Forum sur l'amitié entre les peuples d'Europe Centrale et d'Europe Orientale

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 Széchenyi Zsigmond

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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    03.04.16 15:40

D'accord , mais n'attends pas des prouesses , je serai bien lent . Enfin , petit à petit je vais y arriver . J'avoue , que si je comprend bien , je vais devoir consulter le dico , pour trouver les mots français correspondants , ou
à peu près . Enfin , ou y va , mais je commencerai seulement demain .
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    04.04.16 16:51

Alors , après la citation :

La bête fait parfois front
Ses dents claquent , sa bouche menace
Puis , comme chien battu poursuivi
Par un fouet reposé , hurle et gémit

Cool
Déjà l'animal halète , fatigué
Pas le jeune , bien qu'enfant
Sa proie tant il poursuit
Qu'elle se couche , attendant grâce
A son roi et maitre
Son prisonnier honteux , il le traine


Si j'ai le courage , je vais continuer demain .
Et repose toi si tu es fatigué , Bor
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bor
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    07.04.16 0:01

Merci Bakonyi pour cette suite!
Fin de partie pour le loup


Et pour le final à venir Wink
quand tu pourras, rien ne presse

Hunyadi János https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Hunyadi dont Montaigne dans Les Essais (II, 29) disait "qui l'avoit, en si grande jeunesse et inexperience, rempli d'une si genereuse vigueur de courage, (ayant) eu pour souverain precepteur de vaillance un lievre. »
(Pour illustrer notre héros, j'ose prendre un personnage japonais!)
Code:
http://repertoire-fics-manga.skyrock.com/tags/blXz084oe6Z-Mystere-Suspens.html
Comment donc s'achève le poème ?
Suspense!
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    08.04.16 16:06

Je suis en retard , je sais , mais que veut tu ? Dès que je peux , je reprendrai .
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    11.04.16 16:34

Voilà , un peu plus :

9)
. . . sont miens :
Rend le moi . Toi noble
En cela satisfais mon plaisir
Sur un tel ton il ne fallut
Ni longtemps ou en vain . . .
Etc . . . .


Je vais continuer , mais la suite me parait bien ardu

A bientôt
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bor
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    12.04.16 1:07

Bon, reprenons:

(7) Jank azonban mind nyomon van:
Jank est pourtant sur les traces:
Le, a völgynek, fel, a hegyre,
Vadcsapáson, vízomláson
Veri, vágja, űzi egyre.
Bakonyi a écrit:
Vers la vallée , vers la montagne
Sur les pistes , à travers les cascades
Il frappe , coupe , traque sans cesse .
A vad olykor hátra horkol,
Foga csattog, szája résnyi,
Majd, mint vert eb, kit hevertebb
Ostor üldöz, szűköl és nyí.
Bakonyi a écrit:

La bête fait parfois front
Ses dents claquent , sa bouche menace
Puis , comme chien battu poursuivi
Par un fouet reposé , hurle et gémit

( 8 ) Már az állat piheg, fárad,
Nem az ifju, noha gyermek:
La bête enfin s'arrête, épuisée,
Non pas le jeune garçon, bien qu'enfant:
Martalékát addig űzi
Míg ledobban s vár kegyelmet.
A királyhoz és urához
Rabul vonja, szégyenszemre;
Bakonyi a écrit:
( 8 )
Déjà l'animal halète , fatigué
Pas le jeune , bien qu'enfant
Sa proie tant il poursuit
Qu'elle se couche , attendant grâce
A son roi et maitre
Son prisonnier honteux , il le traine
Szól a vajda: ez nem első!
Szóla Zsigmond: "Istenemre!...
Le voïvode dit: ce n'est le premier!
Zsigmond dit alors: "Par ma foi...

(9) Tartom a just e fiúhoz! _____ que signifie a just ici ? => "je tiens de droit à ce fils (vu piste donnée par czuczor):
Citation :
*JUS
fn. tt. jus-t, tb. ~ok. harm. szr. ~a. v. ~sa. A jog szó helyett országszerte, a nép szájában is közdivatú szó.
"Oh én szegény notárus,
Mit használ a jus?"
Gaal József.
l. JOG.
vu le dictionnaire http://osnyelv.hu/czuczor/
A jog szó helyett országszerte, a nép szájában is közdivatú szó.
= à la place du mot "droit" en général (à travers le pays), dans la bouche du peuple, il y a le mot ---?= közdivatú
"közdivat/ú" n'est pas dans le dictionnaire Eckardt et le dict czuczor propose:
Citation :
KÖZDIVATÚ v. ~DIVATU
(köz-divatú) ösz. mn. Általános szokásban levő. = dans la pratique générale
Közdivatú viselet. Közdivatú szólásmód.

Enyim a fa, az gyümölcse:
Visszakérem. Te kegyelmed
Ebben most már kedvem töltse."
Nem oly hangon volt ez mondva,
Hogy sokáig, vagy hiába...
Így kerűlt Jank Szibinyáni,
Zsigmond király udvarába.
Bakonyi a écrit:
                     
          9)
                                            . . . sont miens :
                        Rend le moi . Toi noble
                        En cela satisfais mon plaisir
                         Sur un tel ton il ne fallut
                        Ni longtemps ou en vain . . .
                             Etc  . . . .
à ce garçon --- je tiens!
L'arbre et son fruit sont miens:
J'en redemande. Que ta miséricorde
En cela à ma volonté s'accorde".
Sur un tel ton il ne fallut
Longtemps ou en vain ---
Et Jank Szibinyáni parut
à la cour du roi Zsigmond.

