendie allant au mauvais feu. Crucial, ce but était le troisième de l'après-midi pour la Hongrie et il la mettait à l'abri d'un retour anglais. Les Anglais chancelaient et les choses empiraient encore lorsqu'un coup franc de József Bozsik trouvait Puskas qui trompait à nouveau l'infortuné Merrick. Stan Mortenson réduisait le score avant la pause (pour un score de 4-2 à la mi-temps) mais l'Angleterre semblait s'acheminer vers sa première défaite à domicile face à une nation du continent européen.

Et si l'Angleterre se faisait encore quelques illusions sur un éventuel retour, elles s'envolèrent rapidement. József Bozsik trouvait la lucarne anglaise d'une frappe à l'entrée de la surface de réparation avant que ce diable d'Hidegkúti ne réalise le triplé en reprenant de volée un centre enveloppé de Puskás. 6 à 2 ! Les Anglais réussirent à sauver ce qui pouvait encore l'être en inscrivant un dernier but par Alf Ramsey sur un penalty consécutif à une faute du portier magyar Gyula Grosics. 6-3 peu avant l'heure de jeu. Plus rien n'allait être marqué d'ici la fin de la rencontre mais l'essentiel était là : la Hongrie venait de réaliser l'exploit de battre l'Angleterre à domicile, à Wembley. Et encore battre est un mot généreux pour la sélection anglaise. Oubliez le score. Il est flatteur pour les Anglais. La Hongrie à tiré 35 fois au but contre 5 pour les Anglais. C'était de la démolition pure et simple, un match qui a dessiné un nouvel ordre mondial. Comme l'a écrit Geoffrey Green dans le Times, les Anglais “sont devenus des étrangers dans un monde étrange, un monde où s’agitent des fantômes rouges. Car c’est bien à cela que ressemblaient, dans leurs maillots rouges vifs, les Hongrois avec leur vitesse effrayante, leur technique surnaturelle et leur efficacité venue d’ailleurs”. La différence entre les deux équipes sur le terrain était flagrante. Comme l'a déclaré Sir Tom Finney, légendaire ailier anglais qui avait suivi la rencontre depuis les tribunes de Wembley, "C'était comme un cheval de course contre un cheval de trait. C'est la meilleure sélection contre laquelle j'aie joué, une équipe merveilleuse à regarder avec des schémas tactiques que je n'avais jamais vus auparavant. [...] Je suis reparti en me demandant ce que nous avions pu faire au cours de toutes ces années". Le football ne sera plus jamais le même après ce match.
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xav73



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MessageSujet: Re: Le plus grand succès du football hongrois   01.11.06 11:25

"Prolongations" :


Titre : "Après la chasse au lion" - Légende : "Chouette, les enfants auront de quoi jouer à la maison !"

Ce match a marqué la fin de l'ère du règne absolu du WM (3-2-5). Le WM, ce sont les lettres que l'on peut lire en traçant une première ligne entre les défenseurs (W), et une seconde traversant l'attaque (M). L'équipe se compose de deux arrières latéraux, d'un défenseur central («the policeman»), de deux demis, deux inters, deux ailiers et un avant-centre. On doit cette méthode à un Ecossais nommé Johnny Hunter, mais c'est le célèbre manager d'Arsenal dans les années 1920, Herbert Chapman, qui la mettra en pratique. Or lors de ce match le WM Anglais vola en éclat face au 4-2-4 Hongrois. Les Three Lions n'étaient pas préparés à jouer une équipe organisée de la sorte. Cette révolution tactique était dûe au sélectionneur hongrois Gusztáv Sebes qui s'était inspiré des idées de deux entraîneurs ... anglais Jimmy Hogan et Arthur Rowe. Pour Jenõ Buzánszky, c'est bien Sebes et son dispositif tactique en 4-2-4 qui ont été la clef de la victoire. "Il a joué un rôle décisif dans la mise en place de l'équipe", explique le défenseur hongrois. "C'était comme arranger tous les rouages d'une machine : il fallait que tout se combine à merveille. L'équipe était extrêmement offensive, avec cinq attaquants. Si vous jouez avec ce genre de formation, il faut absolument avoir une défense de grande qualité également". Ce 4-2-4, ou plus exactement un "WW" exécué avec rigueur et brio par les Magyars sur le terrain mis au supplice l'Angleterre. En jouant sur les points forts de ses meilleurs techniciens, Sebes a mis sur pied un système qui tire le meilleur parti possible du formidable potentiel offensif à sa disposition : Ferenc Puskás , Sándor Kocsis, Nándor Hidegkuti, ... Sir Bobby Robson, ancien sélectionneur de l'Angleterre de 1982 à 1990, a déclaré au sujet de cette rencontre "Pendant trop longtemps, le football anglais s'était laissé aller à un complexe de supériorité paralysant. Cette défaite a révolutionné le football anglais. Les Hongrois ont joué dans un dispositif tactique jusque-là inconnu : le 4-2-4. Leur avant-centre évoluait en profondeur à près de 30 mètres du demi-centre anglais. Mais c'est avant tout leur travail collectif qui a été impressionnant, et les voir déstabiliser complètement l'équipe d'Angleterre m'a profondément marqué. Cela a accru mon intérêt pour le travail d'entraîneur". En 90 minutes, le WM venait de prendre 20 ans...

