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 Souvenirs (suite)

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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   29.11.16 0:05

Bakonyi a écrit:
Alors la 1° photo concerne le Barrage de Bort . Avec un 5 sur la benne . Je le connais mieux que celui de Chastang . J'ai plusieurs fois était me promener la -haut . Et notre directeur a tenté de nous expliquer les particularité de la construction . C'était le 1° , et  je crois le dernier , qui a utilisé ce procédé , que je trouve très original ..

Ah! barrage de Bort (j'avais compris - sans d'ailleurs percevoir le rapport - que tu me citais, et qu'involontairement tu avais ajouté un t comme on le fait en hongrois pour un accusatif!!! jocolor )
Donc barrage de Bort Arrow http://www.lacorreze.com/regions/barrages/barrage_bort.htm
http://www.bort-les-orgues.com/index.php/tourisme/le-barrage.html
moi, ce qui m'impressionne, ce n'est pas le résultat, mais la construction - si j'avais été un adolescent vivant près d'un barrage en construction, j'y serais allé sans cesse pour regarder! Quant j'étais adolescent, je regardais les travaux avec gourmandise - je rêvais de travailler dans les grand chantier! j'admirais le labeur des ouvriers sans trop m'imaginer à leur place! Aujourd'hui, c'est plutôt leur place, leur dextérité, leur agilité à "gambader" comme insouciant sur ces constructions plutôt précaires qu'étaient les échafaudages d'antan!

"un 5 sur la benne" = ça veut dire quoi ? Ayant la forme d'un 5 ?
Qu'est-que le directeur tentait de vous expliquer comparativement ?

et pour revenir à ce dont tu parlais dans ton récit précédent:
Citation :
Pendant l'été , je retourne travailler au barrage de Chastang . Comme tuyauteur
Oui , le chantier est d'une assez grande étendue , est parsemé de robinets ' de fourniture d'eau , et il n'y en as jamais assez . Sans parler des tuyaux creuvés , dértuits par les explosions de mines pour creuser dans les rochers les ancrages du barrage . Travail pénible , qui n'a rien à voir avec la soudure à l'arc . Gimper à flanc de montagne en transportant outils et tuyaux , sous un soleil éclatant , ça n'a rien d'amusant .
Ces tuyaux à poser, ça se passait donc en extérieur - pourtant je ne situe pas où cela pouvait être! -- Sans rien y connaître, j'aurais plutôt vu ça à l'intérieur du barrage!

Citation :
Le tuyauteur industriel répartit son temps entre le chantier et l’atelier. Découpe de tuyaux au chalumeau ou à la tronçonneuse, préparation des pièces en atelier, pose des tuyauteries sur site, supervision du soudage, remplacement de joints, décapage.
vu https://www.afpa.fr/formation-qualifiante/tuyauteur-industri-1

Citation :
Quand il s'agissait d'une filière pour tuyaux d'un demi pouce , ça allait . Mais grimper sur la montagne avec une filière de deux pouces ou quatre pouces , c'était bien dur par 35° à l'ombre , et en plus il n'y avait pas d'ombre .
fillère = https://fr.wikipedia.org/wiki/Fili%C3%A8re_(fabrication) ---- https://fr.wikipedia.org/wiki/Fili%C3%A8re_(outil)
Je ne comprends quel fut ton problème, en quoi l'un ou l'autre était difficile! Etait-ce l'outil qui était lourd ou le travail difficile ?

Bakonyi a écrit:
Si ça vous intéresse , je vais essayer d'expliquer
Oui, ça m'intéresse comme tu l'as vécu à l'époque, car les procédés d'hier ne sont pas ceux d'aujourd'hui
De ton temps on ne s'embarrassait pas avec la sécurité: poutre, béton, hommes - tout au même régime!
vu les images là: http://www.sunsteelandspray.com/pages/focusontheblondin.html

(Je me souviens avoir entendu dans une des vidéos du post précédent, qu'on employait beaucoup les Bretons pour la construction des échafaudages entre autre, car ils étaient habitués au vide sur leurs bateaux (à voile, ne fut pas précisé - sinon je ne vois pas trop le rapport; et pourquoi les Bretons ? Il n'y a pas qu'eux qui furent marins!- Enfin bon, j'ai entendu aussi que beaucoup d'ouvriers sur les chantiers venaient de pays d'Europe, à ce moment là: Polonais, Allemands, etc - sans doute des prisonniers! )

Bakonyi a écrit:
je vais essayer d'expliquer . Mais d''abord , voyez " blondin " ( pas Antoine mais l'engin de travaux publique ) , et  aussi "clinker " ( fabrication du ciment ) . Regardez aussi monorail ( mais pas ceux qui roulent sur le rail , mais ceux suspendus sur le rail ) .

A - BLONDIN

https://fr.wikipedia.org/wiki/Blondin_(engin_de_chantier)

Citation :
blondins, il s’agit de câbles qu’on met en place pour distribuer matériaux et matériels sur toute la hauteur du barrage et qui ressemblent à des téléphériques. À l’origine, ce nom était celui d’un célèbre fildefériste qui traversa les chutes du Niagara au XIXe siècle.
vu http://www.planete-tp.com/grues-et-blondins-a144.html

B - CLINKER

Citation :
Le clinker est un constituant du ciment, qui résulte de la cuisson d'un mélange composé d'environ 80 % de calcaire (qui apporte le calcium) et de 20 % de matériaux aluminosilicates (notamment les argiles qui apportent le silicium, l'aluminium et le fer). La « farine » ou le « cru » est formée du mélange de poudre de calcaire et d'argile. Cette cuisson, la clinkerisation, se fait à une température d'environ 1 450 °C qui explique la forte consommation énergétique de ce processus.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Clinker

http://lebeton.free.fr/ciment.html

C - MONORAIL

Citation :
Un monorail est un système de transport guidé où la caisse du véhicule dépasse en largeur largement la voie unique, et où cette voie unique est un rail ou poutre rigide, c’est-à-dire pas un câble. On peut distinguer trois types selon la méthode utilisé pour stabiliser le véhicule :

   les véhicules se placent à cheval sur le rail
   sont suspendus sous celui-ci,
   maintiennent l'équilibre avec un gyroscope

en utilisant différentes techniques de propulsion et de sustentation (roues, coussin d'air, sustentation magnétique…).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Monorail
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   01.12.16 17:52



Une promesse bien légère . Comment je vais m'en sortir ? Je n'en sais rien .

