Forum sur l'amitié entre les peuples d'Europe Centrale et d'Europe Orientale

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 Souvenirs (suite)

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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   18.05.16 6:33

Oh! merci Bakonyi! merci pour Muki!
Bakonyi a écrit:
La dernière fois que j'en ai parlé , c'est quand il est venu nous voir à Saint Gotthard . 
Voici le passage:
http://www.hongrieforum.com/phpbb/viewtopic.php?p=26904&highlight=saint+gotthard#26904
Saint Gotthard est noté à la fin.
Ton post suivant évoque votre arrivée, et la vie là-bas.
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   18.05.16 15:41

Je m'excuse , j'ai fait une offre de gascon . Je n'ai plus rien de préparé . Et ça va être difficile , j'embrouille tout . Entre 46 et 50 ( ? ) , je suis un peu perdu . Alors , patience , s'il vous plait .
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   13.08.16 0:30

Idea un petit rappel des Souvenirs http://centraleasteurope.bbfr.net/t2442-deportation-de-hongrois-en-urss-sur-ordre-de-staline#16013

en attendant, espérant la suite ici, peut-être - n'est-ce pas Bakonyi ? Arrow
(quand tu auras retrouvé ton stylo, du papier et surtout, la forme) Very Happy

Je voudrais préciser que mes encouragement à poursuivre ne sont pas liés à une curiosité sans borne, arrogante ou je ne sais quoi
comme pourraient peut-être le penser certains lecteurs! - enfin, c'est une crainte, un jugement qui m'est venu à l'esprit il y a peu!

Je ne nie pas une certaine curiosité de ma part, car on apprend toujours des Anciens, et ces souvenirs (même dans leurs détails les plus infimes,
et parfois même grâce à ceci) permettent de mieux comprendre le passé dont on a plus ou moins connaissance sans l'avoir vécu,
parce que pas encore né ou trop petit à ce moment là!

Cependant ma démarche est avant tout pour encourager son auteur,
car cela lui fait du bien, même s'il ne le dit explicitement

Donc patience, laissons les graines germer,
labourer la mémoire, c'est comme labourer la terre,
et la floraison vient après un plus ou moins long hiver...

Ici, ce sera le printemps à l'automne - m'a dit mon petit doigt! Wink
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   13.08.16 11:49

Tu as entièrement raison . J'avoue que moi aussi j'attends la suite . C'est peut-être idiot , mais c'est comme ça . Remémorer ces moments de ma jeunesse me fais plaisir ( et sans doute du bien ) .
La curiosité ? mais c'est tout ce qu'il y a de naturelle ! Et où serions nous sans curiosité ? Si l'homme des cavernes n' avait pas gouté le gibier grillé par un feu de forêt , nous mangerions encore le gigot en le tenant à plaines mains , en déchirant avec les dents la viande sanglante .
Combien de découvertes par hasard , par curiosité ?
Alors , si tout va bien , dans un mois je serai installé de nouveau , et je continuerai mon récit .
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   03.10.16 15:04

Le premier samedi d'octobre 1946 , c'est le départ . Je n'en mène pas large . Faire ce long voyage , seul , sans parler en français , deux changements de train , dans un pays , des gares inconnues , une grosse et lourde valise à la main , j'avais des appréhensions compréhensibles .
Nous sommes à la gare bien avant le départ du train . Je suis accompagné par ma mère , B.bàcsi et un prisonnier allemand ( professeur de français et d'anglais dans le civil ) , qui est venu à la maison quelques fois pour tenter de m'inculquer des rudiments de français . Une fois le billet acheté , nous sommes là à parler à bâtons rompus , l'entrain n'y est pas .
Un homme s'approche , montre une carte , et pose des questions que je ne comprend pas . B.bàcsi répond de son mieux , avec l'aide du prisonnier allemand . Une fois l'homme satisfait , l'allemand
nous dit que ce n'était pas un policier , la carte qu'il a montrée c'était la carte du parti communiste .
Il est vraie que le P.C. était très puissant à cette époque , et Argentat était une commune communiste , comme presque toute la Corrèze .
Le départ approche , je monte dans le train . Un tout petit train . Argentat était relié à Tulle par un
un chemin de fer à voie étroite . Et c'est le départ . Ce n'est pas un rapide . Nous mettons une bonne heure pour faire les trente kilomètres qui séparent Argentat de Tulle . Nous arrivons vers midi . J'ai quatre heures à attendre avant le départ de mon train qui m'amènera à Eygurande-Merlines , en passant par Ussel , Meymac , Egleton . Et une gare dont le nom reste imprimé dans ma mémoire : Montaignac-Saint Hypolite . Ces quatre heures , je les passe assis dans la salle d'attente . Enfin , je prends un train de dimensions normales . Deux heures pour arriver à Eygurande. Et là , changement , mais rapide , parce que l'autorail est déjà là , à attendre les voyageurs venant de Tulle . Je n'ai jamais vu d'autorail . Assez étrange cet engin . J'apprendrai plus tard que ça s'appelle aussi Micheline . On m'explique que c'est parce qu'il roule sur des pneus fabriqués par Michelin .
Le trajet est court entre Eygurande et Bort , 30 kilomètres . La gare de Bort est toute petite . Je me renseigne comme je peux pour me rendre à l'école . Mais que la valise est lourde ! Et que l'école est loin de la gare ! Avec une petite rue courte mais très raide à l'arrivée. Me voilà dans la place . L'école est à peu prés vide . Ce grand bâtiment vide semble abandonné , triste , une odeur bizarre , silencieux . Un jeune de 18 ans me prend en charge . Nous allons au premier étage , il me désigne un lit , me fait prendre un matelas dans une réserve , et me fait comprendre de m'installer . Je fais mon lit , je met mes affaires dans mon casier , la valise par-dessus . Et nous redescendons dans une salle de classe . Il y a là une dizaine d'élèves , de 12 à 16-18 ans . Je choisi une place en face du tableau , dans le premier rang , et aussi un casier dans le fond de la classe pour mettre mes affaires de classe ( je n'ai ni cahier ni livres , seulement un plumier , des crayons , des enveloppes et du papier à lettre ) . Un ou deux élèves tentent d'engager une conversation à voix basse , mais sans grand succès . Je suis vraiment trop fatigué pour faire des effort pour comprendre .
A sept heure une cloche sonne . Tout le monde sort dans la cour . Un quart d'heure plus tard , nouveau son de cloche . Nous nous mettons en rang , et nous entrons dans le réfectoire .
Une salle tout en longueur , avec deux rangées de grandes tables , une allée au milieu et au bout la cuisine que l'on aperçoit par une porte ouverte . Nous nous installons aux deux premières tables coté cuisine . Je ne me souviens pas du repas .
Après , nous nous installons de nouveau dans la salle de classe de tout à l'heure . Je tombe de fatigue et d'émotion . Toutes ces nouveautés m'ont épuisé . Me retrouver seul dans ce milieu inconnu , sans connaître la langue , et cela pour trois mois , j'avoue que j'avais le coeur un peu serré . Enfin ,à 9 heures , sonnerie de cloche , nous sortons dans la cour . Et un quart d'heure plus tard , nous nous mettons en rang pour monter dans les dortoirs .
Je pense que j'ai dormi comme une marmotte .
Réveil à sept heures et quart . Nous nous habillons en vitesse , et descendons dans la cour , en rang devant le réfectoire . Le petit déjeuner c'est un bol de café au lait ( peu de lait ) en un morceau de gros pain . Je ne reviendrai plus sur le petit déjeuner , parce que ce sera comme ça pendant les quatre ans que je passerai dans ce collège , comme interne .
Ceux qui veulent aller à la messe , peuvent y aller , accompagnés d'un surveillant , d'un pion . J'y vais , comme d'habitude . Mais la plupart des internes qui vont à la messe ce n'est pas pour la messe qu'ils y vont , mais pour sortir de l'internat , pour sortir de la « boîte «  comme nous disions . D'ailleurs parfois l'un ou l'autre s'éclipse pendant la messe , pour fumer devant l'église , ou pour discuter avec des filles qui passent , ou même pour boire un verre dans un bistrot pas loin . Mais de ça je ne m'en suis rendu compte que plus tard .
Après la messe , étude jusqu'à midi . Et ça aussi , comme le petit déjeuner , ce sera comme ça pendant les années d'internat .
Après le repas de midi , vers deux heures , le directeur vient dans la cour . Il discute avec le surveillant , le jeune de 18 ans qui m'a reçu la veille . Puis nous nous mettons en rangs , je devrais dire moitié en rang moitié en groupe , et nous partons , en amenant un grand panier en osier . Nous traversons la ville , et nous somme vite à la campagne , avec des champs de chaque coté de la route très peu fréquentée . Le pion nous dit de marcher dans les champs , et là je comprend que nous cherchons des champignons . Oui , des rosées de prés . La cueillette est assez fructueuse . Quand nous rentrons , le panier est bien rempli , il y en a au moins deux kilos .
Il va de soit que le repas du soir est à base de champignons . Nous nous régalons .
A neuve heures , le dortoir , au lit . Je me demande comment passera la journée de lundi , le début des classes , les autres élèves , en un mot , que m'arrivera-t-il ?
Je vais commencer par décrire l'école , le bâtiment .
C'est une construction de la fin des années 20 . Donc , comme toutes les écoles construites à cette époque , sans grand intérêt . Elle est sur une hauteur , surplombe la ville . Et c'est l'unique construction de la rue , coté colline . En face de l'école il y a un talus , et en bas du talus la rue de la Gare . Un bâtiment tout en longueur , de deux étages , avec un troisième étage dans le milieu . Un coté du bâtiment c'est le collège technique , de l'autre coté une école primaire et cours complémentaire . Au rez de chaussé il y a les classes , dans les étages coté collège les dortoirs , coté école primaire les logements des instituteurs . Les étages de la partie centrale le logement du directeur du collège , infirmerie , logement du cuisinier , de la cuisinière et du surveillant général . C'est là aussi que se trouvent les réserves de nourritures , des fournitures pour les classes ( cahiers , livres etc . ) , Un coté de la cour , il y a les ateliers : forge , ajustage , machines outils et menuiserie . Ah il y a aussi les cabinets , avec des portes qui cachent l'essentiel , mais laissent voir ce qui est au-dessus de la taille . La cour est gravillonnée , avec un emplacement entouré d'un muret . C'est « la poubelle » . De temps en temps on l'allume pour brûler les déchets .
Bon , maintenant l'organisation .
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   03.10.16 22:40