Après ce formidable succès, l'Aranycsapat continua sur sa lancée. 6 mois plus tard, le 23 Mai 1954, la Hongrie accueillit l'Angleterre au Népstadion de Budapest pour une revanche de l'affront de Wembley. Cette rencontre tourna à la déroute pour les Anglais. Comme s’ils ne voulaient laisser aucune place au doute, les Hongrois leurs infligèrent une nouvelle punition (7-1 avec des doublés de Ferenc Puskás, Sándor Kocsis et des buts de Mihály Lantos, József Tóth II et Nándor Hidegkuti), un score qui reste encore à l'heure actuelle comme la pire défaite de l'histoire de la sélection anglaise. Avec ce nouveau succès, les Hongrois étaient logiquement présentés comme et les grands favoris de la Coupe du Monde 1954 en Suisse. Un statut confirmé par un début de compétition en grande trombe : victoires 9-0 contre la Corée du Sud et 8-3 contre la RFA au premier tour avant d’atteindre la finale grâce à deux victoires 4-2 sur le Brésil et l’Uruguay en quart et en demi. Une finale qui allait se révéler tragique pour cette grande équipe... Ce triomphe déjà annoncé, qui semblait évident à nombre d'observateurs, n'arriva pas. Les meilleures choses ont toujours une fin et, parfois, les plus grandes équipes connaissent un destin tragique. Confronté à une équipe de RFA surmotivée, les Magyars durent s'incliner 3 buts à 2 au Stade Wankdorf de Berne. Une défaite qui marque le début de la fin pour l'Aranycsapat. Même si l’équipe de Sebes connaît encore une belle série de 18 matches sans défaite jusqu’au début de l’année 1956 et un faux-pas devant la Turquie. Elle enchaîne sur un match nul puis deux défaites. Il n’en fallait pas davantage pour sceller le destin de Sebes qui disputa son dernier match à la tête de la sélection hongroise le 9 Juin 1956 face au Portugal à Lisbonne (2-2). Quelques mois plus tard, les tanks de l’armée rouge pénètrèrent dans la capitale hongroise, Puskas et quelques autres passèrent à l’ouest, et la Guerre Froide finit de brouiller le sort de la majorité des membres de cette grande équipe de Hongrie. Une équipe qui aligna une série de 31 matches sans défaite (dont 27 victoires) entre 1950 et 1954, une équipe qui réussit un des plus grands exploits du football, une équipe qui aurait sans doute mérité de figurer au palmarès de la Coupe du Monde et qui ad vitam æternam n'y figurera jamais...
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Árpád
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MessageSujet: Re: Le plus grand succès du football hongrois   02.11.06 11:34

Merci Xav pour ce sujet qui nous rappelle que la Hongrie fit partie de l'élite du football internationale. Reste à espérer qu'elle reviendra au meilleur niveau, car bien qu'ayant une bonne équipe, on ne peut pas dire, loin de là, que les résultats actuels soient glorieux. On ne devrait pas les voir en phase finale du prochain championnat d'Europe. Sad Sad Crying or Very sad

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MessageSujet: Re: Le plus grand succès du football hongrois   06.11.06 16:05

Árpád a écrit:
Merci Xav pour ce sujet qui nous rappelle que la Hongrie fit partie de l'élite du football internationale.
Un grand merci, Xav, pour ce travail considérable !!

Tu ne m'as pas déçu quand j'ai dit ailleurs que tu es quelqu'un de solide et fidèle!
Tes posts me font chaud au coeur...
Même si le rêve de Arpàd me paraît un peu (beaucoup)! Sad irréel...
Mais qui sais??
Si les montagnes peuvent accuher des souries, le contraire est possible aussi!

Amen! lol!

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caroslo
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MessageSujet: Re: Le plus grand succès du football hongrois   07.11.06 1:12

ouhawouh !!! quel boulot !!! bravo.

mais qui est Xav73 ???? jocolor
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MessageSujet: Re: Le plus grand succès du football hongrois   07.11.06 1:20

caroslo a écrit:
mais qui est Xav73 ???? jocolor
Il est notre chouchou! lol!

Mais il est un peu timide... No

Xavounet, tu ne penses pas qu'il serait temps de faire une petite apparition dans la rubrique Présenations? On te réclame de partout!

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MessageSujet: Re: Le plus grand succès du football hongrois   07.11.06 1:24

Elöd a écrit:


Xavounet, tu ne penses pas qu'il serait temps de faire une petite apparition dans la rubrique Présenations? On te réclame de partout!

Elöd I love you

on l' encourage bien fort !!! cheers


on veut connaître ce chouchou !!!!
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Manu
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MessageSujet: Re: Le plus grand succès du football hongrois   17.11.06 22:15

En premier titre ce soir sur Yahoo :
Mort du magyar magique

Et l'article associé :

Décès de Ferenc Puskas, l'ancienne gloire du football hongrois
ven 17 nov, 13h38

BUDAPEST (AFP) - Ferenc Puskas, la légende du football hongrois et l'un des plus grands joueurs du XXe siècle, est décédé vendredi à l'âge de 79 ans des suites d'une longue maladie dans un hôpital de Budapest.