à par "just", les problèmes sont réglés jusqu'ici
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bor
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    12.04.16 2:33

Reste 2 strophes (en vert, une recherche de sens au mot à mot):

(10) Ott idővel karral s fővel = avec bras et tête avec le temps
Isten után vitte sokra; = après que Dieu eut pris beaucoup
Másszor is még, többször is még = (Másszor = Máskor; egyszer igy, máskor ùgy: tantôt -- tantôt--; comme ci comme ça == vu dict Eckhardt) ça ne colle pas ici! donc peut-être:
d'autres fois encore, souvent encore
ou même autrement, même fréquemment
Járt vadászni farkasokra; = allait chasser les loups
Mint védője a keresztnek, = comme les croix, son protecteur
Megrontója büszke tarnak, = le chauve fier, son corrupteur

Idegen nép hőse is lett
Derék hőse a magyarnak.
Le héros d'un peuple étranger
Devint le vaillant héros des Hongrois

(11) Most is vallják, egyre dallják = à présent (le) témoignent/déclarent/confessent, souvent chantent 
Szerbhon ifjai, leányi, = les fils et filles (de la patrie) Serbe
Guzlicájok hangja mellett: = auprès de la voie des ---
Citation :
GÜZ
am. göz, guz, gusz, gosz. lásd: GOSZ, és GUZ.
GOSZTÁNY
(gyöke: gosz, megegyezni látszik a hellen keaxw [hasítom, széthasítom, szétválasztom; apróra dörzsölöm], héber [elvág, elszakít, elhord, szanszkrit kasz [hasít] szókkal, továbbá a magyar gusz [gusztony], kusz [kusza, kuszál, kusztora] gyökökkel stb.) fn. tt. gosztány-t, tb. ~ok. Heltainál eléforduló régi szó, am. arany szem, arany porond. Oly szép aranyakat, oly szép szemeket és gosztányokat talála a fövenyben. (Heltai M. Kron. 1. R).
Vu que ni le dict Eckhardt, ni le dict Czuczor ne donnent d'indice pour Guzlicájok, reste le web... où l'on trouve la citation du vers qui nous pose problème (ou comment le serpent se mange la queue!); cependant peut-être un indice dans le texte qu'inspire cette citation:

page complète: http://zsirafmagazin.zsiraf.hu/2zsirfKft/Zsiraf/zs2008szept/?Page=24
sinon, c'est le grand mystère! "Guzlicáj" ne donne rien; seul "Guzlicájok" donne:
Code:
https://www.google.fr/search?q=Guzlic%C3%A1j&ie=utf-8&oe=utf-8&gws_rd=cr&ei=ATkMV4TcBYOgPtiEkpgC#q=Guzlic%C3%A1jok&start=0
Ki volt Janko Szibinyáni. = que fut Janko Szibinyáni.

De a magyar ajakon is
Neve, híre általános:
Mert hisz él még... él örökké
A dicső Hunyadi János.
Mais sur les lèvres hongroises
Son nom est aussi ---
Puisque vit encore... et à jamais
Le glorieux Hunyadi János.

bon, à toi de jouer, selon ce que tout cela t'inspire! Wink
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    12.04.16 17:02

Nous sommes bien loin de Széchényi ! Bon . Ce n'est pas grave .
A propos de la traduction , je ne peux pas faire grand chose aujourd'hui . Depuis 14 heures , livraison , coups de téléphone sans arrêt .
Alors , le mot : just . Dans mon enfance on l'employait . Mais depuis , je ne l'ai jamais entendu . C'est sans doute un mot ancien , disparu du dictionnaire . Parce que je ne l'ai jamais entendu , ni lu , nulle part ce mot .
Il veux dire ( souvent avec des suffixes ) : équitable
c'est mon droit
c'est à moi
cela m'échoit

Donc : Je tiens de droit à ce garçon ( comme tu l'as écrit , c'est très bon )

Alors , une explication pour : kegyelmed . En Hongrie , avant guerre ( je ne sais pas si ça existe encore ) , il y avait des mots pour marquer le rang des fonctionnaires et dans le privé aussi d'ailleurs :
tekintetes , nagysàgos , méltosàgos , kegyelmes . Ce dernier , kegyelmes n'était donné qu'aux nobles , ecclésiastiques de haut rang ( archevêque , cardinal ) , et je ne sais plus . Donc kegyelmed = votre kegyelmes ,
votre noblesse , que j'ai raccourci en toi noble .
Je m'arrête pour aujourd'hui

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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    13.04.16 16:49

Voilà . Mais ce n'est pas simple de reprendre chaque fois . Il faut relire , se remettre dans le contexte . Enfin :

10 )
Là bas , avec bras et tête
En suivant Dieu alla loin
D'autres fois souvent
Alla chasser le loup
Comme défenseur de la croix
Déshonorant le fier chauve
Il devint le héros de peuples étrangers aussi
Et vaillant héros des hongrois

11 )
Maintenant proclament et chantent aussi
Les fils et les filles de la Serbie
Accompagnés par la voix des guzlas
Qui était Janko Szibinyàni
Mais sur les lèvres hongroises aussi
Son nom , son renom reconnus de tous
Puisque vit encore . . . et à jamais
Le glorieux Hunyadi Jànos


Voilà , c'est tout ce que je peux faire . Sans doute il y a mieux , mais ce n'est pas à ma porté .
A ce que j'ai compris , tu est un peu dérouté par la construction des phrases hongroise . Alors , tu a fait quelques inversions de mots . Et bien sur , tu ne connais pas ( peut-être ) l'histoire de ce héros des hongrois .
C'était un compagnon d'armes du moine Jean de Capistran . Ils sont morts ensemble , de la peste , après avoir reconquis Belgrade ( à l'époque Nàndorfehérvàr ) , qui était occupé par les turcs .
Ils étaient soutenus par le pape , oh moralement seulement , ils n'ont jamais eu d'aide matériel , d'argent .