bor a écrit:
Ici, ce sera le printemps à l'automne
disais-je plus haut! Eh bien voilà, la fleur Bakonyi éclôt!

Grand merci l'ami!

En espérant que les images correspondent à l'époque de ton séjour:

Le collège technique de Bort les Orgues:
http://www.ebay.fr/itm/19-BORT-LES-ORGUES-COLLEGE-TECHNIQUE-ET-COURS-COMPLEMENTAIRE-/171539916945
au premier plan, ton collège et la cour:
http://www.akpool.fr/cartes-postales/24005525-carte-postale-bort-les-orgues-cpa-19-vue-generale-maisons

===========

Quelques autres vues anciennes de Bort les Orgues et de ses alentours

Carte postale Bort les Orgues Corrèze, Beaux Sites, Saut de la Saule, Wasserfall
http://www.akpool.fr/cartes-postales/24830021-carte-postale-bort-les-orgues-corrze-beaux-sites-saut-de-la-saule-wasserfall

Carte postale Bort les Orgues Corrèze,Vue générale avec Rochers
http://www.akpool.fr/cartes-postales/24071662-carte-postale-bort-les-orgues-corrzevue-gnrale-avec-rochers
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   04.10.16 11:46

Ne te réjouie pas trop vite , parce que ça devient laborieux .
Je n'ai pas encore regardé lles photos
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   04.10.16 16:30

Alors , les photos .
La ville de Bort que j'ai connue , c'était comme sur les photos . Les gens n'étaient pas habillés comme sur les photos , mais la ville n'a pas changée . Les orgues , très impressionnantes . La Grande rue était devenue la rue de Paris , et la rue du Faubourg , nous l'appelions la rue de Saint Thomas . Saint Thomas était un quartier de Bort , au bord de la rue qui allait vers Mauriac ( je crois ) , mais se séparait en deux , pour aller vers le Bois du Coin , et plus loin le Saut de la Saule . Et là , fin de la route . Le Bois du Coin , c'était l'endroit où nous allions nous baigner dans la Rhue . Il y avait un rocher qui surplombait l'eau , qui servait de plongeoir . A cet endroit la profondeur de l'eau était de 3 à 4 mètres .
Le Saut de la Saule , je ne l'ai pas vu souvent , c'était un peu loin .
Je ne dois pas oublier : Marmontel était né à Bort , je crois vers Saint Thomas .
Le collège . Eh bien il n'a pas changé . La photo est telle que je l'ai connu ( j'ai la même ) . Coté droit , le collège . Au rez de chaussée cinq classes , à l'étage quatre dortoirs . Juste à coté , on aperçoit une partie du toit ( avec des sheds ) de l'atelier : forge , machines outils , établies , atelier de menuiserie .
La partie centrale de l'immeuble faisait partie du collège . Au rez : bureau du surveillant général ,, du directeur et de la secrétaire .
Les élèves de la primaire et C.C. entrée par une porte ( sur la photo c'est caché par un arbre ) .
Comme je l'ai déjà dit , je crois , dans cette partie centrale il y avait le logement du directeur , du cuisinier , et une femme sa spécialité était le mouchardage , et elle aidait le cuisto . Ah , j'oubliais l'infirmerie avec deux lits .
De l'autre coté du bâtiment , un préau tout du long , des deux cotés . J'ai oublié le réfectoire , qui était dans le prolongement de l'entrée , sur le coté une petite pièce , qui servait de salle à manger au directeur , sa femme et sa fille , une gamine de 12 à 13ans ( quand je suis arrivé ) .
Quoi dire d'autre ?
Ah , le directeur on l'appelait soit le patron soit cent kilos . Il était grand costaud , un peu bedonnant . Sa femme c'était la panthère , elle fouinait partout , on ne l'aimait pas . Cent kilos , ça allait , il fermait les yeux sur certaines choses . Mais elle , elle venait voir dans les cabinets pour voir si on fumait . Sans gène ,quoi .
Je crois que je m'arrête pour aujourd'hui .
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   06.10.16 1:16

Le décor étant planté avec force de détails, ta belle mémoire fera encore des miracles - j'en suis sûr!
il faut juste laisser mûrir! Prends ton temps, rien ne presse!

Bakonyi a écrit:
Le premier samedi d'octobre 1946 , c'est le départ .
donc tu avais 15 ans!
Que de "vécu" déjà!
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   15.10.16 11:28