L'ancien joueur vedette du Real Madrid surnommé le "Major galopant", qui souffrait de la maladie d'Alzheimer, était hospitalisé depuis six ans à l'hôpital Kutvolgyi de la capitale hongroise. Il s'y trouvait en soins intensifs depuis le 12 septembre.

Selon un porte-parole de la famille, Gyorgy Szollosi, interrogé par l'AFP, il est mort des suites d'une défaillance respiratoire et circulatoire.

Puskas, l'un des meilleurs buteurs de tous les temps avec son redoutable pied gauche, avait conduit l'équipe de Hongrie à une médaille d'or aux jeux Olympiques en 1952 et à une place en finale de la Coupe du monde en 1954, perdue face à l'Allemagne (2-3).

Dans les années 1960, il avait remporté avec le Real Madrid trois Coupes d'Europe des clubs champions (1959, 1960 et 1966). Lors de la finale de 1960, il s'était particulièrement distingué avec 4 buts à son actif. Il en a inscrit au total 512 en 528 matches pour le club madrilène.

Le Real l'avait engagé après son émigration de Hongrie suite à la révolte anticommuniste de 1956. De 1943 à 1956, il avait porté les couleurs d'un seul club dans son pays, Kispest devenu Honved Budapest, club de l'armée.



Selon M. Szollosi, "les premiers à avoir téléphoné à la famille pour exprimer leurs condoléances ont été les gens du Real Madrid, ceux de la Fédération Hongroise de foot et bien sûr les amis innombrables du monde entier".

Puskas, qui a fait ses premiers pas commencé dans le Championnat hongrois à 15 ans, a marqué 83 buts au cours des 84 matches nationaux disputés pour la Hongrie de 1945 à 1956, une époque où l'équipe nationale était surnommée "l'Equipe en or" ("Golden team") ou les "Magyars magiques".

"Le Hongrois le plus illustre du XXe siècle est parti, a déclaré dans un communiqué Ferenc Gyurcsany, le Premier ministre hongrois. Ferenc Puskas est parti, mais la légende +Puskas Ocsi+ (petit frère) restera toujours auprès de nous."

"C'est une tragédie énorme pour le pays et en particulier pour nous, ses amis", s'est exclamé Jeno Buzanszky, l'un des deux derniers membres toujours vivants de la "Golden team", cité par l'agence de presse MTI.

Au Parlement hongrois, les députés ont observé vendredi matin une minute de silence en mémoire de Ferenc Puskas.

Parmi les rencontres les plus marquantes remportées par "l'Equipe en or", la victoire étonnante en 1953 par 6 à 3 -dont deux buts de Puskas- contre les Anglais (leur première défaite sur leur terrain de Wembley), avait fourni l'occasion à la Hongrie de retrouver un sentiment de fierté malgré la dictature communiste.

L'équipe hongroise a ensuite battu une nouvelle fois l'Angleterre, mais à Budapest (7-1), avant de se propulser en finale du Mondial suisse de 1954, finalement remporté par la République fédérale d'Allemagne à Berne.

En Allemagne, le président de la DFB, Theo Zwanziger s'est souvenu vendredi de ce Mondial.

"Nos souvenirs sont étroitement liés à la légendaire finale du Mondial-54", a-t-il souligné, en rappelant que l'Allemagne, qui se remettait à peine de la guerre, s'était imposée 3-2 en finale face aux Hongrois venus du bloc communiste.

"Nos anciens adversaires sont devenus des amis et ont initié pour les jeunes générations de nos deux pays une grande amitié sportive", a souligné le patron du football allemand.

Après l'échec du soulèvement hongrois contre la domination soviétique en octobre 1956, Puskas avait quitté son pays, comme 200.000 de ses concitoyens. Il s'était réfugié en Espagne où il avait rejoint ensuite le Real Madrid et pris la nationalité espagnole en 1962.

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MessageSujet: Re: Le plus grand succès du football hongrois   18.11.06 10:04

C'est une grande perte, c'est sûr... Sad Sad

J'avais l'occasion de voir, avec mes parents, ses derniers buts en Hongrie, dans le Stadion de Budapest...
Je n'ai pas très bien compris ce qui se passait sur la pelouse, mais l'enthousiasme du public, les applaudissements et hurlements des milliers de gens "sonne" encore dans mes oreilles...

Alors, "une minute de silence" nous aussi, s'il vous plaît !