Voilà , je crois une bonne chose de faite .

Ah non . Une explication de guzla : petit violon à une seule corde en crin , il était utilisé par le illyriens , surtout pour des chants de gloire .

J'ai fini , et sois indulgent pour mes fautes d'orthographe
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bor
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    15.04.16 18:15

Bakonyi a écrit:
Nous sommes bien loin de Széchényi !
Non puisque c'est sa citation de 3 vers du poème de Arany qui fut le point de départ de cette étude
qui, convenons-en, est une belle image donnée de la Hongrie, en tous les cas d'un Hongrois illustre,
capable de placer à égalité et rendre hommage aux Etrangers autant qu'aux Hongrois!

Merci beaucoup pour tes efforts.
Et quelle chance de conclure par (la découverte d')un instrument de musique, support de poésie:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gusle
https://hu.wikipedia.org/wiki/Guszle

https://www.youtube.com/watch?v=CIO0tLsEysc

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8623236b
La Guzla : ou choix de poésies illyriques, recueillies dans la Dalmatie, la Bosnie, la Croatie et l'Herzégowine / [Prosper Mérimée] -- 1827
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    18.04.16 12:10

Et maintenant Bor , qu'allons nous entreprendre pour " amuser " les visiteurs muets ?
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    18.11.16 17:11

Bien sûr , c'est avec ça que j'aurais dû commencer les récits de chasse .


CSUI
En français on doit prononcer ( je pense ) tchoui . C'est un mot souahéli , langue pratiquée en Afrique de l'est ( Kenya , Tanzani ) , et cela veux dire : panthère .
Ce livre est paru en 1931 , et relate un safari d'octobre 1928 à avril 1929 .

Voilà les avant-propos de Széchenyi .

Nous connaissons deux espèces de "chasseur d'Afrique" . Deux groupes sans commune mesure , parce que , un des groupe est largement majoritaires , en face d'une minorité . Les membres de cette minorité sont sans exception des hommes remarquables , des hommes formidables , qui méritent des louanges .
Ce sont ceux qui n'ont pas écrit de livres .
Jusqu'à ce jour, j'en faisais partie . Jusqu'à ce jour tout le monde m'aimait . On me montrait du doigt : Voilà un homme , qui a chassé en Afrique , et il n'a pas écrit de livre .
Et maintenant c'est fini de la célébrité . Mais à ma décharge , que ce n'est pas un livre que j'écris à présent , c'est seulement mon journal , que je rédigeais sur place , que j'offre au lecteur. Des notes de tous les jours , que je couchais sur les pages d'un cahier tous les soir , à coté du feu de camp , souvent à moitié endormi , pour ne pas mélanger mes souvenirs , pour ne pas les oublier .
Je vous prie de les lire avec l'indulgence que méritent ces pages !
A Budapest , au mois de novembre 1930.
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    22.11.16 2:19

Bakonyi a écrit:
Bien sûr , c'est avec ça que j'aurais dû commencer les récits de chasse .
Mais tu as fort bien commencé par cela, Baratam Wink
Mer 17 Fév - 9:06  Arrow http://centraleasteurope.bbfr.net/t2408-szechenyi-zsigmond#15804
Cependant, cette "deuxième édition" n'est pas inutile, car elle est importante!

Alors te revoilà dans "Csui" ?
Előre köszönöm a te lehet uj fordításokat!
Merci d'avance pour tes éventuels nouvelles traductions!
 
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    23.11.16 11:13

Si tout va bien , je vais mettre encore une journée ,extraite de Csui . Mais encore une journée sans chasse . Et je m'en excuse auprès de mes confrères . Comme vous avez pu constater , l'auteur , grand chasseur , excelle dans les récits
" sans coups de fusil " aussi .
J'espère pouvoir rendre cette page intéressante .
A bientôt ( j'ai peur d'être un peu long )
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    29.12.16 23:09

Je ne sais pas qui a parlé de " supplice de la page blanche " . Et voilà , j'en suis là aussi . Alors , un peu de patience , s'il vous plaît . Je ferai de mon mieux .
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    29.01.17 19:01

