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 La crise politique hongroise(suite)

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pipacs
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MessageSujet: La crise politique hongroise(suite)   21.09.06 14:50

Les propos en français de Gyurcsany qui ont mis le feu aux poudres Arrow ICI, dans "Courrier International"

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Manu
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MessageSujet: Re: La crise politique hongroise(suite)   21.09.06 15:34

Finalement, si on lit le texte dans son intégralité, on découvre surtout un double appel :

- Un appel à ne pas (plus) faire ce que presque tout le monde reproche au monde politique,

- Un appel à faire ce que les gens attendent des politiques.

Le tout "enjolivé" par des expressions "crues" qui tranche avec le ton pédant auquel on est habitué...

Bref, ce qui aggace est-ce vraiement le contenu du discours ? son habillage ? ou plus encore que Feri tranche avec les coutûmes politiciennes tant décriées ?

Je commence à mieux comprendre les sondages qui ne demandent pas si massivement la démission du gouvernement après avoir lu ça !
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pipacs
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MessageSujet: Re: La crise politique hongroise(suite)   21.09.06 17:04

en effet, on se demande ce qui du fond ou de la forme l'emporte!!
Et la grande question est de savoir qui est vraiment à l'origine de la révélation publique de ce discours.
Bref de la politique politicienne avec tous ses coups bas sur fond de scandale et de crise morale. Les propos du premier ministre sont particulièrement crus et leur traduction pas évidente sans aucun doute.

"Le calme serait revenu à Budapest ce matin, mercredi soir une centaine de "hooligans" qui aurait provoqué des incidents dans le centre-ville, en marge d'une manifestation pacifique qui a rassemblée plus de 10.000 personnes devant le Parlement.



Les policiers, mieux préparés que les nuits précédentes ont interpellé 62 personnes, dont sept ont été rapidement remises en liberté. Selon un bilan des autorités, on compte 17 blessés, dont trois grièvement, un bilan en baisse par rapport à la veille. Mais contrairement aux deux nuits précédentes de violence, aucun policier n'a été blessé, selon une porte-parole de la police. La police a dispersé les manifestants vers 03H00 du matin, et a ensuite quitté les lieux."
souce de ces infos LCI

Vidéo ICI


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MessageSujet: Re: La crise politique hongroise(suite)   21.09.06 18:52

Un extrait d'un article de Libération et le point de vue d'un politologue hongrois

"Les manifestations pacifiques qui rassemblent chaque soir plusieurs milliers de personnes doivent se poursuivre, a annoncé à l’AFP l’un des responsables du mouvement, Christian Hajdu. Ce dernier a également dénoncé les violences, liées selon lui à une minorité de «nationalistes radicaux qui tentent d’exploiter notre mouvement pour faire parler d’eux»."

Politologue et membre de l’académie hongroise des sciences, Pierre Kende répond aux questions de Libération concernant l'origine de ce mouvement et ses meneurs.
Qui est à l’origine de ce mouvement?
La protestation est menée pour l’essentiel par des groupes de l’extrême droite avec leurs slogans habituels. Ils mêlent un nationalisme vieux jeu rêvant d’un rétablissement de la Hongrie dans ses frontières d’avant 1918 avec des thèmes dénonçant la mainmise de l’étranger sur le pays et des communistes qui, selon eux, seraient toujours au pouvoir malgré l’effondrement du bloc socialiste à la fin des années 80. Pour ces mouvements – le MIEP d’Istavan Csurka, désormais concurrencé par des groupes plus radicaux dont le HVIM (mouvement pour la jeunesse des 64 comtés de la Hongrie historique, ndlr) ouvertement révisionniste quant aux tracés des actuelles frontières du pays – la dénonciation des mensonges du Premier ministre et l’exigence de sa démission ne sont que des prétextes. Depuis des mois déjà, on sentait monter au sein de ce milieu une sourde volonté de faire quelque chose, à la veille de l’anniversaire de la révolte de l’automne 1956 contre le pouvoir communiste. Ils veulent tenter une répétition mais ce n’est qu’une sinistre parodie avec des buts extrémements confus, dont le principal résultat est de discréditer l’image de la Hongrie et des Hongrois vis-à-vis de l’Europe.