Et un grand merci, Manu, pour ce beau post ! Very Happy

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MessageSujet: Re: Le plus grand succès du football hongrois   18.11.06 19:16

Ferenc Puskás : L'Adieu au Major Galopant



Fer de lance de l'Aranycsapat hongroise, le Magyar Ferenc Puskás fut une véritable légende de son vivant. Décédé hier, à l’âge de soixante-dix-neuf ans, dans cette Hongrie qu’il avait bien cru ne jamais revoir après avoir connu l’exil. Un génial attaquant qui vécut plusieurs vies : celle d’un jeune prodige dans le club de l’armée d’un pays communiste, celle d’un attaquant du grand Real Madrid, celle du maître à jouer d’une des plus fabuleuses équipes nationales de l’histoire dont la formidable aventure collective se termina tragiquement, celle enfin d’un homme à la destinée romanesque et presque romancée. Né à Kispest (une bourgade qui à l'époque n'avait pas encore été englobée par Budapest) le 2 avril 1927, Ferenc Puskás, ou plus exactement Purczeld selon son nom de naissance puisqu'il était issu d'une famille souabe (germanique), a hérité sa passion du football de son père, joueur semi-professionnel ayant évolué au Vasas et au Kispest. Très tôt, le ballon rond est devenu plus qu'un passe-temps pour ce garçon aux grandes qualités. D'ailleurs la maison familiale jouxtait le stade, qui plus tard, prendrait le nom de József Bozsik. d'ailleurs, les premières années du jeune Puskas furent bercées par le bruit du ballon dans lequel on frappe et la clameur des supporters venus voir leur équipe, le Kispest AC. "Gamin, quand j'entendais ces bruits magnifiques, je n'avais qu'une seule obsession : jouer moi-même", se souviendra plus tard Puskas. Un souhait qui ne tarda pas à se réaliser car les gamins du quartier n'avaient pas d'autres passe-temps que de taper dans le ballon toute la journée. Parmi ses connaissances dès son plus jeune âge figurait un certain József Bozsik, qui allait devenir par la suite un inséparable compagnon de jeu de Kispest à l'équipe nationale hongroise. tout gosses, ils avaient déjà un signe secret de ralliement. comme ils étaient voisins, quand l'un frappait trois coups à la porte du copain, celui-ci savait qu'il partait taper dans le ballon et qu'il était donc temps de le rejoindre. En raison du nationalisme croissant en Hongrie durant les années 1930 (sous le régime de l'Amiral Miklós Horthy), le petit Ferenc Purczeld, patronyme à consonance germanique, devint Puskás. Mais sur sa première licence, prise bien évidemment au Kispesti AC, n'apparaît ni le nom de Puskás et encore moins celui de Purczeld. L'explication ? Ferenc avait un an et demi de moins que son grand pote Jozsef (né le 28 Novembre 1925) et n'avait donc pas l'âge minimal requis (12 ans) pour intégrer le club. Quand Bozsik rejoint l'équipe minimes, il ne voulut pas jouer sans son grand ami. Résultat, Puskas fut engagé sous le pseudonyme de Miklós Kovács ! Quant il ne jouait pas, le jeune Ferenc assistait rêveur aux matches et aux entraînement de l'équipe fanion de Kispest. Ses idoles avaient pour nom Nemes et Deri. Il dira souvent que, à part son père, ce sont ces deux joueurs-là qui lui apprirent le plus en matière de football. Les gamins qui composaient l'équipe minimes de Kispest avaient tous un immense talent, au point que chaque minime deviendra plus tard joueur professionnel en Première Division ! Leur équipe marquait au moins 130-140 buts par saison. Vu leur talent, József Bozsik et Ferenc Puskás ne tardèrent pas à effectuer leurs débuts chez les pros, profitant au passage de la saignée opérée dans les milieux du foot par la Seconde Guerre mondiale. Le 5 décembre 1943, à l'occasion d'un match contre Nagyvarad, les dirigeants de Kispest furent donc obligés de faire appel à des juniors. C'est ainsi que Puskás, âgé seulement de seize ans, décrocha sa place dans le onze de départ. Pour l'anecdote, Kispest fut battu 3-0 et leur adversaire du jour, le Nagyváradi AC, sacré à la fin de la "saison" 1943/44 champion. Une carrière de joueur venait de commencer, et quelle carrière ! Kispest, dès lors, ne put se passer de sa jeune étoile qui, dès sa troisième apparition dans l'équipe fanion, marqua son premier but face au Kolozsvári AC. Pour la parenthèse, il faut noter que les villes transylvaniennes de Nagyvárad et Kolozsvár sont désormais situées en Roumanie et connues sous les noms respectivement de Oradea et Cluj. Pour en revenir à Puskás, il disputa dix-huit matches lors de sa première saison et inscrivit sept buts. Sa petite taille, son visage rondouillard lui valurent un premier surnom, « Ocsi » (petit gars). Certains observateurs de l'époque émirent l'idée qu'à la vue de son immense talent, le jeune Ferenc aurait pu être international plus tôt. Seulement à ce moment-là, il n'y avait plus de sélection ! La guerre avait déjà touché la capitale et l'on parlait de bien d'autres choses que de football. La sélection magyare ne disputa aucun rencontre en 1944 et durant une bonne partie de l'année 1945. Les premiers matches d'après-guerre de l'équipe nationale se disputèrent les 19 et 20 août 1945 face à l'Autriche. C'est lors de la deuxième rencontre que Puskás connut sa première sélection. Une première accompagnée d'une victoire hongroise 5 buts à 2. Le novice ne tarda d'ailleurs pas à s'illustrer puisqu'il ouvrit le score dès la 12ème minute de jeu en exploitant victorieusement une passe Gyula Zsengellér (grande légende d'Újpest). le lendemain, le journal Népsport ne consacra bien évidemment pas encore beaucoup de place aux premiers pas du néophyte préférant salué la large victoire hongroise (les autres buts magyars furent l'oeuvre de Zsengellér, Szusza - une doublé et Vincze II), mais il souligna tout de même "les bons débuts du jeune Puskás". Un jeune qui allait vite s’installer comme le meneur d’une des plus fameuses périodes de l’histoire du football hongrois.