La marche

Le 10 mars
Camp dans le lit de Tiba


Je n'ai jamais vécue une histoire semblable à celle d'aujourd'hui , et je souhaite de tout cœur qu'elle ne se renouvelle jamais .
Afrique nous a montré ses dents .
Bien avant le lever du jour nous démontons les tentes , nous prenons le petit déjeuner à la lueur des étoiles , et dès que la lumière se lève , nous partons . D'après les kirongozis ( pisteur , guide de chasse ) nous comptons sur une marche 25 à 30 kilomètres pour atteindre la rivière Tiba . Autrement dit une marche de six-sept heures .
Nous avons quitté le camp en trois groupes . Au milieu marchent les porteurs , une longue fil à la queu leu leu avec Stub ( guide , chasseur blanc ) en tête . De chaque coté , Istvàn
(ami de l'auteur et chasseur également ) et moi ; à une distance de cri du safari ; Nous espérions que quelque gibier , fuyant le safari bruyant , pour l'éviter , passera devant à portée de fusil . Chaque groupe était guidé par un kirongozi , et , bien sûr , tout le monde équipé de deux litres d'eau . Dans nos poches , quelques biscottes et une poignée de raisins secs .
Le temps ne nous aidait pas . Depuis trois jours le ciel nuageux est devenu d'un bleu éclatant , et le soleil pouvait chauffer selon son désir , pas un nuage ne tempérait sa force .
Mais nous avancions assez bien . En plus nous tirions , de loin sur quelque antiloppe ,
sans resultat . Entre temps , pour contre balancer les effets de la chaleur qui nous rendait abruti ,
nous buvions quelques gorgées de notre «  gourde «  . Vers midi , donc après six heures de marche ,
nous avons rejoint le safari qui marchait entre nous deux , et qui montrait déjà des signes de fatigue .
Au départ , le matin , les porteurs se suivaient en rang serré , en une procession , un «  serpent «  où il ne manquait aucune «  dent «  . Mais comme montraient les trous il manquaient quelques porteurs déjà .
Ils ne supportaient pas leur charge alourdi par la chaleur sans pitié , ils se sont arrêtés pour se reposer . Les autres , sans entrain , avançaient en titubant . La sueur coulait de leur front . Les muscles et les tendons de leur cou étaient gonflés , semblaient des grosses cordes ( ils portaient les charges sur le dos , mais aidés par un sangle sur le front , ce qui fait que le poid était supporté par le cou et la tête ) . Ils n'avaient plus une goutte d'eau .
D'après nos calculs , dans une heure , au plus tard , nous devions atteindre le fleuve . Aussi , nous laissons reposer le safari fatigué , nous deux , nous continuons avec nos guides . Nous avons laissé Stub , qu'il redémarre derrière nous , dès que le reste des porteurs arrivent jusqu'ici .
Malheureusement , après deux heures de marche , nous n'apercevons pas ce fleuve tant attendu . Nous aussi , nous étions fatigués . Nous nous sommes allongé sous un arbre , nous avons grignoté nos derniers morceaux de biscottes , et nous avons bu quelques gorgées dans nos gourdes . C'est assez dépité que nous avons constaté qu'il ne restait qu'un demi litre d'eau à chacun . Nous avons transvasé tout notre stock dans une seule gourde , que nous avons accroché sur une branche bien haute , rendant la gourde difficilement accessible . Puis , nous avons essayé de dormir . Mais nous n'avons pu que somnoler , et le résultat fut désastreux : nous rêvions de sources glacées , de rivières frêches dont les eaux ce poursuivaient entre des pierres , de cruches de bière glacée avec de la mousse blanche .
Vers trois heures est arrivé Stub , qui comme un berger , poussait les porteurs épuisés devant lui . Les porteurs , en se plaignant se laissaient tomber à l'ombre de l'arbre , comme des animaux blessés . Même Stub trouvait la chaleur excessive , et c'est avec un à propos qu'il a déclaré : je crois que ce doit être le point le plus chaud d'Afrique . Nous avons commencé à interroger les kirongozis . De leurs réponses plus ou moins compréhensibles , il semblait , que nous étions encore à quatre heures de marche de notre futur camp .
Alors là , c'était une nouvelle inattendue , mais ce n'était plus la peine de réfléchir , de jurer , . Il fallait y arriver coute que coute , sans eau nous ne pouvions pas nous arrêter .
Nous ne laissons qu'un court repos aux hommes . Nous les avons mis debout , en promettant que le camp n'est plus bien loin . Avec le restant de notre eau , en faisant très attention , nous pouvions tenir quatre heures . En se contentant d'une gorgée d'eau par heure . C'est peu , mais en cas extrême , nous pouvions tenir .
Mais ce n'est pas pendant longtemps que nous marchions en ordre . A peine une heure après le départ , les porteurs n'en pouvant plus , se couchaient au pied d'un buisson , la gorge brulante , la bouche sèche , incapables de continuer . L'un ou l'autre recevait une gorgée d'eau , mais nous étions nombreux , et il ne nous restait plus que un ou deux verre d'eau .
Nous avons envoyé Stub avec deux kirongozis en avant , avec des gourdes vides , en disant que dès qu'ils trouverons le lit de la rivière , ils nous ramènent de l'eau .
Après un repos d'une demi heure , allez , de l'avant !
De toute ma vie je n'oublierai pas cette route . Comme si nous étions en fuite devant un ennemi , qui n'était que la soif . Nous marchions , marchions , avec la tête qui tournait , les tempes battantes , et nous ne faisions plus attention aux porteurs qui se couchaient , sans pouvoir avancer . La montre marquait six heures quand notre dernière goutte d'eau a été épuisée , et de notre camp , aucune nouvelle .
Les deux kirongozis marchaient devant nous , sans un mot ,en maintenant toujours le même rythme . Derrière nous il ne restaient que quelques porteurs , qui criaient et priaient en demandant de l'eau . Et en se retournant nous leur disions que : kampi karibu szàna ( le camp est proche ) , c'est tout ce que nous pouvions faire .
La nuit tombe .
La nuit nous couvre de ses ailes sombres , d'une chaleur étouffante , irrespirable .. Comme si avec la disparition de la lumière l'air aussi s'en est allé . Nous suffoquions comme dans un sous-marin échoué au fond de la mer . Un sentiment de peur , que nous n'avons jamais connu , commence à nous envahir
Les deux kirongozis allongent le pas . A travers des buissons munis d'épines , sans chemin , nous avançons . Derrière nous plus personne . Les porteurs , disparus , comme la dernière goutte d'eau dans notre gourde . . . .
Dieu seul sait combien de fois nous posons la question : uapi kampi ? Où est le camp . Mais chaque fois l'accablant , désespérant mbàle ! est la réponse . Loin . Depuis six heures , ce matin . Depuis quatorze heures ils répètent ce mot qui rend fous .
Quasi automatiquement nous répétons chaque minute la question uapi kampi . Nous sommes incapable d'en dire plus avec notre langue qui colle au palais .
Nous marchons comme des saouls . Nous nous sommes saoulé – de soif ! C'est en tout cas une nouvelle .
Mais qu'est ce ? Qu'a dit le kirongozi ?
Karibu ! - Pré !
Peut-être nous avons mal compris ! Nous reposons la question :
Ndio, ndio, kampi karibu ! - Oui, oui le camp est pré !
En un clin d'oeuil notre esprit s'éclaircit . L'ivresse qui envahissait notre cerveau s'envole . Mais rapidement le doute nous envahi de nouveau . Nous demandons à l'autre kirongozi :