D'abord on installe un blondin . Un coté fixe , l'autre coté mobile sur rail . Il couvre une bonne partie du future barrage . On commence les installations ; Blondin puissant , je pense qu'il pouvait soulever des poids de 5 tonnes minimum . Le deuxième blondin , en inversant le coté fixe et mobile . Mais ces blondins ne servaient que rarement pour le transport du béton .
C'est là qu'intervient le monorail , suspendu , comme je l'ai dit . Tout un réseau , qui occupait toute la surface du barrage . Des bennes comme celle marquée 5 , des « trains de deux trois ou jusqu'à cinq bennes , accrochées à la queue leu-leu , tirées par une cabine avec conducteur , qui avec l'aide d'aiguillages du monorail amenait le béton à sa destination. . Beaucoup de travail avec la charpente du monorail , parce que le béton ne doit pas tomber de trop haut , sous peine de ségrégation . Alors , la charpente était réhaussée souvent . Et le bas de la charpente était noyée dans le béton , et servait d'armature ( béton armé ) et ainsi de suite .
Le coffrage : il n'y en avait pas de coffrage proprement dit . Pas de coffrage en bois ou métallique ( banches )Le coffrage était fait en béton . On en voit sur les images de Bor ( sans « t «  ) , illustrant le barrage de Bort ( avec t ) . A un endroit on en voit quatre ou cinq cote à cote : Des carrés de béton de 20 cm d'épaisseur environ , 3 à 4 m2 , avec une queue cylindrique , percé d'un trou . Ces blocs de béton étaient mis en place par les blondins , au fur et au mesure du coulage du béton . Le trou dans le cylindre servait à passer des barres de fer pour relier le «  coffrage «  aux armatures du barrage . Ces blocs de « coffrages «  étaient préfabriqués sur place .
Je ne sais pas si je me fais comprendre . Pour moi , c'est facile , j'ai assisté à ces opérations .
Et maintenant , le bétons . Le ciment est fabriqué avec du calcaire et de l'argile ( je simplifie un peu ) . Ce mélange et cuit à 1400° environ . On obtient des «  cailloux «  gris , que l'on appel le clinker , qu'il faut broyer , très fin pour obtenir le ciment .
A Bort , le clinker en cailloux arrivait par wagon , à la gare , déversé dans un grand bac en béton , et transporté par téléphérique continue vers la barrage . Je dis continu parce que chaque 50 à 100 mètres il y avait une benne , qui était remplie automatiquement à la gare , et transporté vers la tour à béton . C'était déversé la-haut , dans un silo , sans que la benne s'arrête . Et là , on broyait le clinker qui devenait du ciment , cette poudre très fine .
Pour faire du béton il faut des agrégats . Un téléphérique ( toujours continu ) amenait des agrégats depuis la sablière , qui était à 6-7 kilomètres . Il ne restait plus qu'à mélanger le ciment et les agrégats , ajouter de l'eau , le béton était prèt . Et ce béton était versé dans les bennes du monorail , pour être déversé à l'endroit voulu .
J'espère que je ne vous ai pas trop ennuyé .
Un petit à coté . Pour loger tout le personnel ( Bort n'avait que 1200 à 1500 habitants alors à coté de la sablière , on a construit des maisons préfabriquée de 2, 3 ou 4 pièces , pour les familles , et des chambres individuelles pour les célibataires . Pour toute cette population , il a fallu construire une école , un cinéma , des magasins , et une mairie . A l'origine ce hameau s'appelait Saint Thomas . , sans école , sans mairie . Dix ans plus tard , la moitié des maisons étaient encore habités .
Et voilà Bor ( sans t ) . Je pense que ta curiosité est satisfaite . Mais je répondrai aux questions , si je peux .
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   01.12.16 20:38

Pas de question, c'est clair! Bravo et merci

Et maintenant, explique-nous tout aussi précisément si possible ce que fut ton travail si dur en été dont tu as parlé - merci d'avance Very Happy
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   02.12.16 12:55

Attends Bor , j'ajoute un mot sur Bort ( je m'excuse de ce mauvais jeu de mots ) .
A l'origine l'eau du barrage devait arriver à mi-hauteur du chateau de Val . Donc , l'EDF l'a acheté . Finalement , le chateau est resté intact . Quand le barrage est "rempli" , le chateau se retrouve su une petite ile . On y accède par une passerelle ;
Des dizaines d'années plus tard , EDF a vendu le chateau pour 1 franc symbolique ( je ne sais pas a qui : département , état , région ? ) . Vidé par les allemands pendant la guerre , il a été remis en état , et est visitable . Je ne l'ai jamais visité , dommage .
Tout ça pour dire que si vous voulez voir ce chateau , regardez le film de Hunnebelle :" Le Capitan " avec Jean Marais . Une séquence du film est tourné au chateau ( l'escalade ) .
A bientot pour Chastang .
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   03.12.16 11:47

Chastang ,

J'en ai marre ,marre , marre de remettre tout ça dans la tête , de remémorer ces vieux trucs , de taper sur le clavier ! ! ! Mais quoi faire ? Regarder des films à longueur de journée ,
Horreur . Allez , vas y , continue .
Excusez moi .
Pour commencer , réponse à une question de Bor . La particularité de ce barrage que j'ai raconté :
fabrication du ciment sur place
utilisation de monorail pour couler le béton , en laissant la charpente en guise d'armature
coffrage des parois en éléments de béton préfabriqués .

Bon , allons à Chastang .
La dernière fois que j'ai vu ce chantier , c'était en septembre 1948 . Si j'ai bonne memoire , à ce moment il n'y avait pas de béton de coulé pour cet ouvrage . Installations , et surtout déroctage des deux cotés de la montagne , pour atteindre le rocher sain , qui pouvait supporter la poussée du barrage sous la pression de l'eau . N'oublions pas , que comme Bort , c'était un barrage poids-voute . Et la voute transmettait la poussée au rocher . Donc on creusait la montagne sur une grande surface , avec 50 à 100 marteaux perforateurs . Ces marteaux étaient alimentés en eau pour chasser la poussiere du trou creusé . Puis , cartouches de dynamite ( gomme BAM ) à 35-40% de nitroglycérine ( je ne garantie rien , c'est trop loin ) . Et puis BOUM ! ! ! En bas , dans le trou , des pelles mécaniques chargeaient des camions de 20 m3 pour évacuer les résultats .
Donc , beaucoup de tuyaux pour l'eau .
En même temps , il fallait installer l'alimentation en eau de l'usine à béton . Avec des tuyaux de 4 pouces , environ 100 mm de diamètre . Ces tuyaux de 6 m de long étaient bien lourds à hisser , à la main , avec des cordes , par tout moyens imaginables , jusqu'en haut , et même au dessus du futur barrage . Une filière de 4 pouces devait peser 25 à 30 kg . Et la montagne était raide ! Il fallait aussi sur place un établi avec étau , pour tenir le tuyau pendant le filetage .
Deux parenthèses :
la dynamite : plus tard j'ai bien connu ce « machin » . Dans le rocher très dur , nous avons même utilisé de la gomme A , avec 93% de nitroglycérine . A manipuler avec précaution .
Déroctage : certains se souviennent de Malpasset , ce barrage qui a causé de centaines de mort , détruit la moitié de Fréjus . Et cela , parce que le déroctage n'est pas allé jusqu'au rocher solide , bien en place , stable .
Concernant Chastang , j'ai aussi participé à la préparation des « ventouses » pour récupérer les eaux d'infiltration dans le béton du barrage .
Que dire encore de Chastang ? A Longour ( 2 km d'Argentat ) , nous avons retrouvé la pelle electrique que nous avons démonté à Tösens . Et aussi la stations de téléphérique démontée à la frontière italienne , vers Nauders . La pelle devait servir à l'extraction des agrégats , et le téléphérique au transport de ces agrégats jusqu'au barrage , a 6-7 km de là .
Le ciment venait par un autre téléphérique , depuis la gare d'Eyrein ( si ce nom est bien écrit ) , qui était à 27km de Chastang .

Après tout ça , et s'il n'y a pas de questions , je vais repartir au collège .
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   03.12.16 17:30

Merci, ce fut très intéressant, et à présent, je comprends tout, donc plus de question!
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   05.12.16 4:52

Bakonyi a écrit:
                                 
         
                         J'en ai marre ,marre , marre de remettre tout ça dans la tête , de remémorer ces vieux trucs , de taper sur le clavier ! ! ! -- Excusez moi .
                               
affraid confused
Laisse tomber le clavier si tu en as vraiment marre:
rien n'y personne ne t'oblige, et moi encore moins!
Je pensais que ça te faisait plaisir (*), alors désolé
et très grand merci pour tout ce que tu as partagé!