Le Kispesti AC connut un tournant dans son histoire à la fin des années 1940. En 1949, il fut pris en main par le Ministère de la Défense et devint le club de l’armée hongroise. Il fut renommé Honvéd (littéralement « défenseur de la patrie »). D’autres clubs de Budapest connurent également les affres de ces changements de nom. Résultat de la reprise en main de leur club par le régime communiste, Puskás et ses camarades furent tous bombardés … militaires. Le voilà pourtant « Major galopant » (« Et pourtant, ne cessera-t-il de rappeler avec humour, je n’étais que commandant ! »). Il n’avait évidemment de militaire que le nom et était plutôt fermé à toute autorité. Protégé par son exceptionnel talent, il ne cessa de faire la nique aux dignitaires d’un régime qu’il exécrait. Un jour, il demanda ironiquement et publiquement, au ministre des sports, venu assister à une rencontre dans une curieuse tenue rayée, ce qu’il fait au stade en pyjama. Ce qui lui vaut une convocation au ministère, une leçon de morale et quelques menaces sans suite. Dur de toute façon d’atteindre un joueur symbole de la réussite du Honvéd qui ne quitta pas les deux premières places du classement de 1949 à 1955, alignant 5 titres de champion sur 7 saisons et échouant par deux fois en 1951 et 1953 à la place de dauphin du MTK pour respectivement 4 et 3 points. En 1952, le club resta invaincu sur les 26 matches de championnat, n’enregistrant que 5 matches nuls. Il faut dire que outre les joueurs qu’il a formé, le club monopolisait les meilleurs joueurs du pays grâce à des mesures plutôt efficaces. L’armée se procura les services des meilleurs joueurs du championnat en échange d'un grade d'officier. Ceux qui refusaient devenaient de simples soldats et devaient faire leur service militaire. Le club triomphait également sur les terrains d’Europe grâce à de nombreux matchs de gala. L’un d’eux perdu face aux Wolverhampton Wanderers en 1954 (3 buts à 2 en Angleterre) fut un des déclencheurs de la création d’une toute nouvelle compétition, appelé à un avenir fameux : la Coupe d’Europe des Clubs Champions. Honvéd participa pour la première fois à la C1 lors de la saison 1956/57. Le premier tour devait opposer les Hongrois aux Basques de l’Athletic Bilbao. Ce fut le point de départ d’une grande odyssée…

Quand éclatèrent les évènements de Budapest, en octobre 1956, les joueurs se trouvaient toujours en Hongrie, à Tata. Ils se préparaient pour un match contre la Suède (rencontre annulée par la suite). Les joueurs étaient quelque peu isolés par rapport au “monde extérieur” et ne réalisaient pas vraiment ce qui se passait. Le club de Honvéd quitta le pays le premier novembre sur les conseils du Premier ministre Imre Nagy, (qui avait tenté en vain d’imposer un régime à visage plus humain suite au soulèvement populaire), trois jours avant la fin de la révolution, pour aller jouer un match de Coupe d’Europe des Champions. La première rencontre devait se dérouler à Budapest mais les circonstances ne le permettaient évidemment pas. Le club joua donc le premier match à Bilbao en espérant que la situation dans la capitale hongroise s’améliorerait, Le match retour aurait ainsi peut-être lieu à Budapest. Lors de ces rencontres disputées à l´étranger, les joueurs du Honvéd prirent l’initiative de porter des brassards noirs en hommage aux victimes de la révolte. Bilbao gagna 3-2 à domicile, le match retour fut joué à Bruxelles, sur terrain neutre. Pas moins de 50 000 spectateurs avaient répondu présent ! Les deux formations se séparèrent sur un match nul 3-3 dans un terrible et symbolique brouillard. Dans l’intimité des vestiaires, les joueurs se firent des adieux déchirants après le dernier match « officiel » de cette équipe. Entre ces deux matchs face à Bilbao, le Honvéd avait joué plusieurs matchs amicaux afin de payer ses frais de voyage. Ils triomphèrent en Italie à San Siro contre le Milan AC avec un doublé de Puskás, contre Palerme (6-2 et 7-1 !) et contre Catania (9-2 !). Les informations que recevaient les joueurs de la situation dans leur pays étaient très confuses. Les médias parlaient d’un pays plongé dans le chaos. L’inquiétude et le doute constituaient les sentiments dominants entre les joueurs. Pire encore, ils n’avaient aucune nouvelle des membres de leur famille. La situation était dans un sens très rocambolesque : le Mexique alla même jusqu'à proposer l'asile au club en lui offrant de disputer son championnat. Le nouveau pouvoir en place en Hongrie après la répression sanglante de fin 1956 exigeait le retour des fuyards. Deux seulement (dont József Bozsik) obtempèrent immédiatement. A cette époque, à l’exception de Zoltán Czibor, aucun joueur ne souhaitait pourtant poursuivre sa carrière à l’étranger, mais ceux qui finalement réussirent à faire sortir leur famille de Hongrie restèrent à l’étranger. Les joueurs qui, quelque temps après, revinrent en Hongrie (Bányai, Rákóczi, Faragó, Budai II, Kotász, …) furent suspendus pendant trois et six mois. Ferenc Puskás avait lui choisi la liberté et refusé le diktat des dirigeants communiste après avoir appris que sa femme et ses filles avaient pu rejoindre clandestinement l’Autriche à pied. Fin 1956, un vrai démêlé politique s'installa durant plusieurs semaines entre l'UEFA, la FIFA et Budapest quant au retour de l'équipe en Hongrie. Finalement le club fut déclaré hors-la-loi par la fédération internationale et Puskás désormais considéré comme un banni. Il fut suspendu dix-huit mois à la demande de la Fédération Hongroise. Privé de son travail, il vit misérablement dans un camp de réfugiés en Autriche, avec pour tout soutien financier les mandats que Laszlo Kubala, qu’il avait croisé au cours de sa carrière, lui envoyait de Barcelone, où il s’était réfugié dès 1951. Puskás a grossi de vingt kilos et a sombré dans l’alcool quand l’ancien entraîneur du Honved, Emil Osterreicher, désormais directeur technique du Real Madrid, vient le chercher. Le sauver à vrai dire puisque plus grande monde ne voulait de ce joueur considéré comme décadent et has-been. Une situation qui rebuta le Milan AC et la Juventus Turin, un temps intéressés.