Kampi karibu ? - Le camp est pré ?
Mbàle ! - Loin
Ce n'est plus une plaisanterie .
Nous nous arrêtons . Le kirongozi questionné a une crise de colère . C'est en criant , en begayant à cause de la soif qui le fait souffrire , qu'il explique , que ce n'est pas vrai ce que dit l'autre , le camp n'est pas pré , oui il est loin , d'ailleurs ils ne savent pas quand nous y arriverons .
Nous ne savons quoi faire . Nous nous asseyons , nous tentons de nous concerter . Mais nous avons la tête qui tourne , les oreilles qui sifflent . C'est à peine si nous entendons les mots , alors réfléchir ? Les deux kirongozis qui se disputent , je les entend tantôt devant moi , tantôt derrière moi , comme sous l'effet d'une drogue .
Les kirongozis se lèvent , nous aussi nous nous levons avec de difficultés . Nous continuons à marcher . Et comme des automates nous répétons notre question idiote . Leurs réponses sont invariables : l'un dit karibu , l'autre mbalé . C'est caractéristique : ce qu'ils ont déclaré , ils ne lâchent pas , ils ne cèdent pas . De nouveau l'incertitude nous prend à la gorge .
Nous nous arrêtons de nouveau . Les kirongozis demandent des allumettes , c'est avec cet éclairage qu'ils cherchent la trace de Stub qui nous a précédé . Ils ne la trouvent pas . Ils cherchent à quatre-pattes , ils s'engueulent , ils se sont égarés . Ils nous disent de les attendre , ils retournent pour retrouver les traces .
Pendant leur absence nous nous appuyons contre un arbre . Nous n'osons pas nous assoir , pour éviter cette sensation de tête qui tourne . Nous regardons devant nous , en silence . A quel point nous devons avoir la figure idiote , abrutie , heureusement cela restera le secret de la nuit .
Les kirongozis reviennent . Ils ont trouvé la bonne direction . Et nous repartons . Pendant combien de temps nous avons attendu ? Une minute ? Ou bien une heure ? Mais peu nous importe . Nous sommes dans un état de « je m'en foutisme «  qui nous fait du bien . Nous marchons , nos jambes avancent , mais nous n'en avons pas conscience .
Les kirongozis sautent de coté en poussant des cris aigus . Devant nous , avec un grand bruit de buissons écrasés approche quelque chose ; - Kifarou ! Rhinocéros !
Ils nous faut quelques instants avant de réaliser . La communication entre notre cerveau et nos gestes a des «  ratés «  .
C'est Istvàn qui réagi en premier . Il pousse un cri effroyable ( cela détourne parfois le rhinocéros qui attaque ) et tir ver le bruit .
Un instant de silence , puis de nouveau le bruit des branches cassées approche . Mais là , nous tirons sans arrêt , pour accueillir l'intrus , on dirait une mitrailleuse Et il a du courir au devant d'une balle , parce qu'il pousse un cri perçant , et s'en va .
A peine nous repartons , nous nous statufions :
Un tir , un coup de fusil au loin
Fiévreusement nous prenons les armes , et nous répondons en tirant . Puis , en retenant le souffle nous écoutons . C'était peut-être notre imagination qui nous joue un tour .
Mais non ! De nouveau un coup de fusil ! - Le camp !
Le reste semble risible . Mais du moment que je raconte cette journée , je continu pour rendre compte jusqu'au bout . Nous nous sautons au cou , nous dansons en rond , nous nous donnons des grandes claques au dos .
C'est à grands pas , presque en courant que nous finissons la demi heure restante . Après l'euphorie des coups de feu , comme par une coup baguette magique , tous nos maux ont disparus .
Disparu la soif atroce , la fatigue exténuante , partie la sensation de la gorge serrée . Tout d'un coup , nous sentions que nous pourrions continuer à marcher jusqu'au matin . Nous parlions avec bonne humeur , avec la même langue qui était collée au palais et la gorge sèche il y a cinq minutes .
Je n'aurais jamais cru que dans des situations critiques , l'épuisement mental arrive bien avant l'épuisement physique . Aucun doute il n'y a que ce sentiment d'incertitude qui a pu provoquer cette «  dépression «  honteuse . Si nous avions su ce qui nous attend , je suis sûr , toutes ces inquiétudes , ce sentiment de danger , ne serait arrivé .
Nous arrivons au « fleuve «  , qui est complètement à sec . Au milieu du lit , notre lampe à pétrole éclaire comme elle peut , dans un faible rayon elle chasse la nuit . Tout autour , comme les victimes d'une bataille , quelques corps couchés : Stub et ceux qui l'accompagnaient . Ils dorment . C'est à peine une demi heure qu'ils ont tiré pour signaler leur présence , puis épuisés ils se ont endormi de nouveau . Ils ont creusé un trou dans le sable . Au fond de ce trou d'un demi mètre , on aperçoit de l'eau . La lueur de la lampe se reflète dans quelques centimètres d'eau . Nous nous mettons à plat ventre autour du trou , et nous y puisons avec les mains de ce liquide boueux .
On n'entend pas un mot . Seulement le bruit que nous faisons en lampant dans nos mains . Et puis des soupirs . Puis de nouveau le bruit de nos langues dans l'eau des creux de mains .
Nous nous allongeons à coté des autres corps . Ce n'est que maintenant que Stub nous aperçoit . Hello , comment trouvez vous cet endroit ? Je tais notre réponse . Elle ne rehausserai pas le niveau de mon récit .
Nous devons penser aux porteurs . Pour le moment aucun d ' eux n'est arrivé . Nous devons leur envoyer de l'eau , et le plus vite possible . Sans eau jusqu'au matin , peut-être il y aurait des «  dégâts « graves . Nous réveillons les quelques hommes arrivés avec Stub , ils doivent retourner .
Ils obéissent sans enthousiasme . Ils trouvent cette nouvelle marche trop dure , ils ont peur des rhinoceros aussi , mais nous ne pouvons pas lâcher . Nous approfondissons le trou , et nous remplissons toutes les gourdes que nous avons . Nous leur donnons deux fusils , et nous les renvoyons .
Nous , nous restons à coté du trou , dont le fond , petit à petit se rempli d'eau , qui est notre sauveur , qui a mis fin à notre angoisse et incertitude .
Istvan et Stub , comme il convient aux hommes «  morts «  de fatigue , ne tardent pas à s'endormir . Ils ont marché pendant quinze heures , pratiquement sans manger et sans boire , Vraiment le moins qu'ils puissent faire , c'est de dormir . Mais moi , insomniaque depuis l'enfance , plus je suis fatigué moins je peut m'endormir .
Je reste réveillé longtemps sur mon lit de sable frais .
Dans ma tête passent tous les détails de cette longue marche ; mais ils sont déjà tellement « gris «  comme si c'était je ne sais pas quand . Ils s'empressent de disparaître bannis dans l'oubli .
Le silence est interrompu par le bruit de pas . Quelques porteurs arrivent . On entend les bruit des paquets qu'ils laissent tomber dans le sable . Leurs soupirs traduisent leur extrême fatigue , et leur soulagement , et ils se couchent à coté du trou . Ils boivent longtemps . Puis ils s'endorment là sur place .
Le sommeil me fuit toujours .
Encore plusieurs fois des porteurs arrivent , par deux , par trois , en désordre , comme une armée battue , en déroute , en soupirant comme des fantômes , à faire peur .
La lampe au bord du trou commence à faiblir . Comme si elle fermait les yeux .
Puis la flamme s'arrête comme le cœur d'un mourant .
La nuit est pleine de silence .
Le ciel est sans frontière , il n'y a que les étoiles qui essaiment comme des abeilles d' argent .



