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 Commémoration de la révolution de 1956 en Hongrie

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pipacs
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Nombre de messages : 1523
Date d'inscription : 20/09/2005

MessageSujet: Commémoration de la révolution de 1956 en Hongrie   15.10.06 14:54



Dans cette rubrique je me contenterai de mettre l'accent sur les événements commémorant le cinquantenaire de la révolution hongroise de 1956, Tout le reste appartient à l'histoire et à sa rubrique appropriée, et les témoignages( ce n'est pas si loin tout ça) s'il y en a sont les bienvenus.....

Le 23 octobre 1956

Ce jour-là... Budapest se soulève au nom de la Liberté

Quand la Hongrie s'est révoltée
Le 23 octobre 1956, l'insurrection de Budapest ouvrait une première brèche dans le bloc communiste. Le grand historien d'origine hongroise revient sur cet événement capital.

A cette occasion ,cinquante ans après,l'écrivain hongrois François Fejtö se souvient


Arrow interview du "nouvel observateur" :

Le Nouvel Observateur. - Pourquoi qualifiez-vous l'insurrection de Budapest de première révolution antitotalitaire?
François Fejtö. -Parce que je le crois profondément. Certes il y a eu d'autres mouvements comme celui de Potsdam après la mort de Staline mais aucun de cette ampleur et avec de telles conséquences. Pour la première fois depuis l'instauration du communisme en Europe de l'Est, nous avons assisté à une rébellion qui a exprimé le mécontentement de toutes les classes sociales dans un pays. C'était unique et improvisé.

N. O. - Vous étiez à Paris ?
F. Fejtö. - J'étais journaliste à l'AFP en charge du monde communiste et de l'Europe centrale. C'est là que je me suis lié d'amitié avec Gilles Martinet qui y travaillait comme rédacteur en chef. C'est donc de Paris que j'ai vu monter le grand courant de déstalinisation tant et si bien que j'ai commencé à écrire mon livre « la Tragédie hongroise » dès le mois d'août 1956, plus de deux mois avant que n'éclate la révolution, et l'ai terminé dix jours après son écrasement par les troupes soviétiques.

N. O. - Les Hongrois ont-ils cru gagner contre Moscou?

F. Fejtö. - Oui, et c'était là le côté « surnaturel » de la révolution. Pendant quelques jours, ils ont cru au miracle, que Khrouchtchev allait accepter les revendications des insurgés et le départ définitif des Soviétiques. L'Occident aussi avait interprété la déclaration du gouvernement soviétique du 30 octobre comme un renoncement à l'intervention et une promesse de réforme.

N. O. -Comment la manière dont vous présentiez les faits était-elle perçue à Paris où les intellectuels communistes ne manquaient pas?
F. Fejtö. - Très mal. Mes commentaires ne plaisaient pas au Parti communiste qui parlait de contre-révolution fasciste fomentée par la CIA. Je montrais au contraire que l'insurrection de Budapest était la première étape de l'effondrement de tout un système. Certains intellectuels comme François Furet, Edgar Morin, Jean-Pierre Vernant ou Emmanuel Le Roy Ladurie ont rompu dès lors les amarres. Mais la majorité du Parti ne les suivait pas.

N. O. - Et les Hongrois, comment ont-ils vécu la façon dont les pays de l'Ouest se sont comportés?
F. Fejtö. - Très mal également. Ils espéraient que les Occidentaux réagiraient autrement. Cependant, pour ces derniers, c'était une affaire de famille du camp de Varsovie dans laquelle ils n'avaient pas intérêt à intervenir. Derrière leur attitude, on voyait poindre l'affaire de Suez et la peur de voir l'Egypte de Nasser glisser sous influence soviétique.

N. O. -Les Hongrois ont-ils pensé à la Révolution française?
F. Fejtö. - C'est plutôt le modèle français de la révolution populaire de 1848 qui est revenu à l'esprit. Le philosophe marxiste György Lukacs y fit allusion. C'était ça l'idéal de la jeunesse hongroise.

N. O. - Pourquoi Imre Nagy (1) a-t-il été exécuté alors qu'il était un communiste loyal, mais réformateur, qui se croyait protégé par le Khrouchtchev de la déstalinisation?
F. Fejtö. - Pour deux raisons. Tout d'abord parce que les petits Staline de Tchécoslovaquie, de Bulgarie ou d'Albanie et le grand Staline de la Chine, Mao, se sentaient menacés par Nagy, qu'ils voyaient s'attaquer à tout le système de la dictature du parti unique. Ensuite, il y a la psychologie de Janos Kadar (2). Amené à Moscou, celui-ci a tremblé pour sa vie et, acceptant de jouer le rôle du moindre mal par sa complicité à la répression, il se retourna curieusement contre Nagy, lui reprochant de l'avoir entraîné dans une révolution qui menaçait d'être détournée en une rupture avec l'Union soviétique. Il avait aussi peur que Nagy, dont il connaissait la popularité, puisse revenir au pouvoir si on le laissait en vie. Avant de mourir, le discours d'adieu qu'il fit au Parti laissa comprendre qu'il ne se pardonnait pas sa conduite envers Nagy et la révolution.