L’annonce de la signature d’un « major bedonnant », désormais âgé de plus de 30 ans et qui n’en a même pas terminé avec sa suspension, déclenche un véritable tollé à Madrid. « Il a été accueilli avec scepticisme parfois avec méchanceté, expliquait à l’époque un autre Madrilène Raymond Kopa. La classe, il l’a. Ce qu’il lui manque, c’est la condition physique. Donnez-lui du temps, il fera un malheur. » Kopa ne s’était pas trompé. « Sancho », le nouveau surnom qui lui trouvèrent ses équipiers, rapport à ses rondeurs, suit un régime d’enfer et perd son excédent de poids. Il va pouvoir devenir « Cañoncito Poum » surnom choisi par les supporters du Real, rapport à sa frappe phénoménale. Durant sa première saison en Liga (58/59), il marque notamment quatre triplés dont un dès son deuxième match face au Sporting de Gijón le 21 Septembre 1958. Il allait former un fabuleux duo avec Alfredo Di Stefano, patron du jeu madrilène. Au passage, il faut noter que deux autres anciens joueurs de Honvéd avaient rejoint au final le championnat espagnol. Zoltán Czibor et Sándor Kocsis avaient trouvés refuge au Barça après pour eux aussi de longs mois de galère. Puskás allait redevenir un buteur en or sous les couleurs merengues. En 180 matches de Liga, le Hongrois allait marqué 156 buts ! En 1960/61, il réalisa un fabuleux quadruplé face à Elche et la saison suivant un quintuplé face au même club ! En 1963, il réalisa deux triplés face au Barça, un à Bernabéu et un au Camp Nou. Des statistiques exceptionnelles qui lui permirent de remporter à 4 reprises le titre de Pichichi : en 1960 (avec 26 buts), 1961 (27 buts), 1963 (à nouveau 26 buts) et enfin 1964 (20 buts). Les performances de Ferenc Puskás ne furent pas pour rien dans les cinq Ligas d’affilées remportées par les Castillans entre 1961 et 1965, sans oublier une Copa del Generalísimo décroché en 192 face au FC Séville grâce à une victoire 2 à 1 avec deux buts de … Puskás bien sûr. La réussite du Real s’étendait également sur la scène européenne. Puskás manqua la finale de la Coupe d’Europe 1959 que le Real enleva contre Reims (2-0), au Neckarstadion de Stuttgart. Les Allemands ne lui avaient pas pardonné des allusions à un éventuel dopage de la Mannschaft en 1954 et lui avait refusé le visa d’entrée sur leur sol. Il prit sa revanche près d’un an plus tard. En 1960, à l’Hampden Park de Glasgow, le Real disputa et remporta sa cinquième finale européenne de rang en atomisant les … Allemands de l’Eintracht Francfort (7-3). Ferenc Puskás, époustouflant, marqua quatre buts, un de plus que son camarade Di Stefano. C’était son chef d’œuvre. La même année, il marque le premier but de l’histoire de la Coupe Intercontinentale lors du succès des Madrilènes (5-1) face au Peñarol Montevideo lors de la finale aller. Le retour à l’Estadio Centenario de Montevideo se solda par un 0-0, un nouveau titre dans cette année exceptionnelle pour le Magyar. Et pourtant, il échoua à la deuxième place avec 37 points lors de l’élection du Ballon d’Or qui revint finalement au joueur du FC Barcelone, Luis Suárez (54 points). Une récompense individuelle qu’il n’obtint jamais au cours de sa carrière. A trente-cinq ans, en 1962, il inscrivit encore trois buts en finale européenne mais le Real s’inclina 5 à 3 contre le Benfica d’Eusébio. Adoré du public, le crépuscule de sa carrière durera jusqu’en 1966, où âgé de près de 40 ans, il disputa son dernier match sous le maillot blanc, terme d’une carrière ahurissante au course de laquelle il a inscrit 418 buts en matchs officiels et, sans doute, plus de mille tous matches confondus. On compterait ainsi 1 176 buts pour 1 300 disputés selon certains historiens du ballon rond. Quant on sait que Ferenc Puskás empila 358 buts en 359 rencontres sous les couleurs de Kispest, on se rend compte que ces chiffres sont plus que crédibles.
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MessageSujet: Re: Le plus grand succès du football hongrois   18.11.06 19:16