(*) Pour rappel, afin que l'on ne m'accuse pas d'avoir torturé notre ami Bakonyi
bor Ven 12 Août - 21:30 + Bakonyi Sam 13 Août - 8:49 Arrow http://centraleasteurope.bbfr.net/t2420p25-souvenirs-suite#16014


il se peut aussi que notre ami Bakonyi en ait "marre" de n'avoir pour seul (ou presque) interlocuteur que ce bor....
Donc appel pressant à tous les lecteurs jusqu'ici muets, de partager leurs points de vue, leur vécu!

Bakonyi a écrit:
     Après tout ça , et s'il n'y a pas de questions , je vais repartir au collège . 

Si vous aimez ce qu'explique et raconte Bakonyi, hâtez-vous d'au moins l'encourager!
Sinon point de suite (si néanmoins c'est prévu), et de silence cet espace va s'emplir!
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   05.12.16 12:03

Oui Bor , je dois avouer que je suis déçu de ce silence .
Mais tant pis , je vais continuer . Je me suis fixé une date depuis quelque temps . J'irai jusque là .
Peut-être je referai quelques traductions . Cela dépendra en quelle forme je serai .
Parce que mener les deux choses en même temps , ce n'est pas possible , je n'en suis pas capable .
Les sujets sont tellement différents , il faut chaque fois se remettre dans le bain , et cela me prend vraiment beaucoup de temps .
Alors , à bientôt au collège . Mais comme je n'ai rien de préparé , ce sera assez long .
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   09.12.16 11:39

Je ne sais pas par où commencer . Tout s'emmèle .
                           Les dimanches après-midi , nous sortions à 14 heures de la «  boîte «  ( internat )  . Comme les cinémas ne passaient les films qu'à 16 heures , nous avions deux heures à « tuer » . Ceux de la 3° année qui n'avaient pas de copines , comme moi , nous allions souvent dans un grand café , qui faisait l'angle de la rue de Paris et de la place du Marché . Là , le patron nous laissait jouer au billard , gratuitement , sans consommer ,  jusqu'à l'arrivée des clients « serieux « , ceux qui ne se privaient pas de boire en jouant . Fini le billard . Alors on passait dans une arrière-salle , où il y avait une table de ping-pong . On continuait à jouer . Et là , personne ne venait nous déranger . Et toujours sans consommer . Parce que nous étions tous fauchés . Mais les rares fois , quand nous avions quatre sous , c'est là que nous venions prendre un verre . C'était en somme , notre reconnaissance .
                        Donc , les cinémas . Il y avait deux salles : le Cinéma Familial . Une petite salle , sympa , des sièges rembourrés , très accueillant . Et l'autre , la Salle des Fêtes , au bout de la place du marché , le long de la Dordogne . Assez grande salle , avec des sièges en bois .
                        Les samedi soirs , ceux qui voulaient , pouvaient aller au cinéma . Toujours au Familial . Parce que le directeur a négocié une place gratuite pour le surveillant ( pion ) qui nous accompagnait . Ce cinéma était tout en haut de la ville , rue Piechégros , si ma mémoire est bonne . Donc , les dimanches après-midi , nous allions à la salle des fêtes . Dans cette salle on projetait un film dans la semaine aussi , mais en changeant le programme . Et ces films de la semaine me faisaient envie quelques fois . Mais comment faire . Je ne voulais pas risquer l'avanture de Jacques en utilisant l'échelle pour passer par une fenêtre pour rentrer . Donc , il me fallait une clé du dortoir .
                         Un jour , muni d'une feuille de papier , d'un crayon et d'un pied à coulisse ( columbus ) , j'ai emprunté la clé , sous un prétexte fallatieux . J'ai dessiné la clé , j'ai pris les mesures . Un copain forgeron , a fauché une ébauche de clé . Et allez , je me suis mis au travail . J'ai fabriqué la clé , parfois à l'atelier en cachette , quand le prof avait autre chose à faire , parfois dans les toilettes des dortoirs , le soir , après l'extinction des feux . J'ai du mettre 10 à 12 jours pour faire MA clé . Le reste allait tout seul .
                         Le soir , jusqu'à 9heures et quart , nous les internes , nous étions dans la cour . Il m'était facile de «  sauter «  pardessus le portail , entre ateliers et le bâtiment principal . Et je filais place du marché . Là il y avait des grands arbres . Je me mettais à l'ombre , loin des éclairages , et j'attendais que les lumières de la salle soient éteintes . Je ne voulais pas qu'un prof me voit . Comme ça , j'ai vu pas mal de films . Et même une rareté : Tom Mix , un film des années vingt , muet , bien sûr .
Je me souviens aussi de « Copacabana «  avec Groucho Marx . Mais c'est tellement loin , et les films n'étaient jamais bien fameux , que j'ai oublié le reste .
                          D'autres fois , le film ne m'intéressait pas , ou j'étais fauché , je sortais pour me promener dans les rues désertes . Pour être libre , dehors , hors de la boîte . Inutile de dire que ce n'est pas tous les soirs que je sortais . Je lisais aussi , tout et n'importe quoi . Pendant «  l'étude «  Oui , entre 9h ¼   et 10 heures , parfois 11 heures , une classe était surveillée , pour ceux qui voulaient travailler ou lire , comme moi .
                          Pour rentrer de mes peregrinations , je passais par l'entrée principale , devant le bureau du directeur et du surveillant général . A cette heure tardive , tout était éteint . J'ai proposé à plusieurs copains de venir avec moi , mais après quelques hésitations , ils ont tous décliné mon offre . Jusqu'à aujourd'hui je me demande ce qui les retenait : sans doute la peur de se faire attraper , la peur de «  l'aventure «  , le respect de la discipline , je ne sais pas .

                         Et à partir de février , mars , nous avons commencé à préparer la fête de fin de l'année . Nous étions une vingtaine à nous en occuper  Elle devait se dérouler dans la Salle des Fêtes , louée pour l'occasion . Le directeur nous a tout de suite proposé l'aide d'une prof de français . Il y a eu de tels cris de protestation , qu'il n'a pas insisté . Et nous nous réunissions dans une salle de classe , certains soirs , parfois jusqu'à minuit . Oh , on ne travaillait pas beaucoup . C'était surtout de la rigolade , des blagues , des histoires entre copains et filles . Et parfois ça tournait au «  vinaigre «  . Mais la réconciliation était toujours presque instantanée .
                          Les deux «  clous «  de la soirée : un trio ( d'ailleurs ils étaient quatre ) et une pièce que nous avons créée d'après la chanson de j. Helian : Le lycée Papillon ( peut-être quelques anciens se souviennent ) . Notre pièce durait environ une demi heure . Mais pendant la «  création «  , entrainé par le sujet , parfois elle durait plus d'une heure . Alors , on coupait .
                           Et le trio chantait , avec énormément de succès , des chansons de l'époque :
Paris Tour Eiffel , Civilisation , Les 3 cloches et  Les zazous ( les « anciens » se souviennent peut-être ) . Cette dernière me tenait à cœur , parce que nous avons ajouté un couplet de notre crue . Je ne résiste pas à l'envie de vous l'écrire :
 
                   Notre directeur qui a l'air si féroce
                    En réalité il ne l'est as du tout
                    Si parfois il pousse des hurlements atroces
                     C'est qu'il est zazou il est zazou .