Je crois que par moment je radote , je me répéte . Ah ! L'âge . Pourtant , je me souviens assez bien . Mais je vais tenter de continuer .
D'abord , la « bouffe » . Eh , oui , encore . Vous allez dire que c'est une obsession .
Le petit dej : un bol de « café «  avec un nuage de lait . Je met entre guillemets , parce que c'est fait uniquement avec de l'orge grillé . Et ce travail se fait dans la cour , parce que ça fume . Un cylindre avec des trous , rempli d'orge , et on tourne ce cylindre au-dessus d'un tas de braises , comme pour rôtir un poulet ou un gigot .
Avec le café , un morceau de gros pain . Comme beaucoup d'élèves viennent de la campagne , ils amènent du beurre , du fromage ou du saucisson ( pour le goûter ) . Ces denrées sont stockées dans des caisses personnelles , au fond du réfectoire dans des armoires . Moi , je n'ai pas de beurre ni fromage . Mais je ne suis pas seul dans ce cas . Alors , de temps en temps une âme charitable nous « dépanne » . mais c'est assez rare , il faut le dire .
A midi une entrée plus ou moins mangeable , un plat , le plus souvent à base de rutabaga , de betterave ( comme pour nourrir les vaches ) , une ou deux fois des pâtes ou des pommes de terre . Peu de viande : des tripes ( j'ai horreur de ça ), du mou ( poumon de bœuf cuit dans de l'eau mélangée avec un peu de vin rouge ) , et un ragoût de morue ( que j'aimais bien ) .
Le traditionnel rôti de bœuf les dimanches midi , genre semelle . Un jour , mais c'était trois ans plus tard , nous avons rouspété . Le « patron «  a pris la camionnette , nous a embarqué et amené chez le boucher . Qui nous a dit que c'était la faute du cuisinier : il a fourni une viande à braiser , et non à rôtir . De temps en temps il y avait aussi du boudin ou de la saucisse , avec des lentilles ( mais c'était à partir de la deuxième année ) .
Le soir un bol de soupe , un légume ou les dimanches soir des pâtes dans le jus du rôti . Et un dessert aussi ( j'ai oublié le détail ) .
Mais tout ça , surtout pour arriver au goûter .
Alors , en rang , et à travers une fenêtre , on nous distribuait un morceau de pain sec . Je ne veux pas dire vieux , mais sans rien pour l'accompagner . Bien sûr , ceux de la campagne prenaient un morceau de fromage ( du très bon cantal ) ou de saucisson , dans leur caisse . Alors , un «  ancien «  , de
«  quatrième spéciale «  ( il redoublait la 3° année pour passer ses examens ) me prenait «  sous son aile « : tu n'as rien , viens petit ( il n'avait rien , lui non plus ) . Alors il coupait un morceau de fromage ou de saucisson qu'un « jeune «  tenait dans sa main , il me le donnait en disant : bon , maintenant pour moi . Et il partait «  voler «  un morceau à un autre élève .
Un ou deux ans plus tard , j'ai eu l'occasion de manger un morceau de cantal ( et il n'était pas volé , mais offert ) qui a eu le premier prix au concours d'Aurillac . Je n'ai plus jamais mangé un cantal de cette qualité ! Ceux d'Auvergne le savent , mais tout le monde ne le sais pas , un cantal , dit fourme dans le pays , pèse entre 50 et 70 kilos .
Je ne peut pas me plaindre du comportement des autres , petits ou grands . J'étais accepté , malgré mon mauvais français , je devrais dire , manque de français . On communiquait comme on pouvait , avec beaucoup de signes et quelques mots , que je commençais à assimiler . Je dois avouer que les débuts étaient difficiles . Mais j''ai assez vite appris à comprendre , sinon à parler . J'avais d'assez bonnes notes , sauf en français où on ne me notait pas .
Je passe à l'emploi de temps . Lever à 7 heures , au son de la cloche . Petit déjeuner , toilette rangement des affaires , faire le lit . AA huit heures , cloche , en rangs pour les cours . Alors les cours c'étaient de 8 heures à midi , de 14 heures à 16heures et demi recréation-goûter , cours de 16h30 à 18h30 . Etudes entre 13h et 14h , de 18h30 à 19h . A 19h souper , de 20h à 21h étude . Mais on pouvait étudier jusqu'à 23h . A 21h15 dortoir , coucher . Les jeudi et les samedi , de 14h à 16h , plein air , autrement dit nous allions au stade et un peu de gymnastique . Mais surtout du sport : foot , basket , volley . Mais on était libre de ne pas participer . Moi , je jouais au basket et volley , et je faisais un peu de saut en hauteur . A l'époque on sautait en ciseaux . J'étais le premier au collège à « expérimenter «  le rouleau californien . Ce qui me donnait un avantage sur les autres élèves .
Nous avions beaucoup d'heures de cours , parce que nous avions 20heures d'atelier par semaine .
N'oublions pas , c'était un collège technique . En première année , on nous faisait «  tâter «  à un peu de tout : ajustage , forge , menuiserie et même un peut de machine outil .
Alors voilà  « le tableau est planté « ( comme dirait Bor ) .
Pour le reste , ce sera une autre fois



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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   15.10.16 20:56

Merci bien pour ce nouvel épisode Very Happy

A) L'orge: presque une découverte pour moi! J'ignorais que l'orge pouvait être consommée directement; je la croyais ne servant qu'à la fabrication du malt, de la bière et du whisky!
Citation :
Riche en protéines et en fibre, l'orge peut servir d'accompagnement avec de la viande ou du poisson mais aussi dans une salade.
Code:
http://www.ou-trouver.fr/de-l-orge-biologique-dans-un-magasin-naturalia-a-paris
autres précisions:  http://www.masantenaturelle.com/chroniques/sante/sante_orge.php
Citation :
Le café d'orge, tisane d'orge grillée, est une boisson à base de grains d'orge pilés et torréfiés. Il ne contient par conséquent pas de caféine.
On la consommait en France durant les deux guerres mondiales où elle était un ersatz (rappelant le thé ou le café)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Caf%C3%A9_d%27orge
Autres précisions concernant les céréales, et l'orge en particulier (paragraphe n°4)
http://the-wandering-girl.blogspot.fr/2014/08/tout-savoir-sur-les-cereales-et-les.html
Concernant l'orge http://www.bio-logique.info/alimentation/fiches/orge.htm
Vu tout ce que j'ai lu sur l'orge, je pars en quête de ce produit - pour solutionner quelques soucis digestifs (pommes à outrance, c'est bien mais pas suffisant - peut-être l'orge va m'aider! merci Bakonyi!)
Citation :
Avec son indice glycémique au ras des pâquerettes (orge mondée : IG 25, contre 60 pour l’orge perlé, il ne faut donc pas confondre!), sa richesse en mucilages qui en fait un aliment bienfaisant au niveau du confort digestif et sa richesse en minéraux, l’orge mondé mérite d’être beaucoup plus souvent au menu !

Attention à ne pas confondre l’orge mondé (IG 25) avec l’orge perlé (IG 60) sa « cousine » raffinée par abrasion…
Ne cherchez pas l’orge « complète », demi-complète », etc. Car « complète », c’est l’orge mondée (juste décortiquée), et « blanche » c’est l’orge perlé (raffinée par abrasion pour supprimer tout le son et le germe).
http://www.saines-gourmandises.fr/2013/03/26/lorge-monde-la-cereale-minceur-par-excellence/
donc il faut privilégié l'orge mondé! - reste à le ou la trouvé(e)... --- une piste: http://www.moulindesmoines.com/recherche.html?pagecode=Listingproduit

En français, si « orge » est un mot féminin, en revanche on n’écrit pas « orge mondée » mais « orge mondé » ou « orge perlée » mais « orge perlé »
Pourquoi ? Parce que:
Citation :
Le terme « orge » est apparu dans la langue française écrite au XIIe siècle. C'est une adaptation ancienne du nom latin de la plante, hordeum.
Lorsqu’on se réfère à la plante, l’orge est au féminin, mais lorsqu’on se réfère au grain, il est masculin."
http://www.plantes-et-sante.fr/decouvrir/la-sobre-richesse-de-l-orge

Bon, ben après tout ce "hors sujet" (quoique pouvant éclairer le lecteur et lui être utile autant qu'à moi, noté ici pour m'en souvenir), revenons à nos moutons, dit à coup sûr le berger:
Bakonyi a écrit:
 Un cylindre avec des trous , rempli d'orge , et on tourne ce cylindre au-dessus d'un tas de braises , comme pour rôtir un poulet ou un gigot .
Peut-être quelque chose comme ceci (voir les images - bien qu'ici ce soit du café):
flower Arrow http://champ.delette.free.fr/autrefois/_cafegrille.php _____________ page d'accueil du site: http://champ.delette.free.fr/