N. O. - Comment considère-t-on cet événement aujourd'hui en Hongrie?
F. Fejtö. - La révolution de 1956 peut être considérée comme une anticipation sur une situation qui a fini par devenir celle de toute l'Europe centrale. Elle a annoncé l'écroulement du communisme dans ces pays, et même en URSS. Dès la fin de 1989, le PC hongrois, faute de protection par l'armée soviétique, s'effondrait. Quelques milliers de ses cadres demeurent, sous un autre nom, fidèles au communisme, mais ils ne sont même pas représentés au Parlement. Membre de l'Europe, la Hongrie est une démocratie parlementaire pluraliste, un Etat de droit, un pays libre tel que l'ont rêvé Imre Nagy et ses compagnons.

(1) Imre Nagy (1896-1958) constitua en octobre 1956 un gouvernement de coalition ouvert aux non-communistes.
(2) Janos Kadar (1912-1989), premier secrétaire du PC hongrois. Il succéda à Imre Nagy en novembre 1956.

Idea d'autres livres parus à cette occasion

"Pour expliquer le soulèvement hongrois d'octobre 1956, il fallait analyser la situation de la Hongrie d'après-guerre, les conditions de la liquidation de la démocratie et de la prise du pouvoir monopoliste par le parti communiste en 1948-1949. Pourquoi le régime communiste imposé par Staline fut-il condamné à des crises perpétuelles ? Pourquoi le procès Rajk, destiné à " purger " le parti communiste de ses éléments non-conformistes, " titoistes " approfondit-il le malaise ? Comment le peuple de Hongrie subissait-il ce régime et pourquoi s'insurgeait-il contre lui en défiant une des grandes puissances militaires du monde ? François Fejtö a tenté cette analyse sociale, économique, politique, psychologique, au moment même où le drame se déroulait devant les yeux perplexes du monde, en donnant sur la Hongrie, comme le dit Jean-Paul Sartre dans sa préface, " En cette époque trouble de mensonge et de violence, ce qu'il nous faut surtout : ... la vérité ". Son essai permettait de comprendre le sens des événements, il éclairait aussi l'avenir, car la première - en fait la seule - révolution anti-totalitaire qui a ébranlé le monde communiste, aura été le premier signe de la crise, générale qui aboutira en 1989 à la fin de l'hégémonie soviétique en Europe centrale."





"André Farkas, témoin et acteur de ces journées qui, voilà cinquante ans, ont ébranlé le communisme au nom de la liberté sous les yeux du monde stupéfait, s'est exilé de Hongrie au début de 1957, pour s'installer en France où il vit depuis lors. Pour rédiger ce livre unique en son genre qu'est "Budapest, 1956", puisqu'il a vu et entendu ce dont il parle, il a étayé ses souvenirs personnels de nombreux témoignages et documents, y compris photographiques, provenant en particulier des archives inédites de l'Institut'56 de Budapest"


"Cet ouvrage, unique en son genre, paraît à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Révolution hongroise. Il présente presque 200 photographies prises notamment à Budapest entre juillet 1956 et janvier 1957 par Erich Lessing, « le photographe de la guerre froide », dont le nom est indissociable de cet épisode capital de l’histoire du vingtième siècle."



Victor Sebestyen est né à Budapest et a émigré en Angleterre, encore enfant, avec sa famille en 1956. Journaliste et correspondant de guerre, il est actuellement rédacteur en chef à l'Evening Standard. Budapest 56 est son premier livre.


Idea Pour les parisiens une conférence/diner/débat, patronnée par France Culture, avec André Farkas, entre autres

lundi 23 octobre
sur France culture"Le choix des livres" de 15h26 à 15h40
présentation des ouvrages suivants

André Farkas
Budapest 1956 : la tragédie telle que je l'ai vue et vécue
Tallandier - Septembre 2006
et
Erich Lessing
Budapest 1956 : la révolution
Biro éditeur - Septembre 2006

ArrowA l'institut hongrois de Paris calendrier des événements en relation avec l'insurrection de 1956.

le jeudi, 19 octobre 2006 19h00

LE TEMPS SUSPENDU
PÉTER GOTHÁR (1982)
Cinéma
« Événements de Hongrie d’octobre 1956 »
103 mn, v.o. sous-titré anglais, avec Pál Hetényi, Ági Kakassy, Lajos Őze, András Novák, Tamás Jordán, Ádám Rajhona,
L’histoire d’une famille de Budapest, dont le destin fut bouleversé par l’insurrection de 1956. Le père s’enfuit vers l’ouest en laissant seule sa femme avec ses deux fils, Gábor et Dini. Sept ans passés, les enfants sont des adolescents, Dini est lycéen, Gabor se prépare pour la faculté de médecine. Le meilleur copain des enfants qui s’appelle Pierre est banni du lycée et décide de s’enfuir vers l’Ouest.