                 Alors , nous tous , élèves , nous guettions la réaction du directeur , assis bien en vue .
Il riait , il riait , sa bedaine en tremblait .

                    Moi avec les éclaireurs , nous avons joué : La farce de Maitre Patelin , que je pense beaucoup connaissent .
                    Nous avons eu beaucoup de succès . Finalement , nous avons fait deux représentations à la place d'une prévue .

                     Tant que je suis dans les zazou , je me souviens que nous avons tenté de faire une autre chanson aussi . Elle n'a jamais vue le jour . Je crois que nous avons donné un maxi pour notre fête , puis la fin de l'année et les examens approchait . Nous avions peu de temps , et l'enthousiasme était retombé .

                       Je vous donne le premier couplet . Si j'ai bonne mémoire , nous nous sommes arrêté là .
   
                       Cent kilos était extraordinaire
                       Un petit gars du genre troubadour
                        Pour les beaux yeux de la panthère
                        Il s'est pâmé d'amour

           Mais je ne me souviens pas sur l'air de quelle chanson nous avons fait ça . Dommage .

Je rappelle : cent kilos = le directeur
                    panthère = sa femme .

Bon . A une autre fois pour la suite
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   10.12.16 6:48

Nagy kôszônôm - trop drôle
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   10.12.16 12:24

Je suis content que ça t'a amusé .
Et je suppose que tous les autres lecteurs étaient des Saints dans leur jeunesse . Parce que pas de réaction !
Ils devaient êtres dans des écoles et , ou internats où il ne se passait jamais rien . Eh bien je les plains de tout coeur .
Quelle jeunesse morne !
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lebedias
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   16.12.16 20:19

Bonsoir à Bor, à Bakonyi et tous,
Désolé, j'étais très occupé et quelque chose me chiffonne. Pourquoi, alors que je suis inscrit au sujet qui nous occupe, je ne reçois plus de mail m'indiquant l'intervention d'un membre ?
Ce n'est pas une excuse d'accord, mais ma boîte mail je suis bien obligé de l'ouvrir tous les jours.
Ce qui certain c'est que j'encourage de tout cœur Bakonyi à continuer son récit et suis toujours surpris de sa mémoire phénoménale.


"Un jour , muni d'une feuille de papier , d'un crayon et d'un pied à coulisse ( columbus ) , j'ai emprunté la clé , sous un prétexte fallatieux . J'ai dessiné la clé , j'ai pris les mesures . Un copain forgeron , a fauché une ébauche de clé . Et allez , je me suis mis au travail . J'ai fabriqué la clé , parfois à l'atelier en cachette , quand le prof avait autre chose à faire , parfois dans les toilettes des dortoirs , le soir , après l'extinction des feux . J'ai du mettre 10 à 12 jours pour faire MA clé . Le reste allait tout seul . "



Ceci me rappelle l'histoire de mes clefs, des clefs classiques pour l'époque pas celles du genre "Yale". La première de la série je l'ai fabriquée par nécessité et sans matrice.
Avec les moyens du bord et de la débrouille. Je n'avais la clef de l'atelier qu'une demi journée dans la poche, un surveillant remplaçait le prof ce matin là. J'avais très peu de temps et disposais de jeux de lime et de scies à métaux au complet du seul établi ajustage de l'atelier électricité.
Tu sais mon cher Bakonyi que l'acier c'est dur et résistant, j'ai donc choisi de me rabattre sur du cuivre rouge. Dans les coffrets électriques tout se raccordait sur des jeux de barres en cuivre justement.
J'ai donc commencé à dégrossir la barre rectangulaire à la scie et puis j'ai limé les arrondis de la tige en laissant un carré pour le panneton et un carré centré pour l'anneau. Je me suis attaqué au panneton avec beaucoup de soin et faute de temps l'anneau est resté un carré plein. En l'absence du prof, j'avais été chargé (tu te rappelles l'ordre alphabétique) d'aller chercher la clef au magasin central et c'était donc à moi de refermer la porte de l'atelier, j'ai donc glissé l'ébauche dans la serrure et lorsque celle-ci a actionné le mécanisme je fus soulagé et ai fait rapidement un va et vient avec le passe pour vérifier que non seulement il fermait la porte mais aussi qu'il l'ouvrait.
Après cela il m'est arrivé à plusieurs reprises de reproduire de clefs de la même façon.
Zs.
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   17.12.16 12:30

Merci pour ta réponse . Oui , il semble que plus personne ne dirige ce forum . Nous sommes des orphelins . Mais ça ne fait rien , continuons , nous " les braves ".
Oui , c'est sûr , il est plus facile de travailler le cuivre que la fonte malléable ( oui , dans les années 1940 , les ébauches étaient en fonte malléable blanche ) .
Bon , je vais laisser tomber ma traduction , et je vais reprendre mes " souvenirs " . Il ne me reste plus grande chose à rajouter . Une quatrième année de collège , et comment je me suis lancé dans le monde du travail , puis une rencontre , pour terminer .
Je m'y mets , à bientôt .
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   17.12.16 15:02

Que dire de la fin de cette troisième année .
             Bien sùr , les examens . Je les ai abordé sans crainte , étant persuadé de réussir . Mais il reste toujours un doute . Un sujet oublié , des erreurs etc .
              Il faisait une chaleur torride ce mois de juin . Pour les écrits , dans les classes , ça allait encore . Mais pour les travaux pratiques , dans l'atelier , la sueur coulait . Et il y avait vingt heures de T.P. . Le lendemain , le directeur a décidé que nous commencerons à 6 heures du matin , avec un repos de 3 heures à midi , pour éviter un peu la chaleur de l'atelier . A ce moment là , on marchait à l'heure solaire . Ah , à midi on nous a servi un verre de vin , pour nous soutenir moralement et physiquement . Et après la sieste , on remettait ça .
               Voyons les résultats . Bizarrement le meilleur résultat , je l'ai obtenu dans ma matière la plus faible le français. Il est vrai que je me suis appliqué , avec deux ou trois citations latines ( sans doute inhabituelle en technique ) , un sujet qui me convenait , le résultat , un 17/20 .
Ma matière forte , math , j'ai cafouillais , et j'ai eu du mal avec un 11/20 . C'est à peine si j'ose parler d'électricité ( 4 /20 ) et de mécanique ( 3/20 ) . Le dessin , noté très sévèrement 12/20 , Travaux pratique , noté très sévèrement aussi , 12,5/20 .
Notes éliminatoires : Français : 5 ; math:0 ; électricité et mécanique : 0 ; dessin 8/20 ; TP : 12/20 .
Alors , grâce aux coefficients , je m'en suis sorti assez bien .
Coefficients : français:3 ; math : 3 ; mécanique élecrtricité:1 ; dessin : 5 , TP : 5 .
L'oral , simple formalité : législation , technologie , histoire , géographie .
Donc , c'était dans la poche .
                  Sur onze , que nous étions dans la classe , ( voir plus haut ) , nous étions 10 de reçus . Je plaignais celui qui a échoué , surtout que c'était un très bon copain . C'était un auvergnat de Cheylade .
                    Le dimanche suivant , grand repas des élèves qui ont passé le BEI ou le BEC ( commercial ) . Avec quelques anciens élèves . Le repas était très bons , et surtout largement arrosé de bons vins . Je crois que nous étions tous plus ou moins saouls .  Après midi , sortie libre pour tous .
                     Voilà comment s'est terminé cette troisième année .
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   18.12.16 11:22


