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 Széchenyi Zsigmond

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bor
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MessageSujet: Széchenyi Zsigmond    01.02.16 23:17

Széchenyi Zsigmond (1898 - 1967) https://hu.wikipedia.org/wiki/Sz%C3%A9chenyi_Zsigmond
Rien en français sur les écrits de ce grand chasseur célèbre en Hongrie, ni même sur l'homme et ses aventures!
Si donc l'on pouvait nous éclairer... Merci

Gr Széchenyi Zsigmond Pályarajz egy vadász íróról


Széchenyi Zsigmond nyomában
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    02.02.16 17:44

J'ai regardé les deux vidéos . La qualité est assez mauvaise .
Le premier c'est un peu les deux livres qui parlent de ses chasses en Hongrie , depuis son enfance jusqu'à la fin de la guerre : Ahogy elkezdödött ( Le commencement ) et Ünnepnapok ( Jours de fête ) .
Par moment , le narrateur cite des passages de ces livres .
Il est resté en Hongrie pendant l'occupation russe , en disant Zsiga ( diminutif de Zsigmond ) ne fui pas . Il a fait quelques mois de prison ( parce que noble , comte ) , il a été interdit de séjour à Budapest . Il a travaillé pendant un certain temps comme bibliothécaire au château de Keszthely . C'est là qu'il a connu sa deuxième femme , La première étant anglaise , est retourné en Angleterre dès le début de la guerre . Lui , il était trop hongrois pour quitter son pays en guerre , il ne voulait pas "fuir " .

Je parlerai de l'autre vidéo une autre fois . Parce que ça ne représente pas du tout ça conception de la chasse .
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Bakonyi
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MessageSujet: Suite   02.02.16 19:06

Oui ,il y a une suite .
Pendant la bataille de Budapest , en janvier 1945 , le musée d'histoire naturelle a brulé . La maison de Zsigmond ,
où ses trophées était gardés , a brule .
Alors quelques années plus tard , le gouvernement communiste l'a chargé d'organiser un safari en Afrique , pour tenter de regarnir le musée rebâti . Il a fait deux safaris , payés par le gouvernement qui l'a emprisonné après guerre . Retournement de situation . Son talent et son savoir-faire enfin reconnus .
Il est décédé d'un cancer à la gorge trois mois après son retour d'Afrique .
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bor
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    02.02.16 20:52

Merci pour les précisions biographiques.

J'aimerais que tu évoques les écrits de Széchenyi Zsigmond
afin de comprendre ce qui le caractérise par rapport à d'autres
Je suppose qu'il y explique sa passion, ses chasses, ce qu'il ressentait, etc