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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    02.02.17 16:30

Il me semble que l'Afrique n'a pas d'intérêt .
Tant pis .
Je vais , peut-être , parler du pays des maharadjas . Des fastes de l'Inde en 1938 . Autrement dit d'un autre livre de Zsigmond
Je veux parler de NAHAR ( TIGRE ) . Je vais commencer dans quelques jours . Surtout ne vous précipitez pas , si ça ne vous plaît pas , vous me le dites . En plus , cela m'épargnera du travail .
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    08.02.17 6:59

Désolé, je n'avais pas vu ton post (je n'entre dans le forum que lorsque je vois un nouveau post)
- peut-être même avais-je omis ces derniers jours de regarder le forum! Toutes mes excuses!

Bakonyi a écrit:
Il me semble que l'Afrique n'a pas d'intérêt .
Mais si, et là tu nous montre une des difficultés rencontrées dans les expéditions: c'est très intéressant! Merci bien
Sans doute d'autres choses à dire de l'Afrique, de choses vécues par l'auteur, donc poursuit sur l'Afrique - si tu as envie;

Bakonyi a écrit:
Je vais , peut-être , parler du pays des maharadjas . Des fastes de l'Inde en 1938 . Autrement dit d'un autre livre de Zsigmond
Je veux parler de NAHAR ( TIGRE ) ..
Certainement de très intéressants sujets en perspective!
C'est toujours avec plaisir que nous te lisons (même si je suis presque le seul à le dire!)
Donc belle continuation et merci d'avance pour tes traductions à venir
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    08.02.17 10:43

J'ai déjà commencé Nahar , petitement , mais je me souviens d'un passage de Csui qui peut-être curieux , intéressant .
Je vais le chercher .
Un peu de patience .
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bor
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    09.02.17 1:44

Bakonyi a écrit:
je me souviens d'un passage de Csui qui peut-être curieux  , intéressant .
Je vais le chercher .
Un peu de patience .
Ouais! prends ton temps
Comme le vin qui se bonifie avec le temps, il en faut pour accomplir une traduction,
donc de la patience nous en aurons, puisque ton enthousiasme est au zénith!
flower
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    10.02.17 17:05