B) Le fromage Cantal
Bakonyi a écrit:
 Un ou deux ans plus tard , j'ai eu l'occasion de manger un morceau de cantal ( et il n'était pas volé , mais offert ) qui a eu le premier prix au concours d'Aurillac . Je n'ai plus jamais mangé un cantal de cette qualité !
essaie celui-là http://www.fromagerieaurillac.fr/ ou d'un autre, pourvu qu'il ait le label AOP Wink
Bakonyi a écrit:
 un cantal , dit fourme dans le pays , pèse entre 50 et 70 kilos .
Au départ, j'ai cherché "Fourme", pensant trouvé du Cantal!
et me voilà avec diverses Fourmes dont la "texture" était loin du cantal, notamment = http://www.ambert-tourisme.fr/La-Fourme-d-Ambert
Et pour cause, "Fourme" s'emploie diversement = https://fr.wikipedia.org/wiki/Fourme
Par contre si j'indique Fourme - Cantal, alors c'est magique:
http://www.aop-cantal.com/le-fromage-cantal/une-fourme-aux-caracteristiques-bien-etablies%C2%A0
http://www.fromages-aop-auvergne.com/nos-appellations/aop-cantal/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cantal_(fromage)

C) Bon élève!
Bakonyi a écrit:
J'avais d'assez bonnes notes
Donc tu finis par vite comprendre ce qu'on disait (en géographie, histoire, maths, etc ) en français, mais fus plus long à le parler - normal, c'est plus dur, il faut se souvenir des mots et les reproduire, (re)créer une expression - tandis que comprendre, c'est "juste" prendre ce qui est produit! mais tout de même, l'oral et l'écrit sont souvent bien différents: c'est  extraordinaire - selon moi, de par mes (mauvaises) expériences de langues étrangères - d'avoir pu ainsi s'adapter vite!

D) « rouleau californien »
Bakonyi a écrit:
je faisais un peu de saut en hauteur . A l'époque on sautait en ciseaux . J'étais le premier au collège à « expérimenter «  le rouleau californien . Ce qui me donnait un avantage sur les autres élèves
https://fr.wikipedia.org/wiki/Saut_en_hauteur#Techniques_de_saut_en_hauteur
Ce serait George Horine qui aurait inventé le « rouleau californien » (western roll) ou « rouleau costal » selon https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Horine
Soit c'est vrai, et en Hongrie on adopta vite cette technique; soit Horine s'inspira d'une technique hongroise alors pratiquée
-- si tes connaissances en "rouleau californien" provenaient de ta vie d'avant, de ton vécu d'écolier hongrois!

Ou bien était-ce en France une nouveauté (héritée des Américains venus aidés à la libération de la France) appliquée pour la première fois la même année de ton arrivée dans ton école française, et toi, le plus enthousiaste et le plus doué ?
.
                         
A la prochaine fois cheers merci d'avance  sunny
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   16.10.16 11:43

Tu parles de fourme d'Ambert . C'est un fromage que j'aime bien , mais pas celui que l'on trouve sous plastique dans les supermarchés . Pour manger du bon , il faut l'acheter sur place ( Ambert et les environs ) , Là , on coupe la tranche selon ton désir , l'épaisseur suivant ton désir , devant toi . Il est beaucoup plus sec que celui que tu trouves dans les régions loin du pays . Fourme , parce que c'est la même forme que le  cantal , mais en bien plus petit , bien sûr .
La langue : que veux tu , quand tu es entouré par des personnes qui ne te comprennent pas , tu es obligé d'apprendre la langue . Et tu n'hésites pas de te tromper , parce que tu sais que tu te trompes . Et ,  au moins dans mon cas , on ne se moquait pas de moi , ou peu souvent . Et ces quelques moqueries ne me blessaient pas , au contraire . Ah , il ne faut pas oublier que c'est le prix qu'il faut payer pour apprendre vite , ou du moins assez vite .
La 2° année j'étais noté : orthographe catastrophique , mais grâce aux questions , explication de mots ou expressions , j'arrivais à avoir des notes au dessus de zéro. En "rédaction" je me trouvais au milieu de la classe . Il a fallu que j'attende la 4° année pour être 1° en français . Mais déjà  à la fin de la première année , avec un de mes meilleurs copains , on se disputait la première place de la classe , toutes matières confondues . Et cela a duré pendant quatre ans . Sans me vanter , j'emportais plus souvent la palme que lui .
Le saut en hauteur : En Hongrie , on ne savait rien du rouleau . C'est en voyant au cinéma , dans les actualités , que je me suis dit , il faut que j'apprenne ça . Et ça a marché .

Je change de sujet : je me demande si je dois continuer , parce que la suite n'est que l'histoire d'un gamin , d'un adolescent , comme il y en avait tant . Alors je me demande si ça intéresse quelques personnes .
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   16.10.16 15:04

Bakonyi a écrit:
Et ,  au moins dans mon cas , on ne se moquait pas de moi , ou peu souvent . Et ces quelques moqueries ne me blessaient pas , au contraire .
Tu fus chanceux, ou à l'époque, ou bien dans cet établissement, la tolérance, le respect, avaient un sens concret, n'étaient pas une chimère que l'on quête en vain, même en s'efforçant bien - comme aujourd'hui - partout, à l'école comme dans la vie, à tout âge et quelque soit le niveau social ou culturel!

Adolescent, c'est-à-dire à l'âge qui était le tien - ou même plus tard - dans ton récit, à l'école on apprenait les langues étrangères principalement par l'écrit (version, thème, grammaire, le tout à l'écrit), rares étaient les moments de d'oralité - et certains avec cette technique étrange, réussissaient à comprendre et à s'exprimer lors des séances orales, et se moquaient des autres tant et tant qu'ils finissaient vite par être les seuls à s'exprimer, et ainsi s'imposaient - avec la bénédiction du prof qui ne s'intéressait qu'à eux, et méprisait les autres au point de noter dans le carnet scolaire: "réussi bien en grammaire et en version, manque de volonté pour le thème et est affligeant à l'oral" -- Pourtant que d'efforts je faisais chez moi, passant mes vacances à apprendre des listes de mots et à écouter anglais ou allemand! Résultat zéro, avant comme après; et même pendant, je finissais moi-même par me décourager, sitôt je revenais sur mes pas, pour voir ce qui me restait: j'étais nul en langue et n'avais d'autres choix que de me taire pour ne pas être la cible des jeunes intelligents! Longtemps je sus lire l'anglais et l'allemand, jamais je ne pus les parler, même en immersion complète dans l'un ou l'autre pays, trop craintif des erreurs que je commettrait et du rire qui s'en suivrait! - Et quand il y a dix-quinze ans je me mis au hongrois, je m'en hardis un peu et fus vite balayé par les quelques Hongrois rencontrés; Il n'y a qu'en espagnol, quelque temps plus tôt, après avoir appris tout seul, je réussis à surmonter la peur et allais en Espagne rechercher des livres, et donc négocier en un anglo-espagnol ce que je cherchais: c'est sans doute parce que mu par une détermination obstinée que je réussis là-bas à parler un peu, à faire ralentir l'interlocuteur et à obtenir ce que je voulais: j'étais dans la quarantaine, solide et presque optimiste! ça n'a pas duré longtemps! Et quand je vois certaines émissions tv ou vidéos relatant ce qui se passe dans les classes d'aujourd'hui, ou que j'en ai un écho réel, je me dis qu'au fond à l'école ou dans la vie de tous les jours,quelque soit le pays, donc la langue que tu tente d'acquérir, l'essentiel c'est le parler, qu'importe que tu saches lire ou écrire, l'essentiel c'est savoir baratiner et vaincre les frontières du rire ou du mépris.... Je me souviens avoir lu un jour dans un forum qu'un Belge s'efforçant de parler hongrois en Hongrie, déplorait que le plus souvent on lui répondait en allemand qu'il connaissait à peine!
Ton époque était radieuse - en cette matière - ou bien c'est ta force, ton énergie, ton intelligence ou je ne sais quoi qui te firent te faire respecter et grandir! Pour moi, pourtant fort et déterminé d'un certain point de vue, le social m'a tué - à présent je poursuis seul, juste l'écrit, la lecture, avec la certitude que jamais je ne pourrai m'exprimer ni même comprendre oralement une langue étrangère!! Conclusion qui fut la mienne déjà à ton âge ou un peu plus tard, de ton récit!
Bravo Mec!
Bravo aussi pour ta mémoire du détail!