Qui sont les casseurs?
Les violences sont surtout le fait de petites bandes de jeunes d’une vingtaine d’années, des skinheads et des hooligans supporters des clubs de football de la capitale, qui aiment la violence pour la violence. Ils ont trouvé en marge des manifestations une occasion de se défouler, comme en témoignent aussi les nombreux actes de vandalisme gratuit.

Que veut Viktor Orban, le leader de l’opposition de droite?
Il est peut être le seul acteur de cette crise dont le jeu soit clair. Lors des législatives d’avril, il a subi une défaite pour la seconde fois consécutive. Il aurait dû démissionner de son poste de leader du parti Fidesz. Maintenant, il voit une occasion de prendre sa revanche sur la coalition au pouvoir. Depuis déjà longtemps, Viktor Orban ne se comporte plus comme le leader d’une droite libérale et moderne. Son libéralisme des années 90 a fait place à un conservatisme chrétien aux accents populistes et nationalistes. Il tente depuis des années de persuader les Hongrois que le Premier ministre, Ferenc Gyurcsany, est illégitime parce qu’il est un ancien communiste et qu’il a fait fortune dans les années 90, nécessairement de façon douteuse selon la droite. Orban a trouvé maintenant un nouveau cheval de bataille pour sa politique d’opposition systématique: pendant la campagne, le Premier ministre a caché les mesures d’austérité et les projets de réforme, donc le gouvernement n’a pas reçu de mandat des électeurs pour mener cette politique. Et donc il doit démissionner. Tous les autres leaders dénoncent les violences. Lui aussi, mais en même temps, il affirme comprendre les causes de la protestation de la rue. Il ne renonce pas au prestige dont il dispose toujours au sein de la droite extrême.

Etes-vous inquiet d’une prolongation de la crise?
Je ne vois pas sur quoi ces manifestations pourraient déboucher, même si elles perdurent et se concentrent sur un changement de gouvernement. La coalition au pouvoir dispose d’une majorité claire au parlement. Mais en même temps, il est évident qu’elle est, au moins dans l’immédiat, politiquement affaiblie par ce qui se passe. Il y aura des élections municipales le 1er octobre et, si la majorité a de mauvais résultats, cela affaiblira encore sa légitimité. Mais on ne peut pas non plus exclure que la poursuite des protestations de rue n’aient un effet boomerang et jouent pour le pouvoir en place. Ce qui me préoccupe le plus, c’est en fait le scepticisme croissant de l’opinion publique face à la politique.

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MessageSujet: Re: La crise politique hongroise(suite)   22.09.06 15:30

Gyurcsany semble tirer parti des troubles

Le Premier ministre Ferenc Gyurcsany, attaqué par l'opposition pour avoir menti aux Hongrois, semble paradoxalement avoir tiré profit de trois nuits de violences, selon plusieurs analyses et sondages rendus publics vendredi matin.

Le calme est revenu dans la nuit de jeudi à vendredi, après des violences ayant fait plus de 255 blessés depuis lundi soir.

"Il y a deux semaines, les socialistes étaient divisés sur le plan de rigueur du Premier ministre. Depuis les événements, il peut compter sur le soutien d'absolument tous les parlementaires, ce qui va faciliter l'adoption des prochaines réformes", estime Krisztian Szabados, politologue à l'institut Political capital.

De plus, les Hongrois peu habitués aux manifestations violentes pourraient bien reprocher au principal parti de droite, Fidesz, d'avoir provoqué les troubles avec une campagne antigouvernementale agressive dirigée par l'ancien Premier ministre Viktor Orban. Ce dernier avait notamment appelé la nation à "une résistance populaire".