Le 15.01.1929
Camp Moliba , Massai Reserve


La nuit , j'ai entendu des rugissements de lions , venant de trois à quatre endroits . Stub , mettant de coté son honnèteté , nous réveil en disant : 21 groupes de lions poussent des rugissements . Avant le départ , il exagère , comme d'habitude . Istvàn , qui ce matin comme d'habitude , se sent mieux , est presque enclin à l'écouter : « Vous n'allez pas partir maintenant , avec tous ces lions autour de nous ! Vous n'avez rien du tout , juste un peu de fièvre ! Même pas la peine d''en parler ! « 
Vous pouvez dire ce que vous voulez . J 'ai donné l'ordre de démonter le camp .
Pendant que l'on charge nos affaires , je fais un tour , et je tir deux gazelles de Thomson . Et puis je graimpe sur le camion , chargé plus que de raison , en disant adieu à cette région sauvage , inoubliable , que la malchance nous oblige à quitter .
Nous sommes obligés de laisser la grande partie de nos hommes . Il n'y a pas de place , en plus de nous trois , il y a le chauffeur , le cuisinier , les deux hommes de confience , les deux porteur de fusil et l'homme mordu par la panthère . En plus toutes nos affaires personnelles , les tentes et toutes les affaires de cuisine . Istvàn assis à coté du conducteur , Stub et moi de chaque coté sur les marche-pied , les autres se cramponnent sur les bagages .
Nous sommes parti à dix heures et demi , et c'est à huit heures du soir que nous sommes arrivé à Narok , sans rien manger . Une longue route , avec des «  aventures «  , épuisante pour pauvre Istvàn fiévreux , et qui était épuisé . Ne sachant pas la durée de notre trajet , nous ne voulions pas perdre du temps pour un arrêt repas . Mais prenons les choses dans l'ordre : en quittant notre camp « Moliba «  , pendant deux heures nous roulions sans encombres . Nous suivons une vieille piste , à peine visible . Par moment , nous perdions les traces , et là nous avancions au hasard , à l'aide d'une vieille carte et une boussole , en luttant , à travers les buissons d'épineux , en descendant en montant . A la chaleur du soleil s'ajoutait la chaleur du moteur qui peinait à travers ces endroits sans chemin .
Tout d'un coup , le cuisinier , qui a trouvé place tout au sommet des bagages cri : - Simba huko – là-bas le lion !
Grand branle bas de combat . Le camion freine , nous nous efforçons de mettre la main sur les fusils au fond des bagages .
Sur le coté , dans une forêt clairsemée, un par un apparaissent sept lions . Ils marchent lentement ; s'arrêtent de temps en temps , et surveillent le camion ..
Stub crie , donne des ordres , bave , comme un capitaine corsaire qui dirige un abordage . Tout le monde y passe , le chauffeur , le porte fusil , Istvàn , qui en pyjama bleu ciel , avec le mal de tête , tremble de fièvre sur le siège, ne sachant que faire : descendre du camion , tirer depuis le siège , tirer celui-là ou l'autre , parce que tout le monde cri , et tous les avis sont différents .
Les lions sont à peu pré à 150 pas , eux non plus ne savent pas quoi faire .
Stub hurle : celui là , le grand mâle à crinière .
Mais moi je ne vois pas de crinière , je ne vois que des femelles . L'une d'elles , belle maman lion de couleur claire s'arrête en travers . Istvàn , en appuyant son fusil sur la fenêtre ouverte du camion , tire . A coté .
Dehors ! Sortez de ce camion , hurle Sub .
Pauvre Istvàn descend . En titubant , en pantoufles , se met à coté d'un arbre , et tire encore deux fois . Sans toucher la lionne .
Mais avec 40° de fièvre , il est impossible de chasser ! Comment viser quand le monde entier tourne autour de lui . Je ne peux pas exprimer à quel point je plains mon compagnon , qui a la figure rouge de fièvre , en claquent des dents , se met en colère contre son insuccès . Et les lions aussi , pourquoi juste maintenant , quand la maladie l'a rendu incapable de viser .
Nous regrimpons sur le camion , et en ultime essai , nous faisons un grand détour , pour tenter de retrouver les lions . Mais notre manœuvre echoue , pourtant nous fouillons sur une grande suface .
Nous abandonnons les recherches , nous retournons pour retrouver notre chemin d'origine . Et là , en regardant sur le coté , j'aperçois une tête de lion , au pied d'un arbre . Entre nous et lui , il y a un ravin avec des buissons . Le temps d'arrêter le camion , la broussaille cache le lion .
Istvàn descend de nouveau , et c'est avec des pas incertains qu'il s'approche du ravin . De là , en faisant doucement , il lève la tête : il voit le lion , sa tête et son cou .
Le coup de feu d'Istvàn retenti .
Avec un cri étouffé , le lion fait un grand bond , et disparaît dans les buissons . Istvàn tient à peine debout à cause de la fièvre . Il se couche à l'ombre , épuisé .
Tous les deux , avec Stub , nous partons derrière le lion blessé . A peine quelques pas plus loin , il est là , sans vie . Nous ne l'avons pas vu de loin à cause des hautes herbes .
Enfin ! Après beaucoup de malchances , c'est fait . Istvàn a tiré son premier lion . Dans la vie d'un chasseur , c'est un moment mémorable . Quel dommage que la malaria rend ce moment encore plus mémorable .
Après avoir récupéré la peau , nous regrimpons sur le camion , et continuons notre route . A l'approche de la vallée de la rivière Mara , les environs sont de plus en plus agréables . Les arbres clairsemés deviennent une véritable forêt . Nous avons beaucoup de mal à traverser certains passages , à cause d'arbres tombés en travers de notre route .
Nous traversons une clairière , quand ceux qui sont sur les bagages crient : csui :
panthère .
Les fusils , cette fois-ci sont à portée de la main . Nous sautons du camion .
La panthère n'est pas loin . C'est à cinquante soixante pas qu 'il montre son «
«  manteau tacheté «  . Il est aplati , il tente de s'en aller dans les hautes herbes , sans se laisser voir .
Je pourrais le tirer facilement , mais c'est au tour d'Istvàn . Mais il ne la voit pas . Enfin il l'aperçoit . Il vise , et tire . La panthère démarre en vitesse , disparaît , on l'aperçoit de place en place , son corps allongé sautant les buissons , on dirait une flèche . Je tire deux fois , mais pas de chance , elle s'en tire sans blessure .
Un travail pénible nous attend . Pour avancer , nous devons couper des arbres . Nous partons à pieds pour chercher un passage . Après beaucoup de maux , nous avançons à travers des buissons pleins d'épines , qui nous égratignent la figure , les jambes , les mains , et nos vêtements déjà mal en point .
Le temps de sortir de la forêt , le soir tombe . Par chance , nous tombons sur une vieille piste laissée par un camion .
C'est dans une nuit glacée , avec beaucoup de vent , que nous apercevons quelques lumières qui nous signalent Narok . Nous nous arrêtons en dehors des habitations , nous déchargeons le camion , et pendant que les hommes installent ke campement , j'amène Istvàn chez le docteur . En dehors des huttes , il n'y a que quatre constructions . Mais pas cote à cote , séparées les unes des autres . Chacune sur une colline différente . Bien entendu , la maison du docteur , c'est la dernière . On ne peut y accéder avec le camion , c'est une forteresse entourée d'un mur fait de branchages d'épineux . En butant à chaque pas dans le noir , je fais le tour du «  mur «  avant de trouver la porte . Elle est fermée . Je grimpe par-dessus pour entrer . Des chiens en colère me barrent la route . C'est à peine si j'arrive à me défendre à coups de bâton . Mais au moins , ils font beaucoup de bruits , et font bouger les occupants . Avec une lampe à la main , apparaît une silouette féminine : la femme du docteur . Je lui explique ma démarche .Elle nous reçoit très aimablement , et chasse les chiens .
Nous aidons Istvàn et l'homme mordu par la panthère à entrer . Tous les deux tremblent de froid , c'est la fièvre . Nous entrons dans une pièce agréable , un feu crépite joyeusement dans la cheminé . On couche Istvàn sur un canapé , on lui apporte du thé . Le docteur n'est pas à la maison , il là bas sur l'autre colline , chez le chef de «  district «  , faire une partie de cartes , on est parti le chercher . Pendant que nous l'attendons , arrive Stub . Nous sommes sals , les vêtements plus ou moins déchirés , mal rasés , on dirait des bandits . C'est à peine si nous osons nous assoir dans les fauteuils , pour manger ce que nous apporte la maitresse de maison .
La femme du docteur , une anglaise d'une quarantaine d'années , séchée par le soleil des tropiques , nous entretien des conditions de son existence . Elle nous raconte que cela fait trois ans qu'elle habite dans ce trou perdu . Qu'elle hait cet endroit , et qu'elle attend avec impatience
que son mari soit déplacé . Qu'avant cet endroit ils vivaient à Hong-Kong , et que là-bas c'était mieux . Il y avait la poste , cinéma ,des amies , des réunions . Mais ici à part elle , il n'y a pas de femme blanche . Pour aller à Nairobi il y a une journée de voiture , et c'est seulement en profitant d'une voiture passant par hasard , qu'elle peut y arriver . Que depuis six mois elle n'a pas bougée de là , au moins pour aller chez un coiffeur , ses cheveux pendent sur les épaules . . .