Au mois de juillet , nous avons quitté Argentat , pour aboutir à Saint Lary , dans les Hautes Pyrénées . Mon beau-père a été embauché pour la construction du barrage de Cap de Long .
Aujourd'hui , Saint Lary est une station de sports d'hiver connu . A l'époque c'était une toute petite ville assez endormie , réveillée par les travaux . Il y avait une cité , des pavillons , crée spécialement pour les gens du barrage . C'est là , dans un de ces pavillons que nous nous sommes installés . Ici aussi j'avais ma chambre à moi .
Ah ! Une lacune . Je n'ai pas parlé de mes deux frères utérins . Le premier est né en novembre 46 ( je crois que j'en ai touché un mot ) , le second est né en avril 48 .
La seule chose qui manquait , c'était une salle de bains , et chauffe-eau , bien sùr .
Le temps de s'installer , un peu de repos , puis direction l'atelier de l'entreprise , toujours pour avoir quatre sous . L'atelier était tout pré de la maison . Mais qu'est ce que j'ai pu m'ennuyer dans cet atelier ! Je « bricolais » des trucs qu'un élève de première année pouvait faire .
Et moi , j'aurais aimé apprendre des choses nouvelles .
Ah , une chose intéressante . Un jour, je suis monté sur le chantier du barrage . Une route , de 27 km de long , partiellement construite pour le chantier , j'ai fait le voyage dans un camion de 25 tonnes , qui transportait di ciment . Oui , le ciment arrivait à la gare d 'Arreau – Cadéac , et de là on le transportait par toute une armée de camions . La route grimpait à travers la montagne , à flanc de montagne . Le chauffeur conduisait en calant sa portière ouverte avec un pied . Il dit qu'en cas de chute du camion dans le ravin , c'était plus facile de sauter . Ah ! Me voilà rassuré ! Et la route serpentait à n'en plus finir . Dans deux des virages , trop serrés , il fallait faire des manœuvres avec le camion pour passer . ( ça me fait penser au film : «  Le salaire de la peur « ) . Au bout de deux heures , nous sommes arrivés sur le chantier . Le ciment , c'était pour faire les installations , station de concassage et autres . Les travaux étaient au stage de déroctage ( voir plus haut ) , mais le coulage des fondations était commencé , petitement . Des blocs de rocher , déversés par des camions directement dans la gueule du concasseur , étaient énormes . Parfois on entendait comme un coup de fusil lointain . C'était une cartouche de dynamite non explosée qui sautait dans le concasseur . Un conncasseur énorme : mâchoire fixe 17 tonnes , mâchoire mobile 9 tonnes .
Et c'est là qu'il y a eu un accident , un ouvrier est tombé dans la gueule du concasseur . Le temps d'alerter et arrêter tout , le pauvre était déjà dans le barrage , en état de béton ,
très legèrement teinté . Gilbert Cesbron decrit ça dans un de ces livres . ( peut-être «  Tu verras le ciel s'ouvrir «  ) .
Heureusement , je n'ai pas vu beaucoup de ces drames de chantier .
Donc , je bricolais dans cet atelier jusqu'au 15 septembre . Et là , le départ pour Bort , de nouveau . Oui , encore une année pour passer le brevet de dessinateur .
Cette année là , il n'y avait pratiquement plus de tickets de ravitaillement . . Si , il y en avait , mais ils ne servaient à plus rien . Je me souviens d'aller à l'épicerie . C'était l'épicerie Mir . La charcuterie , c'était Mir , le café , c'était Mir , la salle des fête pour les bals , c'était Mir , le maire c'était Mir . Et c'est comme ça que j'ai connu Isabelle Mir , la championne de ski , que sa maman portait dans les bras pour servir les clients de l'épicerie , elle avait un ou deux ans . Je dois dire , entre parenthèses , que je me demande si j'ai mangé un aussi bon jambon qu'acheté chez Mir .
Mais avant d'aller à Bort , je suis allé voir mon frère et sa femme à Clergoux . C'était une petite commune de Corrèze . Mon frère travaillait toujours à Chastang , il était chargé de l'entretien du téléphérique entre le barrage et la gare d »Eyrein , où arrivait le ciment ( voir plus haut là où je parle de ce barrage ) .
J'ai pris la route sur un camion de 8 tonnes , qui allait chercher du matériel à Marcillac la Croisille ( Corrèze ) où l'entreprise de Saint Lary a construit un barrage sur le Doustre . Nous sommes partis , le chauffeur et moi , dans l'après midi . Nous approchions de Toulouse , il faisait entre chien et loup , mauvaise visibilité donc , et là , tout d'un coup une barrière de chemin de fer baissée . Le chauffeur freine de toutes ses forces , moi je tire sur le frein à main au maximum . Nous nous arrêtons à deux-trois mètres de la barrière , pour voir passer un long train de marchandise . Nous soupirons tous les deux .
Le chauffeur , qui faisait souvent ce trajet , nous amène dans un restaurant , qu'il avait l'habitude de fréquenter . Et de ça je m'en suis aperçu . Une jeune serveuse nous installe à une table , et prend la commande . En nous servant elle dit au chauffeur : tu restes avec moi cette nuit ?
Le chauffeur lui dit , eh ce n'est pas possible ( en me montrant de la tête ) . Et elle dit : ce n'est pas grave , je vais trouver une copine pour s'occuper de lui . Et le chauffeur : tu es folle , c'est le fils de l'ingénieur . Bien sûr , je n'ai jamais vu « la copine » .
Après manger , nous reprenons la route dans la nuit , et arrivons à Clergoux vers cinq-six heures du matin .
J'étais content de retrouver mon frère et sa femme . Nous avons passé 15 jours agréables . Ils avaient des amis intéressants des gens du pays mais surtout des gens qui venaient d'ailleurs , notement un administrateut de la Cote d'Ivoire , avec sa famille . Ils sont venus passer un an de vacances . Il faisait des pieds et des mains pour rester en France . Il a fini sa carrière comme trésorier payeur général à Limoges .
Bon , je crois que je dois continuer à parler du collège .
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   18.12.16 23:52

Merci bien pour ces nouvelles évocations!
Bakonyi a écrit:

Saint Lary , dans les Hautes Pyrénées . (--)
                    Aujourd'hui , Saint Lary est une station de sports d'hiver connu . A l'époque c'était une toute petite ville assez endormie , réveillée par les travaux . Il y avait une cité , des pavillons , crée spécialement pour les gens du barrage .
(--)
Cette année là , il n'y avait pratiquement plus de tickets de ravitaillement . . Si , il y en avait , mais ils ne servaient à plus rien . Je me souviens d'aller à l'épicerie . C'était l'épicerie Mir . La charcuterie , c'était Mir , le café , c'était Mir , la salle des fête pour les bals , c'était Mir , le maire c'était Mir . Et c'est comme ça que j'ai connu Isabelle Mir , la championne de ski , que sa maman portait dans les bras pour servir les clients de l'épicerie , elle avait  un ou deux ans . Je dois dire , entre parenthèses , que je me demande si j'ai mangé un aussi bon jambon qu'acheté chez Mir .