D'après un sondage de l'institut Szonda Ipsos publié vendredi matin par le premier quotidien hongrois, Nepszabadsag (centre-gauche), une majorité de la population (51%) juge que les propos de M. Orban ont contribué à l'escalade de la violence.

Seuls 37% pensent qu'il ne porte aucune responsabilité dans les émeutes nocturnes attribuées à quelques centaines de casseurs, skinheads d'extrême droite et hooligans amateurs de football, en marge des rassemblements pacifiques.

"D'après nos études, 52% des Hongrois jugeaient nécessaire la démission de M. Gyurcsany lundi (avant le début des violences). Ils n'étaient plus que 45% en fin de semaine", a déclaré à la télévision nationale Endre Hahn, directeur de l'institut Median.

Dans les derniers sondages cependant, les socialistes sont crédités de 22% seulement des intentions de vote aux élections municipales du 1er octobre, contre 34% pour le Fidesz.

Les manifestations ont été provoquées par la diffusion dimanche d'un enregistrement à huis clos dans lequel M. Gyurcsany reconnaît en termes très crus avoir "menti" aux Hongrois en leur cachant son projet d'austérité économique afin de gagner les élections législatives d'avril.
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MessageSujet: Re: La crise politique hongroise(suite)   23.09.06 21:20

Depuis 2 nuits, le calme serait revenu lors des manifestations du peuple hongrois, place Kossuth, devant le parlement pour réclamer la démission du premier ministre, et une importante manifestation du parti d'opposition, le Fidesz a été annulée ce samedi par ses dirigeants. :
infos des agences de presse pour ce samedi 23septembre:

"Environ 15 000 personnes se sont rassemblées samedi soir devant le Parlement hongrois à Budapest pour réclamer la démission du Premier ministre. Depuis le début de l'après-midi, les rangs des opposants de droite au gouvernement socialiste-libéral n'ont fait que grossir, des cars arrivant de province. Comme le craignait le maire libéral de la ville, cette manifestation pourrait être la plus importante des six derniers jours, au cours desquels les protestations continues ont déjà fait 250 blessés.

"La situation est aggravée par le fait que Ferencvaros [club connu pour avoir des supporters violents] dispute un match à Budapest, et qu'après, les supporteurs iront à la place Kossuth", a ajouté le maire Gabor Demszky. Le dispositif policier a été renforcé pour contrer les "vandales" et les groupes d'extrême-droite.

DOUBLE-JEU ?

Pourtant, depuis deux jours, les protestations déclenchées dimanche par l'aveu de mensonge du premier ministre Ferenc Gyurcsany s'étaient calmées. Le parti conservateur Fidesz de l'ancien Premier ministre Viktor Orban avait ajourné cette semaine, pour des raisons de sécurité, son grand rassemblement de samedi soir. Environ 200 000 personnes y étaient attendues.

Des quotidiens nationaux ont soupçonné le chef du Fidesz de jouer un double-jeu, et d'inciter par des séries de SMS sur des téléphones portables les militants à se rendre quand même devant le Parlement pour demander la démission de M. Gyurcsany.

Samedi, le vice-président du Fidesz , Pal Schmitt, s'est adressé aux manifestants devant le Parlement en leur demandant de "garder le calme". Parmi eux se trouvaient des sympathisants de Fidesz qui se sont rendus sur place malgré les consignes du parti. Le groupe d'extrême droite Jobbik, qui a appelé à la manifestation, se félicitait lui de son succès.

La Fidesz compte sur les élections locales du 1er octobre pour contraindre le gouvernement à la démission."


Pipacs

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Manu
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MessageSujet: Re: La crise politique hongroise(suite)   24.09.06 20:12

Le monde daté du samedi 23 mars publie une interview de Feri.

Phrases clé à mon sens :
- "J'ai le sentiment que la population me soutient largement et pense que depuis 10 ans, c'est la première fois qu'il y a un homme qui a le courage de le dire".
- "Il s'agi[ssait] de faire bouger une équipe,. c'est mal comprendre ce discours que de penser qu'il s'agissait d'un aveu d'avoir menti concretement".