Bakonyi a écrit:
je me demande si je dois continuer , parce que la suite n'est que l'histoire d'un gamin , d'un adolescent , comme il y en avait tant . Alors je me demande si ça intéresse quelques personnes .
Arrête de te demander si et si ça intéresse quelqu'un!
Tu sais très bien qu'il y a toujours cet abruti et fou de Bor
mais peut-être justement penserais-tu qu'il ne mérite pas tout l'effort que tu te donnes
En ce cas oui, arrête, si tu penses cela!

Sinon, continue!
Cela m'intéresse à plus d'un titre comme ce gamin Bakonyi parvint à se débrouiller dans ce monde étranger, sinon hostile
Outre d'y apprendre ce que fut le lot commun, ce que "tout le monde" a vécu - comme tu dis que plein de gamins furent comme toi (moi, je suis d'un lot batard, et même encore aujourd'hui, pour ce qui est des choses élémentaires de la vie, je me débrouille comme un pied! donc j'aime à apprendre ce qu'est le lot commun!)
j'y apprends ce qui m'a manqué ou ce que furent mes erreurs, même si le contexte fut tout à fait différent

Il y a une quinzaine d'années, déjà, je découvris mes erreurs en un domaine particulier, à travers l'expérience d'un graveur et dessinateur brillant et créatif (Remy Ladoré brièvement évoqué là  Arrow http://centraleasteurope.bbfr.net/t2031-a-quoi-sert-l-art-ou-la-litterature#15829 ) comme j'aurais peut-être pu l'être si je n'en avais pas fait qu'à ma tête, choisissant des voix vouées à l'échec ou plaçant ma volonté là où ce fut pas essentiel, dépensant et épuisant mon énergie à des choses secondaires, ou par excès d'altruisme et de timidité à la fois, me vouant à des choses dont aujourd'hui il n'y a plus la moindre trace! etc
Ce que je dis est banal et sans intérêt -- et d'ailleurs tous ces posts que je fis ici ou ailleurs, qui cela intéressa ? Cela me valut bien plus de jugement négatifs que positifs, que de fois on me prit pour ce que je suis loin d'être, voire pas du tout, des jugements méprisants jusqu'à la haine! Et bien que blessé, en profondeur je gardais la foi, et donc j'ai poursuivis ou repris après un temps d'arrêt, mu par je ne sais quelle envie de partage, ou simplement pour noter ici ou là des choses dont je fus curieux! A croire que j'aime me faire fouetter, cravacher! - Et du fouet, j'en connais un rayon, depuis mon enfance... mais ça ne m'a jamais jusq'ici tué: dommage - pour le bien commun!...
Je ne sais jamais bien m'exprimer, d'autant que je n'indique jamais toutes les données, parmi lesquelles des blessures jamais cicatrisées, bien qu'apparemment surmontées! Et au crépuscule d'une vie ratée socialement - je dis bien socialement, car moi je suis assez fier de mon parcours d'évolution et d'élévation de mon âme et esprit, mais personne ne s'en rend compte ni n'en sait vraiment quelque chose: ne sortent de mes lèvres ou de mes doigts que mousse amère et charbon déjà brûlé, tremblement et bafouillage! Mon antre personnel pourtant garde presque encore son activité de ses vingt ans et se forge encore de beaux calices de savoir et d'émotion - en secret!
Merci donc d'alimenter mon feu intérieur aux multiples plans et directions, Bakonyi ùr, si cela ne te paraît pas trop affligeant de partager ta bonne confiture avec le vieux cochon Bor!
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   16.10.16 16:10



Bon . C'est d'accord . Je vais continuer un peu . Pour toi , pour moi , et peut-être un ou deux autres qui , par curiosité ou par ennuie , lisent ces «  récits «  .
Je reviens sur cette histoire de langues . Le latin ? Une langue formidable ! Malheureusement , j'ai tout oublié , et très vite . Il est vrai que ce n'était pas mon fort . Au lycée on nous apprenait aussi l'allemand . Il ne m'en reste rien . Pourtant l'Autriche qui est un pays où on parle en allemand , et où j'ai vécu un an , était le pays où j'aurai pu apprendre . Mais je ne voulais pas . J'étais réfractaire à cette langue . Dans le camp de Landeck , il y avait des russes . Ma mère , d'origine russe , invitait souvent des russes pour parler sa langue maternelle . Au bout de six mois je pouvais suivre , comprendre une conversation simple . Mais je ne parlais pas , ou si peu . J'ai tout oublié .
Entre 1950 et 56 j'ai travaillé sur des chantiers de montagne dans les Pyrénées . Il y avait beaucoup d'ouvriers , des chefs d'équipe et chefs mineurs espagnoles . Au bout de deux ans je comprenais l'espagnole , mais je ne parlais pas . Je suis devenu craintif , j'avais peur des moqueries .
Et bien sûr , j'ai presque tout oublié .
Et voilà pour les langues . Heureusement il me reste le français . Un peu boiteux , je sais , mais c'est trop tard pour l'améliorer . J'oubliais le hongrois . J'avoue que quand nous allions en vacances là-bas , il me fallait deux trois jours pour retrouver «  le rythme «  .Pour lire mes auteurs préférés , je n'ai pas de soucis .
Je m'arrête , parce que cela ne doit pas intéresser beaucoup de monde .
Pour la suite des « souvenirs » un autre jour .
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   16.10.16 22:46

Merci de continuer!
Continue tant que tu veux et comme tu fais jusqu'ici, dans les limites propres à ta tranquilité; Le jour où tu estimeras ne plus pouvoir t'exprimer, arrête-toi, je comprendrai.

Bakonyi a écrit:
parce que cela ne doit pas intéresser beaucoup de monde .
Cela n'intéresse sûrement pas ceux qui brillent à parler une ou plusieurs langues, et dont on dit qu'ils parlent couramment telle ou telle langue, ou dix langues ou plus; Sauf que ces bons ou beaux parleurs très habiles à échanger avec les autres, sont souvent incultes ou cultivés à minima en matière d'histoire ou de culture du pays dont ils parlent la langue! Ils ont les lauriers de la sociabilité et de l'ouverture d'esprit que je n'aurai jamais: alors même que j'ai toujours approfondi les cultures et l'histoire, mais ne parlant pas ou peu, j'étais rabaissé au niveau zéro, placé dans la catégorie des prétentieux, etc!!  ça fait mal, mais ça ne tue pas!... dès lors qu'on sait se suffire à soi-même, le partage étant impossible, puisqu'il faut d'ABORD parler en langue---!
Le latin, ah! oui, je l'ai étudié aussi, et l'ai malheureusement oublié (bon en version et en grammaire, mais nul en thème)...

Citation :
avec le vieux cochon Bor
(Il me fallut quelques heures avant de réaliser ce qu'une telle expression pouvait signifier aux yeux d'un lecteur non averti) Je pensais à l'animal et revivais mon souvenir de l'école primaire (d'un établissement religieux fréquenté par les enfants de "bonne" famille) qui disposait d'un jardin et d'une écurie - porcherie, et où j'aimais allé aux récréations: aucun autre élève n'y allait aussi souvent que moi, j'aimais regarder les quelques animaux, notamment le cochon, un grand cochon - pour moi qui était alors petit! Et plus tard, ce recours à la compagnie passagère des animaux, qu'ils fussent pigeon, canard ou chien, dans les villes, m'est resté: des canards sauvages qui viennent se dandiner près de mon banc où je lisais sur les bords de Seine, ou tel âne me suivant à travers la forêt des jours de vacances du Jura ou des Pyrénées (je ne sais plus), comme jouant à cache-cache avec moi, et allant jusqu'à m'accompagner à l'orée du bourg, où je peinais à lui faire comprendre qu'il serait en danger s'il continuait à me suivre par la grand'route: voilà des sujets de méditation toujours d'actualité - suis plus sociable avec les animaux qu'avec les hommes ou femmes confondus! -, de beaux souvenirs dont je suis toujours très ému en y repensant, au point d'oublier quelque précaution...
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   26.10.16 16:50