Reportage consacrée à la skieuse Isabelle MIR dans son village de SAINT-LARY. (18 janv. 1969)
http://www.ina.fr/video/CPF04006292
Bien que plus tardif de 20 ans par rapport à l'époque de ton séjour, cette vido peut t'évoquer des souvenirs dans ses séquences sur Saint Lary


Bakonyi a écrit:

                         Et c'est là qu'il y a eu un accident , un ouvrier est tombé dans la gueule du concasseur . Le temps d'alerter et arrêter tout , le pauvre était déjà dans le barrage , en état de béton , très legèrement teinté . Gilbert Cesbron decrit ça dans un de ces livres . ( peut-être «  Tu verras le ciel s'ouvrir «  ) .    
                     
                          «  Tu verras le ciel s'ouvrir « ne semble pas le titre d'une oeuvre de Gilbert Cesbron

Gilbert Cesbron https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilbert_Cesbron
Chiens perdus sans collier – http://aproposdelivres.canalblog.com/archives/2009/06/10/14001933.html
Notre prison est un royaume - http://aproposdelivres.canalblog.com/archives/2009/08/22/14001965.html
Mais moi je vous aimais - http://aproposdelivres.canalblog.com/archives/2012/08/28/24922665.html

Je n'ai pas trouvé d'oeuvre qui évoque un accident comme celui-là, mais cela ne signifie pas que tu te trompes, car je n'ai sans doute pas les bons mots qui aideraient à le retrouver!

vu là http://www.abbaye-tournay.com/2016/08/fete-de-lapotre-saint-barthelemy-3-lecture-2/
là https://www.facebook.com/prisca.lolenga.7/posts/1777019002513739
et là https://books.google.fr/books?id=mlEFAAAAQAAJ&pg=PA367&lpg=PA367&dq=Tu+verras+le+ciel+s%27ouvrir&source=bl&ots=JcNhfXWrKF&sig=g9IaEBlBSKv9rNFesmrYEgQcYxE&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiqvf_6xP7QAhXI1xoKHTiHDtAQ6AEIMzAD#v=onepage&q=Tu%20verras%20le%20ciel%20s%27ouvrir&f=false
«  Tu verras le ciel s'ouvrir « semble des propos lithurgiques, plus ou moins inspirés de la Bible,  tel un poème (d'un auteur semble-t-il belge... vu le dernier lien)
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   19.12.16 10:25

Alors le livre de Cesbron c'est :" Vous verrez le ciel ouvert " . Il parle d'un barrage de montagne , et quelques mots de l'accident . Mais en réalité , contrairement au livre , aucun village n'a été submergé par les eaux du barrage de Cap de
Long .
Saint Lary , je suis passé par là dans les années 80 , pour aller en Espagne . Rien de semblable avec ce que j'ai connu : hotels modernes style montagnard . L'épicerie , n'en parlons plus . Des fermes , j'en ai pas vu non plus . Saint Lary subsiste grâce au tourisme , été ,et surtout l'hiver .
Pour monter au barrage ( la route dont j'ai parlé ) , il faut suivre la route qui va en Espagne ( col de Bielsa ) , et bifurquer
a droite , à Fabian , un peu avant Aragnouet . Je pense que cette route doit être fermée , sauf pour les services techniques de l'EDF .
A bientot pour la suite . Rassurez vous je ne vais pas vous ennuyer longtemps . Encor trois ou quatre textes .
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   23.12.16 17:02



Donc , le 30 septembre , je reprend le train , pour finir d'arriver à Bort . Le collège est vide . Un surveillant m'accueille . Il a le plan des dortoirs pour placer les arrivants . Il a beau chercher , je ne suis nulle part . Finalement il décide de m'installer dans le dortoir pour les 3° et 4° années ;
Je ressors , faire un tour dans Bort . Rien n'a changé , inutile de le dire . Je ne reste pas longtemps . Dans l'entrée je trouve le directeur : Ah ! Te voilà , enfin ! Je ne comprend pas bien , la rentrée c'est le 1° octobre .
Il m'explique qu'il a envoyé une lettre , pour me convoquer pour le 25 septembre , parce que il me nomme surveillant .
Comme je suis parti 15 jours avant , je ne l'ai pas eu la lettre .
Bon , tout va bien , installes toi dans la chambre ( pour pion ) du dortoir 1 . C'est le dortoir des 1° annnés . Inutile de dire que j'étais aux anges .
Et comme d'habitude , je butes , comme au début de chaque « page «  de mon histoire .
Bon , alors c'est quand même une bonne nouvelle . Je ne suis pas payé , mais je ne paie pas la pension . C'est un avantage pour la maison . Il y a quand même certains «  travaux «  à assurer : Surveiller les récrés , les changements de classes , un dimanche par mois surveiller «  la colle «  de dimanche après midi , et un autre dimanche , surveiller la promenade . Et les samedi après midi , seconder le moniteur de gym , pour aller au stade faire du sport . Deux semaines sur quatre , surveiller l'étude de midi ( de 13 heures à 13 heures 45 mn ) , et du soir , de 20 heures à
21, 22 voir 23 heures .
Mais à coté de ça , j'avais une chambre . Oh , petite , 3 mètres sur 2;5 mètres . Avec un lit , une table , deux chaise et un placard . Ah , une lucarne pour surveiller le dortoir , que je pouvais fermer , bien sûr . Quand je n'avais rien à faire , je pouvais sortir jusqu'à 21 heures , la montée au dortoirs .
Mes trois collègues , étaient des surveillants nommés par l'académie , et en plus de la pension , ils avaient un salaire , petit , mais largement plus que de l'argent de poche .
Un préparait par correspondance l'école des TPE ( travaux publics de l'état ) . Après son concours , il a été nommé à Bort , je crois . Un autre préparait une licence d'allemand , le troisième , je ne sais plus . Nous nous entendions très bien . Et ils étaient assez chics pour me laisser
la surveillance des sorties au cinéma , et cela m'évitait de payer ma place . Un , celui qui préparait je ne sais quoi , était de Sarlat . Alors , il recevait des grandes boites d'un kilo de foie gras truffé . Alors on allait chercher du pain et une bouteille de vin pas trop cher , et on se réunnissait dans une piole ( chambre ) , pour casser la croute vers 10 heures du soir . Et la boite de foie gras ne faisait pas long feu .
Ah , j'ai oublié de dire que pendant la 3° année , je m'occupais des éclaireurs aussi . Etant pion , j'ai laissé tomber , je n'aurais plus eu du temps à moi .
Quand je secondais le moniteur , le directeur m'a dit que ces heures me seront payées . Jusqu'à la fin de l'année , pas un sous . Bah ! Je ne verrai jamais cet argent , je pensais ;
Et surprise , deux ans plus tard , j'ai reçu une convoquation de la perception . C'était pour me payer mes heures de stade . Avec l'administration il ne faut pas être pressé !