-----------------------
à l'image du grand chef cuisinier Benoît Violier qui "racontait sa passion de la chasse en montagne, sa prudence et son goût de la vie" dans un interview récent (extraits pour expliquer mes désirs au sujet de Széchenyi Z et montrer aussi ce que peut être un chasseur):
Code:
http://www.tdg.ch/vivre/gastronomie/La-nature-c-est-le-seul-endroit-ou-je-ne-pense-plus-a-la-cuisine/story/23314140
Citation :
(--) «Certains chasseurs affirment que là où passent les chamois, les hommes passent aussi. Ce n’est pas mon avis, car, dans la montagne, si tu veux te flinguer, tu n’as qu’à faire le malin, choisir l’imprudence. La montagne te corrige. Heureusement que Brigitte [sa femme] ne voit pas dans quels endroits je passe.» Il est allé chercher loin les pentes vertigineuses et se mesurer au «sale temps». En 2013, il partait donc au Tadjikistan traquer le mouflon Marco Polo.
(--) il racontait les rivières aux profondeurs inconnues pourtant traversées, la chute du cheval – «mon meilleur copain au fil des jours, là-haut!» – dans les eaux puissantes, mais la chance qui fait qu’il s’en sortit, les vents glacés et la neige de biais dans le visage, les pentes vertigineuses et caillouteuses, interminables. «On montait, puis on montait, et on montait encore. Je n’ai jamais autant marché. On faisait de longs sentiers à pied, le cheval nous suivait, parfois le guide me poussait au cul pour que j’avance. Jusqu’aux neiges éternelles. Quand le brouillard s’est levé et que j’ai vu 250 femelles Marco Polo, j’ai eu les larmes aux yeux.»
(--) Il voulait vivre pour voir plus haut, sous le mont Lénine et ses 7000 m, les mâles Marco Polo, funambules de la taille d’un cerf aux cornes d’altesses royales. «Je voulais tirer un vieux mâle qui n’en avait plus pour longtemps à vivre. Et j’étais prêt à ne pas tirer plutôt que de sacrifier un jeune. De toute manière, de plus en plus, le tir pour moi devient secondaire. Un jour je ne tirerai plus, comme mon père qui était juste heureux de voir les animaux, de les approcher, de savoir les trouver.»
(--) Benoît a tiré son vieux Marco Polo. Puis il l’a vidé et dépouillé. Les guides, une fois redescendus à leurs yourtes après une longue marche, ont amené la viande à leurs familles. Benoît a allumé un feu, et «cuisiné deux filets mignons avec fleur de sel, mignonnettes et herbes de Provence». Il a ramené son trophée. «Mais je m’en fous, de mon trophée, il est chez ma mère en Charente, je ne le montre à personne.» Il voulait encore et encore vivre les montagnes. «Monter dans les mélèzes jaunes en octobre ou novembre, voir le jour se lever quand le givre est là, c’est fabuleux. Je n’ai plus qu’une envie, alors, c’est débusquer un animal, mais pas pour le tirer, pour l’avoir rencontré. Quand je mets mon béret, quand je prends mon sac à dos, je suis un autre. Ou peut-être vraiment moi. La nature, c’est le seul endroit où je tire le rideau, où je ne pense plus ni à la cuisine ni au restaurant.»
(--) De son voyage en Asie centrale, que lui restait-il vraiment, dans le fond? Il avait répondu, le regard dans le vague. «Le souvenir de gens croisés là-bas qui n’ont rien et te donnent tout. Une courge devant chaque maison. Je me demandais d’où venaient ces courges. Mes godasses, mes chemises, j’ai tout offert, toute ma valise à mon guide. La saveur de l’aventure, les vallées interminables. J’ai envie de transmettre ma passion de la nature à des jeunes. J’ai l’âge pour ça.»
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Bakonyi
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MessageSujet: Szechenyi    05.02.16 17:25

Oui , c'est un peu tout ce que tu dis .
Ce qui le différencie des autres récits de chasse , c'est que c'est un VRAI écrivain . Un style un peu à part . Les mots toujours justes . Les récits de chasse , souvent au présent , sont vifs , vivants . Ses descriptions , Le Caire , Nairobi , sont nostalgiques , parfois empreintes d'une certaine tristesse .
Il parle des autochtones , leurs qualités , leurs défauts . Des vicissitudes et des joies d'un chasseur blanc dans les terres sauvages . N'oublions pas que ses récits décrivent ses chasses , voyage , entre 1925 et 1935 .
Quand il y est retourné , envoyé par le gouvernement , il parle d' " Afrique dénaturée " .
Mais la chasse est partout dénaturée . C'est devenue , souvent , un commerce .
J'ai traduit quelques passages de ses livres ( des extraits très courts ) . Un jour je vais en mettre sur le Forum .
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bor
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    06.02.16 7:54

Bakonyi a écrit:

J'ai traduit quelques passages de ses livres ( des extraits très courts ) . Un jour je vais en mettre sur le Forum .
Ah tant mieux! car c'est difficile de trouver des textes de cet auteur!
https://hu.wikipedia.org/wiki/Sz%C3%A9chenyi_Zsigmond#M.C5.B1vei

à l'instant je n'ai trouvé que "Csui!..." en pdf dans cette page:
https://www.google.fr/search?q=Csui!...&ie=utf-8&oe=utf-8&gws_rd=cr&ei=wHa1Vq_yIIe4aqLbs9AF#q=%22Csui!...%22+Sz%C3%A9chenyi+Zsigmond

mais j'aurais bien essayé de lire "Denaturált Afrika" dont on ne trouve que des compte-rendus de lecture...
je préfère le texte d'un écrivain à tout commentateur, qui complexifie l'écriture en interprétant plus ou moins justement! (je le sais d'expérience pour chaque oeuvre d'écrivain hongrois étudiée)
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MessageSujet: A lire    07.02.16 11:17

Ces livres les plus célebres , et pour moi les meilleurs sont : Csui , Ahogy elkezdödött , Ünnepnapok .
Dénaturàlt Afrika , je le trouve bien plus faible que ceux cités , plus faible que Alaszkàban vadàsztam ou Nahàr ou même que Hengergö homok .
Mais bien sur , tout le monde est libre .
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bor
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    08.02.16 2:44

Bakonyi a écrit:
Ces livres les plus célebres , pour moi les meilleurs sont : Csui , Ahogy elkezdödött , Ünnepnapok .
Rendben (= ok), je note!