Certes, Ferenc Puskás fut sans doute un des plus grands joueurs de l’histoire de Honvéd et du Real Madrid mais il ne faut pas oublier qu’il fut surtout le meneur d’une des plus fameuses équipes de tout les temps : la Hongrie des années 1950. Comme nous l’avons vu, il débuta sous le maillot hongrois en 1945 face à la Hongrie avant de devenir très vite un titulaire indiscutable. Entre 1950 et 1956, les Hongrois de l’entraîneur Gusztav Sebes disputèrent 55 matches et ne concédèrent qu’une seule défaite, ô combien cruelle. En 1952, la Hongrie dispute le tournoi olympique en Finlande. A Helsinki, Puskás et ses coéquipiers vont montrer toute l’étendue de leur talent avec un bilan de cinq victoires en cinq matches, de vingt buts marqués contre deux encaissés. Ferenc marquera quatre buts dont le premier but de la finale remportée 2 à 0 face à la Yougoslavie. Après avoir difficilement battu la Roumanie au premier tour (2-1), les Hongrois passèrent à la vitesse supérieure. Ils éliminèrent l'Italie au second tour 3-0, écrasèrent la Turquie pendant les quarts de finale 7-1, et crucifièrent la Suède en demi-finales sur le score de 6-0. En finale, face à la Yougoslavie, Puskás ouvrit le score en marquant son quatrième but du tournoi avant que Czibor ne complète le succès hongrois 2 à 0. Un premier titre majeur pour l’équipe nationale magyare qui avait jusqu’alors comme référence une finale de la Coupe du monde 1938 perdue à Colombes face à l’Italie 4 buts à 2 du temps où les héros s’appelaient György Sárosi ou autres Gyula Zsengellér. Après être devenue championne olympique en 1952, l’équipe en or hongroise allait marquer l’histoire l’année suivante en 1953 en devenant la première nation non britannique à faire chuter sur son terrain l’orgueilleuse Angleterre. En ce 25 novembre, Ferenc Puskás montra à la face du monde toute l’étendue de son talent en inscrivant un doublé avec en prime un but phénoménal : râteau du droit, puis frappe croisée du gauche imparable. Un joueur anglais indéterminé avait osé déclaré au sujet de Puskás, avant le coup d'envoi "Regardez le petit gros là-bas. On va les massacrer". Bien mal lui en a pris puisque outre le doublé de Puskás, Nándor Hidegkuti inscrivit un triplé et József Boszik y alla également de son but pour un 6-3 final à l’allure de déroute pour les suffisant sujets de sa Gracieuse majesté. Après ce formidable succès, l'Aranycsapat continua sur sa lancée. 6 mois plus tard, le 23 Mai 1954, la Hongrie accueillit l'Angleterre au Népstadion (désormais appelé … Puskás Ferenc-Stadion) de Budapest pour une revanche de l'affront de Wembley. Cette rencontre tourna à la déroute pour les Anglais. Comme s’ils ne voulaient laisser aucune place au doute, les Hongrois leurs infligèrent une nouvelle punition (7-1 avec des doublés de Ferenc Puskás, Sándor Kocsis et des buts de Mihály Lantos, József Tóth II et Nándor Hidegkuti), un score qui reste encore à l'heure actuelle comme la pire défaite de l'histoire de la sélection anglaise. Avec ce nouveau succès, les Hongrois étaient logiquement présentés comme et les grands favoris de la Coupe du Monde 1954 en Suisse. Personne n’imaginait alors que le titre puisse échapper aux Hongrois. Un statut confirmé par un début de compétition en grande trombe : victoires 9-0 contre la Corée du Sud et 8-3 contre la RFA au premier tour. Malheureusement au cours de la rencontre face aux Allemands, Puskas fut blessé sévèrement par le défenseur de la Mannschaft Werner Liebrich, auteur d’une véritable agression sur le maître à jouer magyar. Sans leur capitaine, les Hongrois atteignirent tout de même bon gré mal gré la finale grâce à deux victoires 4-2 sur le Brésil et l’Uruguay (jusqu’alors invaincu en phase finale de CdM). Une finale qui allait se révéler tragique pour cette grande équipe... La Hongrie retrouve la RFA en finale au Stade Wankdorf de Berne. Puskás n’est pas vraiment rétabli mais il ne veut rater à aucun prix cette apothéose programmée. Sur une jambe et demie, il ouvre le score dès la 6ème minute. Czibor double score deux minutes après. La Hongrie mène déjà 2-0. Pourtant, elle va perdre. La pluie incessante, qui alourdit le terrain, le ballon et ralentit le jeu, avantage les Allemands et nivèle les différences techniques entre les deux équipes. La RFA réussit le tour de force d’inscrire trois buts par Max Morlock (10ème) et Helmut Rahn (18ème et 84ème). Les Magyars ne seront jamais champion du monde et Ferenc Puskás ne connaîtra jamais cette consécration suprême. Sa carrière terminée, il avouera : « Il ne pouvait pas m’arriver quelque chose de plus graver sur un terrain de football que cette finale perdue. Et il ne pouvait rien m’arriver de plus merveilleux que la victoire à Wembley huit mois plus tôt. » Quelques mois plus tard, les tanks de l’armée rouge pénétrèrent dans la capitale hongroise, Puskás et quelques autres passèrent à l’ouest, et la Guerre Froide finit de brouiller le sort de la majorité des membres de cette grande équipe de Hongrie. L’exil du Honvéd et de Puskás marqua la fin prématurée de sa carrière internationale sous le maillot hongrois. Sa dernière sélection pour son pays natal, il l’obtint le 14 Octobre 1956 face à l’Autriche lors d’une victoire 2 buts 0 où bien sûr il inscrivit un but. Quoi de plus normal pour un joueur qui en 85 matches matchs avec la Hongrie totalisa la bagatelle de 84 buts, soit une moyenne ahurissante de 0,99 buts/match ! Bien plus tard, lors de son exil en Espagne, il obtint la nationalité espagnole et fut sélectionné à 4 reprises pour la Selección. Il fit ses débuts sous le maillot espagnol à un âge déjà bien avancé lors d’un match de qualification pour la CdM 1962. C’était le 12 Novembre 1961 à Casablanca face au Maroc. L’Espagne s’imposa 1-0 avant de faire match nul au retour à Madrid (sans Puskás cette fois-ci) et de se qualifier pour la CdM au Chili. Le « Hongrois » participa aux trois matchs de l’Espagne au pied des Andes. 3 matchs à Santiago du Chili conclu par une victoire et deux défaites et une élimination dès le premier tour de la compétition. C’est ainsi que c’est terminé la deuxième carrière internationale de Ferenc Puskás après 4 matchs sous les couleurs espagnoles sans avoir inscrit le moindre petit but. C’est certainement bien le seul impair parmi les statistiques de ce géant du football mondial.