Quand je dis "phrases clé", je ne parle pas du crédit qu'on peut leur apporter, mais du fait qu'elles illustrent ce qui est exposé.
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MessageSujet: Re: La crise politique hongroise(suite)   02.10.06 10:47

Un Portrait de Viktor Orban,
LE MONDE | 29.09.06 |


héros invisible de la colère hongroise



Personne, à Budapest, n'a oublié la première apparition publique de Viktor Orban. Son visage de jeune premier, ses cheveux bruns bouclés, son courage insolent. C'était sur la place des Héros, le 16 juin 1989, pour le "deuxième enterrement" d'Imre Nagy, héros de la révolution de 1956 exécuté par le régime communiste. Le mur de Berlin n'était pas encore tombé.

Ce jour-là, chacun y va de son discours prudent. Sauf ce jeune homme de 26 ans qui vient de fonder un parti politique inconnu, la Fédération des jeunes démocrates (Fidesz). Au micro, devant les autorités hongroises et soviétiques ahuries, il commence par lire les noms des personnes exécutées par le régime. Il réclame la tenue d'élections parlementaires libres et le retrait immédiat de l'Armée rouge. Ladite armée est face à lui. Les officiels blêmissent. La foule est sidérée.

Le beau Viktor, libéral et libertaire, est alors un gourou de la jeunesse branchée de Budapest. Il est aujourd'hui le rassembleur de la droite et serait l'homme fort du pays en cas d'alternance gouvernementale. Le plus jeune des anciens premiers ministres de Hongrie (43 ans) et l'alter ego du jeune premier ministre socialiste en exercice, Ferenc Gyurcsany (45 ans). Le rival direct de ce même Gyurcsany, dont des milliers de manifestants réunis sur la place du Parlement de Budapest demandent chaque jour la démission : dimanche 17 septembre, une cassette indiscrète révélait son aveu de "mensonge" sur les finances publiques du pays.

En blue-jean, l'allure souriante et détendue, il vient nous ouvrir le portail de sa maison au jardin arboré, dans la fraîcheur très chic des collines de Buda, à l'ouest de la capitale. Et prévient d'emblée : "Attendez-vous à voir surgir un bébé de temps à autre..." Le chef de la Fidesz, principal parti d'opposition de droite, aime rappeler sa foi protestante et son sens de la famille. Il a cinq enfants, de 17 ans à 2 ans.

Que lui est-il donc arrivé ? Comment le fougueux libertaire de la place des Héros est-il devenu ce conservateur peu libéral aux accents populistes ? Un "libéral-national", corrige-t-il, l'oeil amusé par sa trouvaille paradoxale : fermement atlantiste et engagé dans l'Europe (vice-président du PPE, le principal parti de droite au Parlement européen), mais hostile à "la vente des biens d'Etat aux étrangers", protecteur du peuple hongrois au sens large (minorités hors frontières comprises) et garant des valeurs traditionnelles : famille, religion, nation.

En bon tacticien, Viktor Orban saisit d'abord une aubaine : le vide laissé à droite, en 1994, par l'écrasante victoire des socialistes. Anticommuniste convaincu, il ne supporte pas le retour au gouvernement d'anciens cadres du parti enrichis par les privatisations.

"En 1994, explique-t-il, l'alternative libérale est morte en Hongrie." Pour lui, les libéraux du SzDSz l'ont tuée en acceptant de former un gouvernement de coalition avec le Parti socialiste : "Ensemble, ils devenaient un bloc menaçant. Leurs slogans ("La coalition socialiste n'a pas d'alternative") rappelaient de mauvais souvenirs." Il fallait alors, selon lui, réunir toutes les forces de l'opposition. "J'y ai travaillé pendant quatre ans."