Tarif: 5 €

le mardi, 17 octobre 2006 -
le jeudi, 9 novembre 2006, 19h00

FRONTIERES – LES FUGITIFS DE LA RÉVOLUTION HONGROISE DE 1956
Exposition de photos d’Ata Kando
Exposition
Née en Hongrie en 1913 dans une famille d’intellectuels (son père Imre Görög était considéré comme l’un des meilleurs traducteurs des auteurs russes, sa mère Margit Beke traduisait surtout des écrivains scandinaves), Etelka Görög (alias Ata Kando) a quitté la Hongrie en 1932 pour un passage rapide à Paris. Retournée à Budapest en 1935, elle commence ses études de photographie chez Klára Wachter et Mariann Reisman. De nouveau à Paris en 1938, elle ouvre son atelier de photo avenue de l’Opéra. Refoulée vers la Hongrie en 1940, elle réussit à survivre à la destruction du pays. En 1947 elle quitte définitivement son pays natal pour Paris où elle travaille chez Magnum. En 1954 elle s’installe aux Pays-Bas comme photographe de mode. En 1980 elle part pour les Etats-Unis et ne revient aux Pays-Bas qu’en 2001. Actuellement elle vit à Bergen.
Elle devient celèbre pour ses photos prises dans la jungle de l’Amazonie dans les années soixante.
Lorsqu’elle a appris, en novembre 1956, que la révolution hongroise a été écrasée, Ata Kando, en compagnie de la Néerlandaise Violette Cornelius, s’est tout de suite rendue des Pays-Bas aux environs de Vienne et dans les petites villes à la frontière pour raconter l’histoire des fugitifs hongrois à l’aide d’une série de photographies. A Noël, le „Livre Rouge sans titre” – devenu fameux depuis - était déja prêt, et les bénéfices de la vente avaient été offerts aux enfants fugitifs hongrois.
Commissaire de l’exposition: Gabriella Csizek
L’exposition est réalisée avec le concours du Musée de Photographie Mai Manó de Budapest

le mardi, 7 novembre 2006 19h00

Idea NOUVEAUX LIVRES SUR LA RÉVOLUTION HONGROISE DE 1956
Présentation de livre
François Fejtö: La tragédie hongroise (Horay)

Erich Lessing: Budapest 1956 (Biro éditeur)

Duncan Schiels: Les Frères Rajk (Buchet-Chastel)

Henri-Christian Girard: Le printemps en octobre. Une histoire de la révolution hongroise (Ed. du Rocher)

Phil Casoar-Eszter Balázs: Les héros de Budapest (Les Arènes)

Nicolas Bauquet: Budapest 1956 (De Vive Voix)


le jeudi 23 novembre 2006 19h00

AMOUR
KÁROLY MAKK (1970)
Cinéma
« événements de Hongrie d’octobre 1956 »

75 mn, v.o. sous-titré français, avec Lili Darvas, Mari Törőcsik, Iván Darvas, Tibor Bitskey, Eszter Szakács, Erzsi Orsolya, László Mensáros, Nóra Káldi.

Makk Károly distille dans ses productions l’amour de la vie. Au cours des quatre-vingts années de son existence, il a réalisé plus de 25 films, pour la plupart salués par la critique tant au niveau national qu'international. Dans « Amour » il démontre son incroyable sens du détail et son talent pour la photographie lyrique, et témoigne de sa maîtrise dans le portrait des dilemmes personnels et historiques. Selon lui, la joie et l'amour contenus dans ses films peuvent aider le spectateur à surmonter les obstacles qui jalonnent les destins particuliers et à apprécier les choses simples.

Tarif: 5 € / 3 €


Pipacs

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Dernière édition par le 20.10.06 14:44, édité 1 fois
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Elöd
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Nombre de messages : 1444
Localisation : France
Date d'inscription : 19/09/2005

MessageSujet: révolurion...??   18.10.06 2:32

Un grand MERCI, Pipacs, Wink

Tu as reconstitué le reportage que le journaliste de Nouvel Observateur a fait avec François Fejtö, que je voulais vous recopier, mais le manque du temps m'en a empêché. Tant mieux, ce reportage est trop long, pour que je le recopie encore une fois...
Merci encore! ! flower

N'empêche... Je vais vous écrire un nouveao post, concernant le 23 octobre 1956...

Lisez le récit suivant!, si ça vous intéresse! confused

Elöd I love you

_________________
Prüntyi, szeretlek !
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