Pour reprendre l'exemple de Benoît Violier à la fois chasseur et cuisinier
Citation :
le chef a élaboré 30 nouvelles recettes de gibier à poil et 50 de gibier à plumes : « On ne confit plus, on ne marine presque plus, on ne dénature plus. Et on adapte l’apprêt non seulement au type de gibier, mais aussi à son âge ». Dans l’assiette, cela donne du daim grillé comme du bœuf, des viandes cuites sur carcasse et des sauces réalisées à base de jus de viande et de vinaigre balsamique. L’intensité de saveurs s’en trouve accrue, la pureté et la légèreté aussi. (--) Benoît Violier emmène à tour de rôle tous les membres de sa brigade chasser avec lui. (--) l’approvisionnement du restaurant est assuré par 18 groupes de chasseurs suisses, autrichiens et britanniques.
Code:
http://www.bilan.ch/luxe/benoit-violier-un-chef-sachant-chasser

que  faisait Széchenyi Zsigmond du produit de ses chasses  ?
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MessageSujet: Trophées   08.02.16 12:14

Il y a deux cas :
Chasses en Afrique : Il gardait les trophées , la viande servait à nourrir les membres du safari ( chasseurs , guides , porteurs ) , quelque fois les autochtones du coin .

Chasses comme invité dans des battues organisées sur des grandes propriétés : la "viande" revenait au propriétaire , qui revendait le petit gibier ( lièvres , faisans , perdrix ou canards sauvages ) .

Quand il chassait sur ses propriétés , la viande servait à alimenter la maisonnée , et les ouvriers qui travaillaient les terres .

En un mot , le gibier ne lui rapportait pas d'argent . D'ailleurs sa richesse s'est épuisée petit à petit au couers des années . A cause de ses expéditions de chasse , n'étant jamais sur ses terres , c'est son frère et son père qui géraient les domaines , avec plus ou moins de réussite . Je ne crois pas me tromper en disant que son premier mariage était un mariage pour "renflouer" ses finances . Il est vrai que ses écrits lui rapportaient un peu d'argent .
Mais tu sais , avant guerre ses livres ne se vendaient pas beaucoup . Ce n'est qu'après les années 60-65 que c'est devenu "une rente " pour lui , n'ayant plus de terres , enlevées par le régime .
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    11.02.16 12:27