Alors maintenant , c'est à moi de trouver des histoires , des événements dignes d'intérêt pour poursuivre .
Première épreuve , les vacances de Toussaint . Tout le monde se préparait à partir , il ne restera que cinq ou six élèves dans le collège . Je serais bien parti aussi , mais impossible , ma mère était tout pré d'accoucher .
La dernière nuit , grand remue ménage dans les dortoirs . C'étaient les « grands « qui venaient réveiller tout le monde , à grands coups d'oreiller ( polochon en langue de potache ) . Comme la train de Neussargues partait de très bonne heure , à partir de six heures nous étions tranquilles . Et nous entendions les cris des internes au passage du train . Ah ! Oui . J'ai oublié de dire , la ligne de chemin de fer passait juste à coté de la cour de l'école , au dessus d'un mur de soutènement de 3 à 4 mètres de haut . D'ailleurs , avec l'aide d'une échelle ( il y en avait une dans la cour ) , il y avait des copains qui prenaient cette échelle , pour aller « cueillir » des cerises de la ferme voisine ( on peut voir la ferme sur la photo qu'a mis Bort ) . Bien sûr , cela faisait des histoires avec le fermier . Mais notre « parton » n'a jamais fait « d'enquête » , donc jamais de punitions . Comme il fermait les yeux sur des petits larcins , on l'aimait bien « notre patron » .
Donc , vacances de Toussaint . Nous étions cinq , peut-être sept internes à rester . Alors le soir , le directeur nous a réuni . « Voulez vous aller au cinéma ? » J'étais le seul à ne pas vouloir y aller . Je n'avais pas d'argent . Un grand , de 4° année immédiatement m'a dit : je paie ta place .
Le directeur n'était pas d'accord , Il a donné de l'argent « au grand » pour payer ma place .
Le restant des vacances ? A trainer dans la cour , tenter de lire en français , parler avec les autres .
Donc , peu de souvenirs , sauf que c'était assez triste .
Tout s'embrouille , je ne sais pas comment continuer .
Ah ! L'atelier . Je disais que nous avions 20 heures d'atelier par semaine . J'ai commencé par l'ajustage . On nous a désigné une place , devant un étau , on nous a donné une grosse lime et un morceau de fer . Je n'ai pas compris ce qu'il fallait faire , alors j'imitais les autres . Je limais des heures et des heures . Je connais des occupations plus amusantes .
En novembre , à la forge . Je trouvais ça plus amusant , mais parfois plus fatigante .
Puis , la menuiserie . Il me semble que je faisais aussi bien que les autres , mais le prof n'était jamais content . Finalement , un peu de machines outils : étau limeur et tour . Ce n'est qu'à la fin de la 2° année que nous avions le droit à toucher la fraiseuse , et encore , pas tout le monde . Moi , j'avais droit de m'en servir , toujours sous la surveillance du prof .
A la fin de  ces «  stages « , le directeur nous a réuni et nous posait la question : que voulez-vous faire ? Moi , je voulais faire tourneur . Mais le patron m'a dit : pas question , tu es assez fort pour faire de l'ajustage . Dans la soirée il m'appelle et me dit : tu es intelligent , tu ne vas pas passez ta vie devant une machine . Tu apprendras un peu de tout , et tu choisiras après tes études .
Et c'est comme ça que j'ai continuais à pousser la lime , avec plus ou moins de bonheur . Ente temps j'ai appris à tourner et à fraiser . Comme tourneur , j'étais moyen , mais j'étais le meilleur fraiseur du collège .
Oh , je sais tout ça est sans grand intérêt . «  Je remplis «  .
Je n'ai pas grands souvenirs des vacances de Noël et de Pâque , puis arrivent les grandes vacances . Je vais travailler . Au barrage de Chastang , à 8-10 kilomètres d'Argentat . J'apprends à souder à l'arc . J'aimais bien . Je m'y suis mis bien vite . Oh , des soudures simples , bien sur , à plat . Mon « instructeur »était un soudeur espagnol , très gentil , parlant français très bien . Il me montrait des trucs , comment régler le transformateur , souder à la verticale , en montant , en descendant . Au bout de 8 à 10 jours il me laissait seul ; il allait discuter avec ses amis dans l'atelier . Bref , j'étais bien . Sauf la chaleur ! Le coin de la soudure était entouré de rideaux très épais . Pour protéger les yeux des ouvriers travaillant à coté . Les rayons de l'arc sont très nocifs pour les yeux , peuvent rendre aveugle . Alors quand dehors il faisait 30° , dans notre coin il faisait
40° . On s'y habitue plus ou moins . 
Alors , les copains .
Il y avait JR , dit le morpion . Il s'accrochait avec tout le monde ( sauf moi ) , alors quand il était en mauvaise posture , j'allais l'aider . Ah , j'ai oublié de dire qu'il était le plus petit de la classe . Comme il n'était pas costaud , il apprenait le métier de tourneur . C'est avec lui que nous nous disputions la tête de classe . Il était de Périgueux . Il y avait aussi GJ , le « forgeron » . Son père était plus au moins forgeron dans un petit pays du Cantal . Son surnom , c'était « le chat » . Pourquoi , je ne sais plus . J'allais oublier JJ dit « bagnole «  , parce qu'il était un fanatique de voitures . Il bichonnait la camionnette du collège et la voiture du directeur . Mais je dois dire que j'étais en bon terme avec tous les élèves ou presque .
A la prochaine
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   26.10.16 21:33

Merci bien Very Happy
Bakonyi a écrit:
Ah ! L'atelier . (--) j'ai commencé par l'ajustage . On nous a désigné une place , devant un étau , on nous a donné une grosse lime et un morceau de fer . Je n'ai pas compris ce qu'il fallait faire , alors j'imitais les autres . Je limais des heures et  des heures .  
              En novembre , à la forge . Je trouvais ça plus amusant (--) Puis , la menuiserie . (--) Finalement , un peu de machines outils : étau limeur et tour . Ce n'est qu'à la fin de la 2° année que nous avions le droit à toucher la fraiseuse , (--)
héhé! cela m'évoque mon expérience d'atelier au Collège, en 4e (1966-1967) et 3e (1967-1968) au même âge que toi! Je n'ai le souvenir que d'un objet réalisé, sans doute y'en eut d'autres!
Je me souviens qu'à l'atelier du ferronnier, comme à l'atelier de menuiserie, nous devions nous soumettre au préalable à des dessins précis avec cotes, et ensuite seulement réaliser l'objet
donc oui, limer, lime et encore limer une sorte de fer à cheval - la fraiseuse pour ajuster les morceaux entre eux, et le tout sur un socle en bois (avec une bordure disons sculptée avec biseau et lime à bois), réalisé dans l'atelier bois -  pour réaliser un pupitre!
Le dessin industriel m'ennuyait, mais c'est le début indispensable à toute réalisation manuelle! Je n'étais pas le meilleur, mais pas le plus mauvais! Cela m'aurait plu de poursuivre, mais j'avais soif d'apprendre d'autres choses, en maints domaines, ailleurs...
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   28.10.16 21:49

Bakonyi a écrit:

      je dois dire que j'étais en bon terme avec tous les élèves ou presque .  
C'est une chance! Comment as-tu fait ?
- certes tu le montres dans tes textes, mais de nos jours tout cela ne suffirait pas, aurait plus de chance d'être sujet d'embrouilles (d'après ce que je peux lire ou entendre ici et là)
Ou bien c'était l'époque de la tolérance!
- belle époque qui semble appartenir au passé ou en voie de disparition - même s'il faut garder espoir... que ça existe toujours un peu!