L'année precedante je me suis renseigné , un peu , sur le brevet de dessinateur .
Le prof avec qui j'ai parlé ne m'a pas laissé beaucoup d'espoir pour décrocher cet examen .
Moi , dès le début des cours , j'en ai parlé au directeur . Il ne m'a laissé aucun espoir : math , je n'y arriverai pas , mecanique et electricité , n'en parlons pas . En dessin , peut-être , mais il y avait la résistence des matériaux , que je n'ai jamais fait , et à Bort il n'y avait pas de prof pour me l'enseigner .
Alors l'aveu , c'est que j'en avais conscience de tout ça , mais sans m'en rendre compte . Depuis l'année passée . Mais je voulais passer encore un an au collège . Je n'osais pas affronter le monde du travail . Je ne voulais pas me retrouver derrière un étau . En somme la peur de la « vie « . Mais ce n'est que ces jours ci , en préparant ces souvenirs , que je m'en suis rendu compte
J'ai passé une année agréable . Comme nous , les pions , nous mangeions à la même table que certains profs( français , math , chimie . . . ) , je pouvais me permettre de « sauter » certains devoirs , et ne faire que ceux qui me plaisaient . Un avantage certain par rapport à mes copains de classe . Notre classe , 4° année , était peu nombreuse . Nous étions 8 je crois . Des « glandeurs » comme moi , et aussi 2 ou 3 qui travaillaient à mi temps , et passaient les heures du matin en cours , l'après -midi au travail .
Avant de finir avec le collège , je dois parler de notre prof de maths . Un homme d'une cinquantaine d'années . Il était basque . Il portait toujours un imperméable délavé , de l'armée americaine , je crois . Et dans une de ses poches , un réveil . Oui , un réveil . Avant de commencer son cour , il le plaçait sur son bureau .
Un jour, exercice : une équation . Un de nous lève la main : «  c'est moins cinq , Monsieur .
Non
Et moi aussi , j'annonce : moins cinq .
Et en nous montrant son réveil il dit : il est moins le quart .
Le même : on lui dit , Monsieur P. ( prof de dessin ) a acheté une 4 chevaux
( il y avait peu de voitures à l'époque , alors une voiture neuve , c'était une rareté ) .
Ah oui ; C'est quoi ?
Mais vous savez bien , Monsieur , la voiture , la voiture Renault .
Oh non , je ne connais pas . Vous savez , je suis vélocipédiste .

A la fin de l'année , le directeur m'a fait cadeaux des fournitures que j'ai acheté pendant l'année . Ce petit geste m'a fait bien du plaisir . D'autant plus que mon beau-père venait d'être licencié du chantier du barrage de Cap de Long .
Et une attente de deux mois , un peu angoissants , nous n'avions pas de sous .
Enfin , la bonne nouvelle . Il a été embauché par une entreprise qui faisait des travaux a Luz Saint Sauveur . Centrale hydroélectrique , conduite forcée , prises d'eau ,galeries d'amenée d'eau . Sur les chantiers pour EDF on ne parlait pas de tunnel , mais de galerie . Pourquoi ,
je ne sais pas . Jusqu'à aujourd'hui , pour moi un tunnel est une galerie .
A bientôt
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   23.12.16 21:52

flower Köszönöm szépen



santa Neked (és mindenkinek) kellemes Karàcsonyi Unnepeket kivanok
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   28.12.16 16:51

Et c'est comme ça que nous sommes arrivés à Luz Saint Sauveur un jour de septembre 1950 .
Drôle de pays . Avant guerre , deux communes : Luz et Saint Sauveur . Luz , une petite ville avec des commerces , le marché hebdomadaire , des boulangeries , en un mot c'était une agglomération « normale » . A Saint Sauveur il n'y avait pas de commerces . Il n'y avait que des hôtels , des restaurants . Et bien sûr il y avait les Thermes . Napoléon III et sa femme venaient souvent passer quelques jours . Sur un petit « piton » il y avait la chapelle Solferino , en souvenir de la seule bataille gagnée par Napoléon III .
En ce fin septembre tout était vide : hôtel , rues , restaurants , tout . Nous étions installés dans deux pièces meublées , plus une toute-toute petite cuisine . Mais pour y accéder , il fallait passer par l'extérieur , par une courte passerelle . La joie , quoi . Et pour faire les achats , il fallait descendre à Luz . Sauf le lait, que j'allais chercher tous les soirs dans une ferme – hôtel – restaurant .
Pour le moment il fallait que j'attende pour être embauché . Cette attente durait si longtemps , que je me suis mis à chercher du travail ailleurs . Grâce au directeur du collège de Bort , j'en ai trouvé , mais à Tarascon sur Ariège . C'était quand même à 200 kilomètres environ de Saint Sauveur , avec des mauvaises communications . Sous la pression de ma mère et de mon beau-père , j'ai renoncé .
Enfin , le 2 décembre 1950 , j'ai été embauché comme dessinateur . Et aussi pour donner un coup de main à un ingénieur des Arts et Métiers , qui faisait le géomètre et autres travaux , je ne sais plus quoi . C'était un homme très sympa , aimable , et qui me « poussait » , m'apprenait un maximum qu'il pouvait .
Le dessin ne me posait pas de problèmes . Mais la première fois qu'il m'a donné son carnet , les pages couvertes de chiffres , en me disant : tiens , calcule moi l'altitude des points que j'ai relevé , j'avoue que j'étais désorienté . D'ailleurs , ce mot est trop faible : je peux dire que je suis tombé sur le cul . Comme dans le carnet je voyais des «  PC «  , je lui ai demandé ce que c'était . Il m'a répondu : plan de comparaison , et il est parti sur un chantier , me laissant là , abasourdi , ne sachant quoi faire .
Je tournais et retournais le carnet , les pages , je voyais des plus , des moins , des moins , PC , mais je ne savais pas que pouvait-on faire avec tout ça . Après bien des suppositions , de réflexions , des tentatives , j'ai saisi le système . A partir de là , tout allait bien . Et le soir j'ai présenté mon résultat . Il était très content . Enfin quelqu'un en qui je peux avoir confiance , à qui je pourrai apprendre à se servir des appareils .
A partir de là , je l'accompagnais sur les chantiers , et de temps en temps il me laissait me servir des appareils . C'étaient essentiellement un niveau et un théodolite . Ces instruments était de fabrication suisse , ce qui se faisait de plus précis . Le niveau avait une précision de 1 mm à cent mètres . Théodolite : on lisait le 100ème de grade , et on appréciait le 1000ème de grade . Un autre théodolite ( on ne s'en servait presque jamais ) , on lisait le 1000ème de grade et appréciait le 5000ème de grade . C'était pour donner une idée de la précision avec laquelle nous devions travailler . Je ne vais pas trop voous ennuyer avec tout ça . Je vais me contenter de quelques généralités .
La moitié du temps , au bureau , pour dessiner et calculer les relevés , les travaux faits avec les appareils . J'aimais bien ça . Tangentes , sinus , table de logarithmes à 7 décimaux , j'étais dans mon milieu .
Quand nous allions sur le terrain , c'était pour vérifier la direction des galeries , sous terre , parfois sous les gouttes qui tombait de la voute .
Mais aussi faire des relevés à l'extérieur . Parfois ça durait une demi journée , d'autre fois c'était une vraie expédition pour la journée . Mon «  chef «  moi , deux porteurs pour les instruments , un porteur pour la nourriture , un aide , et quelque fois un guide de montagne . Ceci quand nous allions dans des endroits où il y avait des risques . A midi , un petit feu , un bon casse-croûte , le vin de la gourde . Mais pas de café . En un mot , la belle vie .
Un inconvénient , les chantiers n'étaient accessibles que par téléphérique . Le trajet , suivant le chantier , était plus ou moins long : entre 20 minutes et 45 minutes . Au début j'avais un peu d'appréhension , les bennes étaient prévues pour le transport des marchandises , donc pas de cabine , mais une plateforme avec un semblant de garde corps . Mais avec l'habitude , je n'y faisais plus attention .
Fin décembre nous avons déménagé à Luz , un peu à l'extérieur de la ville , dans une petite maison : quatre pièces , cuisine ,salle de bains . Après tous ces logements où nous somme passé sans eau chaude , cette salle de bains était un rève .