Et il gagne. En 1998, la Fidesz l'emporte au Parlement. Viktor Orban est élu premier ministre. Il a 35 ans, l'intelligence pétillante, la séduction charismatique. Le chrétien-démocrate allemand Helmut Kohl est son modèle (aujourd'hui, dit-il, ce serait plutôt Nicolas Sarkozy). Modérément libéral, il maintient la Hongrie au rang de "bon élève" pour sa future entrée dans l'Europe. Politiquement, ce petit-fils de paysans protestants creuse son sillon à droite.

Il n'oublie jamais les Hongrois de Transylvanie (Roumanie), de Slovaquie, de Serbie et d'Ukraine, coupés de leurs racines lors du traité de Trianon de 1920 qui amputa la Hongrie des deux tiers de son territoire : un thème populaire. A l'arrière de sa voiture est collée une carte de l'ancienne Grande Hongrie. "C'est mon fils qui l'a mise là, et je n'ai rien contre", avoue-t-il. Nostalgie douteuse ? Pas forcément. En Hongrie, le souci des minorités de l'étranger traverse tous les clivages politiques. Mais l'ex-premier ministre n'a pas hésité, pour défendre leurs droits, à y donner une tonalité nationaliste dont s'est inquiétée l'Union européenne.

Le cocktail de valeurs brassées par Viktor Orban séduit l'ensemble des droites, jusqu'aux plus extrêmes, dont il n'est pas. Peter Hack, ancien député SzDSz (libéral), s'interroge : "En 2001, une manifestation du Miep (extrême droite) rassemblait des dizaines de milliers de sympathisants. Il y a quelques jours, le même parti n'en fédérait que quelques centaines. Où sont-ils passés ? Orban est devenu leur héros."

C'est que, entre-temps, le premier ministre populaire s'est laissé tenter par le populisme. Battu de justesse par les socialistes en 2002, il n'accepte pas le résultat des urnes, boude le Parlement, préfère haranguer les foules dans la rue. "Nos députés sont dans l'opposition au Parlement, leur lance-t-il, mais la patrie ne peut pas être dans l'opposition."

La patrie, donc, attend son heure. Mais le chef de la Fidesz reste prudent. Il soutient du bout des lèvres le "sit-in" permanent des protestataires de toutes les droites, modérées ou franchement xénophobes. Il n'a pas mis les pieds sur la place du Parlement. Il a condamné la prise d'assaut de la télévision publique par des hooligans. A contrecoeur, il a fini par annuler la manifestation prévue par son parti, par crainte des débordements. Héros invisible de la colère hongroise.

La gauche l'accuse d'agiter les foules en sous-main, mais lui ne se fait pas d'illusions : il ne sortira pas gagnant de cette agitation qui fatigue le pays. D'autant plus que le premier ministre Gyurcsany vient de voir sa cote remonter avec l'acceptation par la Commission européenne de son plan d'austérité pour la Hongrie. Orban sent s'éloigner la possibilité d'une victoire flagrante de la droite aux prochaines élections municipales, dimanche 1er octobre.

La conquête de quelques grandes villes symboliques pourrait, selon lui, avoir valeur de "référendum" contre le gouvernement. Sinon, il attendra. "Je suis un poisson amphibie. Je peux tenir longtemps hors de l'eau... si la mer ne se dessèche pas."

Marion Van Renterghem
Article paru dans l'édition du 30.09.06


Un site http://www.orbanviktor.hu/index.php

qUELQUES DATES DE SON PARCOURS

1963
Naissance dans un village des environs de Ssekesfehervar.


1988
Fonde la Fidesz (Fédération des jeunes démocrates).



1989
Sur la place des Héros, à Budapest, il demande le départ de l'Armée rouge.


1998
Elu premier ministre par le Parlement, à 35 ans.


2002
La Fidesz perd les élections législatives.


2006
Manifestations après l'aveu de "mensonge" du premier ministre socialiste.
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MessageSujet: Re: La crise politique hongroise(suite)   Aujourd'hui à 23:06

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