-------------------------------------------------

La suite prochainement

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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    12.02.17 2:46

Merci pour ce nouvel épisode
cette fois on entre dans le vif de la chasse - bilan du jour:
deux gazelles (pour la viande, sans doute) et un lion (pour la peau) sont tués!
C'est dur tout de même! Enfin... cela aurait pu être pire: la panthère a eu chaud!
Et le tout pour finir sur une"gazelle" hôtesse qui aspire au cinéma ,des amies , des réunions... et n'a que la brousse!

Citation :
gazelles de Thomson
La Gazelle de Thomson , Swala tomi en Swahili, est une espèce de gazelle de la famille des bovidés.
Elle tient son nom de celui de l'explorateur écossais Joseph Thomson. Elle est également appelée Thommie.
vu https://fr.wikipedia.org/wiki/Gazelle_de_Thomson

Voir aussi http://www.lemondedukenya.com/Fiche_anim-1-21.html

On en apprend des choses avec cet auteur! Very Happy

Bon, et bien prêt pour la suite ou un autre épisode!
bon courage pour la trad'
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    15.02.17 13:17

Bon , tu n'es pas un chasseur Bor . Moi, je l'ai été . Oh , je ne tirais pas souvent . Mais j'avais un , voir deux fusils .
Une carabine à répétition , avec lunette viseur . Avec cet arme je n'ai jamais tiré ( si , l'isard , mais c'est tout ) .
Et regardes la date : janvier 1929 . A ce moment , il y avaient encore des tâches blanches sur la carte d'Afrique :
du coté du Sahara , dans la forêt du Congo , vers le Rwvenzori ( que du temps des pharaons et de la guerre de Troie on nommait les Montagnes de la Lune ) . Et comme je l'ai déjà dit , les anglais avaient instauré un règlement limitant les tueries , que nous les français nous n'avons jamais fait , à ma connaissance .
Je suis bien contant que la majeur partie de la faune , d'Afrique ou d'ailleurs , soit protégée . Pas assez à mon avis , il y aura toujours des braconniers , aussi longtemps qu'ils pourront vendre leur " marchandise " . Tout le mal vient de là , je pense . De ces ventes légales ou au " noir " . Et comment arrêter tout ça ? La question est là aujourd'hui , Bor .
Sitting Bull disait : quand les blancs auront coupé tous les arbres , auront pêché tous les poissons , auront tué tous les animaux , ils s'apercevront que l'argent , ça ne se mange pas .

Bon , je vais tenter de continuer ma traduction .
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