Je ne vais pas tarder à arrêter mon récit . Mais avant je raconterai un souvenir que je n'oublie pas , puis ce sera la fin .
D'ailleurs , je pense que la vie de tous les jours sur les chantier n'a pas beaucoup d'intérêts .
Alors , à bientôt pour les deux derniers .
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   28.12.16 20:20

Dans le post précédent, tu désespérais d'obtenir au collège une formation de dessinateur .
bakonyi a écrit:
L'année precedante je me suis renseigné , un peu , sur le brevet de dessinateur .
Le prof avec qui j'ai parlé ne m'a pas laissé beaucoup d'espoir pour décrocher cet examen .
Moi , dès le début des cours , j'en ai parlé au directeur . Il ne m'a laissé aucun espoir : math , je n'y arriverai pas , mecanique et electricité , n'en parlons pas . En dessin , peut-être , mais il y avait la résistence des matériaux , que je n'ai jamais fait , et à Bort il n'y avait pas de prof pour me l'enseigner .
Et finalement tu y accèdes dans des conditions peut-être meilleures, puisque très concrètes, sur le tas!
Le hasard fait bien les choses, ou bien "c'était écrit"!...
               
bakonyi a écrit:
Le dessin ne me posait pas de problèmes . Mais la première fois qu'il m'a donné son carnet , les pages couvertes de chiffres , en me disant : tiens , calcule moi l'altitude des points que j'ai relevé , j'avoue que j'étais désorienté . D'ailleurs , ce mot est trop faible : je peux dire que je suis tombé sur le cul . Comme dans le carnet je voyais des «  PC «  , je lui ai demandé ce que c'était . Il m'a répondu : plan de comparaison , et il est parti sur un chantier , me laissant là , abasourdi , ne sachant quoi faire .
                        Je tournais et retournais le carnet , les pages , je voyais des plus , des moins , des moins , PC , mais je ne savais pas que pouvait-on faire avec tout ça . Après bien des suppositions , de réflexions , des tentatives , j'ai saisi le système . A partir de là , tout allait bien . Et le soir j'ai présenté mon résultat . Il était très content .
Pas mal comme tremplin, pour commencer! - Pour le "prof" comme pour l'apprenti!
                         
bakonyi a écrit:
de temps en temps il me laissait me servir des appareils . C'étaient essentiellement un niveau et un théodolite
théodolite = je viens d'apprendre le nom de cet outil de chantier qui m'impressionne toujours!
https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9odolite

images pour comparer les anciens et les modernes théodolite:
https://www.google.fr/search?q=th%C3%A9odolite+1945&biw=1920&bih=933&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ved=0ahUKEwjE58_jrJfRAhWHCBoKHfNACB8QsAQIJQ#tbm=isch&q=th%C3%A9odolite+ancien+

             
bakonyi a écrit:
je pense que la vie de tous les jours sur les chantier n'a pas beaucoup d'intérêts
.        Si tu le dis...


Dernière édition par bor le 28.12.16 20:40, édité 2 fois
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   28.12.16 20:31

Retour sur un fil plus ancien: 17 déc http://centraleasteurope.bbfr.net/t2420p50-souvenirs-suite#16106

Bakonyi a écrit:
Que dire de la fin de cette troisième année .
             Bien sùr , les examens . (--)
                Voyons les résultats . Bizarrement le meilleur résultat , je l'ai obtenu dans ma matière la plus faible le français. Il est vrai que je me suis appliqué , avec deux ou trois citations latines ( sans doute inhabituelle en technique ) , un sujet qui me convenait , le résultat , un 17/20 .
Pour un p'tit gars qui ne connaissait pas un mot de français 3 ans plus tôt, c'est sacrément bien, voire même extraordinaire!

Entre cet exploit et celui de dessin (entre autres choses vécues), t'es un mec doué, quoi!
Certes beaucoup de travail, mais avec des capacités hors du commun! Quelle chance!...
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   29.12.16 15:55

Un beau jour , au printemps , j'ai été muté sur un autre chantier . Il est vrai que les travaux de Luz tiraient à leur fin .
                     Donc , me voilà à Ax les Thermes dans l'Ariège . Le chantier , construction d'un barrage , était à Orlu , le barrage de Naguilhe . Un mélange de deux sentiments : je me suis trouvé séparé de ma future femme ( nous devions nous marier en automne ) , mais j'ai eu un «  avancement «  . Je devais seconder le conducteur de travaux d'un chantier de 80 personnes . Et bien sûr , continuer mon travail de géomètre sur ce chantier .
                        Je dois avouer que c'était un travail très intéressant .
                       Après notre mariage , nous avons déménagé à  Ax . Un logement de deux pièces ' cuisine , en entresol . On accédait à l'entrée par des escaliers qui descendaient depuis la rue , et  le logement donnait sur un jardin , potager , de plein pied . Un petit inconvénient : au bout du jardin coulait une rivière . Et quelque fois , un serpent , une couleuvre , venait se chauffer au soleil devant notre entrée . Ma femme avait très peur et appelait le propriétaire . En riant , il chassait le serpent . Mais ne le tuait pas : il est utile dans un jardin .
                       Au dessus de nous vivaient les propriétaires , un couple de retraités , très gentils , serviables . A partir du printemps , le monsieur apportait des fleurs du jardin , et quelques légumes .
Notre chambre donnait également sur le jardin . A huit-dix mètres de la fenêtre il y avait quelques buissons .
                       Et c'est là qu'intervient mon souvenir , pour moi magnifique .
                       En été , comme il faisait chaud , nous dormions le fenêtre ouverte . Alors , le soir , après nos désirs comblés , elle mettait sa tête sur mon épaule gauche , et moi je l'entourais de mon bras . Nous discutions : des potins d'Ax , des potins du chantier , de livres , de musiques , j'allumais une cigarette .
                         Et vers 11 heures , minuit , un chant . Un chant merveilleux : c'était un rossignol qui nichait dans les buissons . Et il chantait , chantait ! Nous baissions la voix , nous nous taisions , et nous l'écoutions . Nous écoutions ce chant incomparable qui dépasse le chant de tous les autres oiseaux .
Longtemps . Puis le chant s'estompait , nous nous endormions , heureux .


                          Je m'excuse de parler de ça , mais pour moi c'est quelque chose d'inoubliable .
Et j'espère que les lecteurs ont aussi des souvenirs heureux , qu'ils gardent au fond de leur mémoire
pour toujours
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   29.12.16 16:03

Bor , si tu veux voir les appareils dont on se servait , cherche Wild ( pas les guitares bien sur ) et tu trouvera le T2 qui est un théodolite , et N2 qui est un niveau .
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   29.12.16 16:50

Merci pour tes pistes des outils dont tu te servais:
T2 qui est un théodolite = https://www.google.fr/search?q=Wild&biw=1920&bih=933&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwju4vHOw5nRAhXJfRoKHTWbCH0Q_AUIBigB#tbm=isch&q=wild+t2+theodolite

et N2 qui est un niveau  = https://www.google.fr/search?q=wild+N2&biw=1920&bih=933&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwi2oJeCxJnRAhVJXhoKHUN7ATEQ_AUIBigB
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