Au terme de sa carrière de joueur, il devint entraîneur et écuma de nombreux clubs sur tous les continents : Vancouver Royals, Colo-Colo, l’AEK Athènes ou encore South Melbourne Hellas... Son plus grand fait de gloire reste d’avoir emmener le Panathinaïkos en finale de C1 en 1971. Une finale perdue 2 buts à 0 face à l’Ajax de Cruijff, Neeskens et Michels devant 83 000 spectateurs regroupés dans le stade de … Wembley. D’ailleurs (légende ou réalité ?) l’on dit que lors des discussions concernant son contrat d'entraineur, Puskás demanda, en guise de boutade, combien il toucherait s'il parvenait en finale de coupe d'Europe. Les dirigeants grecs, le prenant au mot, ajoutèrent un paragraphe à son contrat lui promettant une énorme prime dans ce cas de figure. Cependant dans l’ensemble, après l’apogée de 1971, la suite de sa nouvelle carrière d’entraîneur sera moins heureuse malgré quelques titres comme le championnat de Grèce (remporté avec le Panathinaïkos et avec l’AEK Athènes) ou le quelque peu moins prestigieux championnat d’Australie (avec South Melbourne Hellas), ce qui ne ternira évidemment pas la formidable image de celui fut l’un de plus grands joueurs de tous les temps. En 1979, son grand ami József Bozsik décéda d’une crise cardiaque mais à son grand regret il ne put se rendre à son enterrement, toujours considéré comme un déserteur par l’armée depuis sont départ en 1956. Il dût attendre 1981 pour pouvoir remettre les pieds à Budapest. Au début des années 1990, il assura même un intérim, sans grand succès certes, comme sélectionneur de sa chère équipe de Hongrie. Lui, l’idole de toute un peuple, le symbole des plus grandes heures du football magyar. Souffrant de la maladie d'Alzheimer depuis plusieurs années, il était resté le même, proche du gamin malicieux qui tapait la balle dans les rues de Kispest dans les années 1930. C’est donc le plus grand joueur magyar de tous les temps que pleure depuis hier toute la Hongrie en même temps que l’homme qui dans un sens refusa l’oppression communiste. Un joueur au pied gauche magique, au sens du démarquage hors du commun, à la technique remarquable, l'un des derniers héros des années 1950/60, une légende tout simplement...
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