ou comme le disait le poète espagnol Jorge Guillén https://fr.wikipedia.org/wiki/Jorge_Guill%C3%A9n
Hay que tener esperanza, pues sin ella no hay vida. Hay que desear la paz y luchar por ella
= Il faut espérer, car sans espérance, il n'y a (pas ou plus) de vie; il faut désirer la paix et lutter pour elle
ce à quoi on peut adjoindre (*) le propos du poète hongrois Illyès Gyula https://fr.wikipedia.org/wiki/Gyula_Illy%C3%A9s
Mégsem hiábavaló harca annak, ki egyre szebbre (jobbra!) tör
= Celui qui tend toujours vers le plus beau (le meilleur!) ne lutte pas en vain



(* Malgré étonnement ou rire, ces citations furent ma signature sous konok1 jadis = http://www.hongrieforum.com/phpbb/viewtopic.php?t=1057&highlight= et j'y crois encore!)
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   01.11.16 12:39

Je ne suis pas bien depuis huit jours . Gros rhume ? ou une suite à la vaccination anti grippe ? Je ne sais pas .
Alors , quelques mots en vitesse .
Tu semble avoir utilisé une fraise à bois . Engin très dangereux . Mais peut-être que depuis mon temps ( 1946-48 ) des protections ont été inventées . La fraiseuse à métaux était moins dangereuse , elle tournait moins vite .
Alors , les copains . Il ne faut pas oublier qu'à ce moment , il n'y avait pratiquement pas d'étrangers . Dans ce collège j'étais le seul ne parlant pas français . Il y avait bien deux élèves ( plus âgés que moi , de trois ans ) qui étaient d'origine polonaise . Les parents venus au début du siècle ( mineurs ) . Mais il ne savaient pas parler en polonais . Il y avait aussi quelques rares italiens , mais dont les parents ont fuient l 'Italie de Mussolini , donc déjà français .
En somme j'étais le seul étranger de l'école . Alors on m'aidait , on me "protégeait " .
Aujourd'hui , la situation est différente . Des réfugiés il y en a partout en grand nombre .
Ah , et peut-être ils se moquaient de moi , mais comme je ne comprenais pas , ça ne me dérangeait pas .
Bref , en 2° année , j'étais " intégré " .
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   22.11.16 14:48

Merci Bakonyi pour ce récit qui me rappelle bien des choses.

La lime pour moi était un outil de torture.

En première année j'avais pris l'option langues modernes. Belgique oblige, nous apprenions le néerlandais. Je n'étais pas doué, mais j'ai quand même réussi l'examen de rattrapage qui m'ouvrait les portes vers la deuxième.
A dix ans je savais déjà que je voulais être électricien, donc l'option technique était une évidence sauf pour mes parents qui ne voulaient pas faire de moi un ouvrier.

J'ai été reversé en deuxième technique et n'ai donc pas appris à limer en première.
Qu'à cela ne tienne, alors que les autres élèves commençaient l'ajustage sur machine, mon prof de mécanique m'a mis une lime bâtarde dans les mains, a serrer dans l'étau devant moi un morceau de fer U en m'intimant d'user les deux côtés en même temps jusqu’à ce qu'il ne reste plus qu'un fer plat. Il contrôlait après chaque heure de cours, avec une réglette, la planéité de mon travail et avec un pied à coulisse sa régularité.
En deuxième nous avions plusieurs ateliers touche à tout, mais hélas pas encore d'électricité et me fallait ronger mon frein en soudure, mécanique et menuiserie.

Comme Bor la évoqué, le dessin technique et les vues en perspectives était un enseignement primordial. Là, j'ai assez vite rattrapé mon retard.

Arrive enfin la troisième et notre première leçon d'atelier électricité. Nous empruntons l'escalier étroit en caillebotis à la file indienne par ordre alphabétique. Je suis le plus petit de la classe, mais aussi le premier par ordre alphabétique. Nous ne sommes pas nombreux, une quinzaine tout au plus et Monsieur P nous fait signe de rester en fille indienne le long des pupitres de l'atelier labo.
Ce prof est un sanguin, nous l'avons déjà entendu enguirlander des élèves lorsque nous passions près de son repère.
Nous sommes là alignés comme des poireaux, il nous regarde, nous passe en revue en commençant par moi et finissant la file il revient vers moi.
Il me regarde avec un léger rictus et fini par me dire en s'assurant que tout le monde entende :
-Tu es sûr de vouloir devenir électricien ?
-Oui Monsieur.
-Plus fort !
-Oui monsieur.
Il se retourne, va jusqu'à l'établi, saisi un outil et me le présente.
-Tiens, quand tu sauras limer, tu seras un bon électricien !

Voila Bakonyi ,
J'espère t'avoir un peu diverti avec ma petite histoire. Sache que ce professeur était un brave type, il venait de l'industrie. Il m'a appris mon métier, mais aussi à garder les pieds sur terre et, une lime entre les mains, à faire de jolis traits croisés.
Zs.
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   23.11.16 10:28

Zsak , tu savais au moins ce qu'il fallait faire . Moi ,je n'ai rien compris de ce que disait le prof . Je ne faisais qu'imiter les autres : limer , limer limer . Je ne savais pas qu'il fallait limer plat . alors je faisais n'importe quoi . Des creux , des bosses . Quand le prof regardait mon " travail " , il secouait la tête , et je me demandais pourquoi .
Ah " les traits croisés " . Ce n'était pas mon fort . Il fallait que je m'applique au maximum pour arriver à un résultat honorable .
Ah , la première année d'atelier ce n'était pas très gai . En plus j'étais nul en menuiserie , guère mieux en forge .
La deuxième année , grand changement . Bien sûr , je comprenais ce que je devais faire , c'était plus facile .
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   24.11.16 0:37

Merci à vous deux pour vos témoignages de jeunes apprentis!

Or donc pour les Damnés de la Lime d'Hier et d'Aujourd'hui,
Conjugaison du verbe "limer" http://www.conjugaison-verbe.fr/conjugaison/verbe/limer.htm

(Presque) tout sur le Limage https://fr.wikipedia.org/wiki/Limage
http://edpi.free.fr/site/documents/construction/usinage/Limage.htm

Une vidéo ancienne
Quelques conseils aux ouvriers - Partie 3 - Façon correcte de limer

Et une autre issue des archives (1996) du département sectoriel industrie de l'AFPA
Usinage - Ebavurer une pièce manuellement
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   26.11.16 18:04


Une deuxième année sans histoire . Je buche , je lis . Le temps passe assez vite . En plus je suis complètement intégré , des copains , des amis , basquet , saut , volley etc . En somme une année sans histoire . J'ai beau chercher des faits dignes d'être racontés , je n'en trouve pas . Mais si , bien sùr . Nous avons un prof d'hitoire-géo féru de latin et de grec . N'ayant pas encore oublié tout mon latin , je suis son élève préféré . Mais ce que je veux raconter , n'a rien à voir .
Composition trimestrielle ( la note de cette composition compte pour moitié du résultat du trimestre ) . Alors le sujet en géo :
Le relief de l'Europe ( sujet vaste )
Un de mes copains a mis sur sa page :
Les montagnes sont hautes , les plaines sont basses .

Le sujet en histoire : La révolution
Le même a répondu :
L'an I
L'an II
L'an III
L'an IV
Et ainsi de suite jusqu'à
L'an XII

Le prof lui a donné 2/20 , en expliquant : Il a pris la peine de recopier le sujet , et écrire quelques lignes .
Voilà pour la deuxième année .

Pendant l'été , je retourne travailler au barrage de Chastang . Comme tuyauteur
Oui , le chantier est d'une assez grande étendue , est parsemé de robinets ' de fourniture d'eau , et il n'y en as jamais assez . Sans parler des tuyaux creuvés , dértuits par les explosions de mines pour creuser dans les rochers les ancrages du barrage . Travail pénible , qui n'a rien à voir avec la soudure à l'arc . Gimper à flanc de montagne en transportant outils et tuyaux , sous un soleil éclatant , ça n'a rien d'amusant .
Et c'est pendant cet été que mon frère nous a rejoint avec sa femme . Moi , j'ai cédé ma chambre «  dans le vide «  et réintégré la cuisine . Il y faisait bien chaud . C'est cet été aussi que j'ai commencé à fumer .
J'étais content d'avance de revoir mon frère . Mais notre rencontre m'a un peu décu . Plus déclats de voix , de disputes ou de projets plus ou moin secrets , comme « au bon vieux temps «  . Fini les grandes rigolades . Mais tout de même quelques bons moments , surtout quand nous étions seuls . Oh , je racontes tout ça , mais cela n'a pas grand intérèt . Lui aussi est venu travailler au barrage . Nous travaillions ensemble , presque toujours . Je me souviens de notre «  chef «  disant : porta la filièra «  . Quand il s'agissait d'une filière pour tuyaux d'un demi pouce , ça allait . Mais grimper sur la montagne avec une filière de deux pouces ou quatre pouces , c'était bien dur par 35° à l'ombre , et en plus il n'y avait pas d'ombre .
J'ajoute encore qu'à l'automne ( j'étais déjà au collège ) , nous avons déménagé . Pas loins , dans la maison à coté . Au rez de chaussée une grande cuisine , une très grande salle et une petite pièce ronde ( à l'angle du batiment il y avain une tour ronde ) qui nous servait de débarras .A l'étage deux pièces normales , et une très grande pièce . Les deux pièces : mon frère avec sa femme , l'autre la mienne , et la grande pour les parents . Dans la petite pièce ronde ma mère a amenagé un coin à elle : Table , chaise des étagères . C'est là qu'elle lisait , tricotait , écrivait . Cet appartement faisait une petite partie d'une grande  résidence avec chapelle privèe ( fermée en hiver , ouverte en été pendant les vacances ) . J'aimais bien ce logement où j'avais une chambre à moi .


Je reviens à Bort
Allons un an plus tard . En troisième , année des examens . La classe a été scindée en deux : ceux qui ne passeront que le CAP et ceux qui passeront le BEI ( brevet d'enseignement industriel ) . Comme la classe comptait 25 élèves , nous étions 11 pour le brevet ; et 14 pour le CAP . D'après nos prof le BEI correspond à peu près au bach technique . Sauf en français , où nous sommes nuls à coté des autres . Par contre , en travaux pratiques nous sommes plus forts .
Cela nous a désorganisé un peu , parce que j'avais des très bon copains dans les CAP aussi .
Je lis beaucoup , j'étudie peu . C'est sans doute le contre-coup de l'année précédente . Le directeur me nomme bibliothécaire . J'en suis bien content , parce que de temps en temps ( trop rarement à mon goût ) il m'appelle dans son bureau et me dit : il y a des sous dans la caisse : vas voir dans les librairie s'il y a des chose intéressantes . Tu me présente la liste , et je choisirai . Cela me permettais de passer quelques après-midi à traîner dans les rues . Une librairie , juste là , à 50-60 mètres du collège . Quand j'ai expliqué pourquoi je venais , le marchand me faisait «  la gueule «  . Après un coup d'oeuil , je suis reparti . Le libraire , en bas de la rue de Paris , était plus aimable , mais me surveillait de pré . Je ne suis pas resté longtemps . Enfin , en haut de la rue , une fois que je me suis expliqué , une dame qui devait être la patronne , m'a dit : faites ce que vous voulez , regarder liser vous avez le temps . Je suis resté une bonne heure . Et j'ai fait ma liste ; Je sais que cette liste comportait l » Le destin de Robert Shannon (Cronine ) et aussi «  Les gosses mènent l'enquete « ou Caïman ( je ne sais plus l'auteur )et aussi ( entre autres )
« Radieuse aurore « ( Jack London ) . Et ma liste a été agrée par le directeur .
Mais cette année est remplie de souvenirs : anecdotes , je faisais le « mur «  , nous avons organisé une fête du collège . Bref , une année bien remplie , au détriment des études .
Je commence par une anecdote-accident , sans conséquance .
Un copain de 3° année , avait un rendez-vous « galant «  le dimanche soir ( c'était en juin , si je me souviens bien ) .
Seulement , comme souvent le samedi ou le dimanche soir , vers 10 heures, le directeur faisait un tour dans les dortoirs , avec sa lampe de poche ; Bien sûr , il a remarqué l'absence du copain . Il questionne , bien entendu , personne ne sais où est Jacques .
Il rentre vers minuit . Nous l'avertissons tout de suite du « pepin » . Il réfléchit un moment , puis il dit : prenez des sabots , des galoches des chaussures , et tapper sur ma tête . Nous tappons , pas trop fort . «  Non ! Tappez fort , très fort ! » Nous suivons ses ordres . Et bientôt il a
une belle bosse sur la tête . Bon ça va arrêtez .
Le lendemain matin , il ne se lève pas . Il dit au surveillant : j'ai mal à la tête et j'ai la tête qui tourne . Rapport au surveillant général , qui transmet au directeur .
Il arrive et questionne : qu'est ce que tu as ?
Monsieur , quand la cloche a sonné pour monter au dortoir , j'étais assis sur le mur ( un mur de soutènement qui séparait la cour de récréation de la rampe d'accès des vehicules à la cour , il devait avoir 2 à 3 mètres de hauteur dans le bas ) . En sautant , je ne sais pas comment j'ai fait , je suis tombé du maivais coté . Et je ne me souviens plus . Quand je me suis réveillé , j'étais seul , tout était noir , pas de lumière . Alors j'ai pris l'échelle pour monter au dortoir .
Le directeur n'est convaincu qu'à moitié : bon , on va voir ça . Vers 11 heures il revient avec le docteur . Le docteur tate se tête , questionne , et déclare : un leger traumatisme cranien . Si demain ça ne va pas mieux , il faut faire de examens plus sérieux .
Bien sûr , le lendemain Jacques courait comme un lapin . L'incident était clos .

A une autre fois pour la suite .
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bor
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   27.11.16 4:22

Merci bien pour cette nouvelle évocation, avec plein d'anecdotes!

Citation :
Pendant l'été , je retourne travailler au barrage de Chastang . Comme tuyauteur
Oui , le chantier est d'une assez grande étendue , est parsemé de robinets ' de fourniture d'eau , et il n'y en as jamais assez . Sans parler des tuyaux creuvés , dértuits par les explosions de mines pour creuser dans les rochers les ancrages du barrage . Travail pénible , qui n'a rien à voir avec la soudure à l'arc . Gimper à flanc de montagne en transportant outils et tuyaux , sous un soleil éclatant , ça n'a rien d'amusant .
http://www.lacorreze.com/regions/barrages/barrage_chastang.htm

https://www.google.fr/search?q=construction+du+barrage+de+Chastang&biw=1920&bih=933&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwib9pmO1cfQAhUnD8AKHWr1DZUQ_AUIBigB

Trop peu d'images et de vidéos sur les conditions de travail des ouvriers lors de ces travaux pharaoniques que furent les barrages!

Pas de vidéos de la construction du barrage de Chastang
mais son évocation à la 7,50 dans celle-ci (où se mêle aussi beaucoup de propagande ou promesse du futur...)
La Construction de Barrages Hydrauliques en Auvergne et en France 1950

Plus illustratif des conditions de travail de l'époque avec cette vidéo: BARRAGE DE SARRANS CONSTRUCTION 1

Pour qui (comme toi) a vécu cette époque, on est loin du compte de la restitution de l'ambiance, des difficultés, etc Embarassed
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Souvenirs (suite)   28.11.16 16:57

Alors la 1° photo concerne le Barrage de Bort . Avec un 5 sur la benne . Je le connais mieux que celui de Chastang . J'ai plusieurs fois était me promener la -haut . Et notre directeur a tenté de nous expliquer les particularité de la construction . C'était le 1° , et je crois le dernier , qui a utilisé ce procédé , que je trouve très original .
Si ça vous intéresse , je vais essayer d'expliquer . Mais d''abord , voyez " blondin " ( pas Antoine mais l'engin de travaux publique ) , et aussi "clinker " ( fabrication du ciment ) . Regardez aussi monorail ( mais pas ceux qui roulent sur le rail , mais ceux suspendus sur le rail ) .
Je ne me sens pas bien , alors ça risque d'être long .
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