Dans la forêt
Décembre 1933



Offrande


Mon campement se cache quelque part dans dans la forêt impénétrable , pas loin de la rivière Tana . Je suis le seul blanc dans ce camp , nous nous sommes séparés de mon compagnon de chasse depuis quelques jours . Jusqu'à présent , c'est ensemble que nous courions derrière les éléphants . Que chacun tente sa chance seul . Et nous sommes partis chacun de notre coté , , vers des contrées inconnus , en disant que nous allons nous retrouver ici , dans deux semaines , là au pied de ce piton rocheux visible de loin .
Il ait encore presque nuit , quand Makula , le pisteur d'éléphant entre en catimini dans ma tente . Je suis réveillé , mais je fais semblant de dormir . Makula d'une voix à peine audible commence à me réveiller , mais comme je ne réagis pas , il répète une dizaine de fois , de plus en plus fort : Ondoka , Bwana ! ( réveilles toi Monsieur ) .
Dans sa main il montre deux ou trois minces bâtonnets d'environ d'un demi mètre . Ils sont les mesures exactes des traces des éléphants qu'il a rencontré pendant ses recherches de la veille , des signes probants qu'il y a des éléphants aux grandes dents dans les environs . Les traces de moins d'un demi mètre ne nous intéressent pas . Nous cherchons des dents qui pèsent au moins un demi quintal , et les éléphants porteurs de grandes dents ont des grands pieds .
Mais pourquoi se presser de la sorte ? Il fait à peine gris dehors , et les hyènes n'ont pas fini de ricaner .
J'écoute tous les mots de la longue et mystérieuse explication de Makula , sans comprendre le moindre mot . Il parle en wakamba , le vieux , et moi je ne pipe rien . Ce n'est pas les traducteurs qui manquent , seulement ils parlent tous en même temps , et chacun a sa propre explication du discours de Makula . Ils se disputent , en colère , chacun défend « sa traduction » .
Je n'aime pas ces disputes matinales . A jeun c'est une vraie épreuve de patience . A la fin , nous finissons par nous comprendre :
L'an dernier il y a eu un « accident » dans les environs. Un très bon ami de Makula , Pilipili , qui chassait l'éléphant avec des flèches empoisonnées , a été tué par un éléphant blessé .
Nous l'avons enterré par là , au bord de la forêt – dit il – mais si tu lui amène à manger , il va se venger en nous aidant à tuer un grand éléphant .
Je lui réponds que je suis prêt à lui laisser tout mon déjeuner , mais il doit vraiment nous aider pour la chasse .
Pilipili ne demande pas grand chose dit Makula , mais tu dois lui donner un peu de tout . Il faut que tu amènes un peu de tout ce que tu mangeras ce matin , même une gorgée de ton thé , tu ne manges rien d'autre que ce que tu partages avec Pilipili .
Il est toujours conseillé de suivre les coutumes et les superstitions des indigènes . Même si ces « cérémonies » n'apportent pas les résultats escomptés , si on ne les écoute pas , cela les contrarie , et cela se ressent dans leurs comportements .
Donc , j'ai suivi exactement les instructions du vieux sorcier . Au levé du jour , nous étions déjà là , atour d'un baobab plusieurs fois centenaire , là où se trouvait , soit disant , la tombe du chasseur d'éléphant inconnu . Makula , après avoir enlevé les feuilles et branches mortes de la tombe , bien nettoyé l'emplacement , a dressé la table sur la tombe . Il a mis deux grandes feuilles brillantes sur la terre , c'est sur elles qu'il a servi le repas . Sur une , il a mis une cuillerée de semoule bouillie , un petit morceau de viande de zèbre séchée : les restants de son repas du matin . Sur l'autre , une demi sardine , quelques miettes de biscottes , une pincée de sucre en poudre , le tout arrosé avec du thé apporté dans une tasse .
Seulement , après le repas , Pilipili , le pauvre chasseur défunt , aimait bien un peu de tabac . Alors Makula a pris une pincée de tabac à priser dans son étui à tabac fait avec une corne d'antilope , et l'a placé à coté du petit tas de semoule . Il m'encourageait fortement de faire comme lui . Alors moi aussi , j'ai posé une cigarette et trois allumettes sur la feuille , à coté de la sardine . N'ayant qu'une boite d'allumette , je l'ai gardée , et je ma demande comment fera - t - il pour allumer la cigarette . Mais qui sait ? Peut-être il n'aime pas les cigarettes .
Pour finir , Makula prend une flèche empoisonné dans son carquois , et la plante à coté du « petit déjeuner » .
Pendant toute cette cérémonie , sans arrêt il parle avec son ami , mais ce qu'ils disent restera un mystère pour moi . Je ne comprends pas un mot . J'espère que ce n'est pas moi qu'ils injurient , parce que j'ai osé pénétrer sur leur terrain de chasse , qui est leur propriété depuis des millénaires .
Après cette cérémonie , en ayant confiance dans l'aide de celui à qui nous avons offert un repas , le cœur léger , nous partons chasser l'éléphant .


*

Et apparemment la sardine a atteint son but , parce que , pas ce jour-là , mais le troisième jour , j'ai effectivement tué un grand éléphant . Il est possible aussi que c'était la cigarette , Elle venait de Hongrie , c'était un mélange extra de tabacs turcs .
Mon compagnon , chasseur noir , qui se repose au pied du baobab , je te remercie pour ta collaboration .


-------------------------------------------------------------------------------------------

En voilà un petit extrait des écrits de Széchenyi . J'espère que cela vous a intéressé .
Ah , n'oublier pas que nous somme en 1933 , donc la colonisation est à peine terminée . Et il restait encore des taches noires sur les cartes , des endroits à découvrir . Peut-être pas en Afrique , mais en Asie , en Amérique du Sud et en Pacifique ( Bornéo ) surement .
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    11.02.16 15:25

Köszönöm szépen (merci beaucoup) pour cet extrait de Elefántország (le pays des éléphants) publié en 1934

A défaut d'avoir encore trouvé le texte, un aperçu du livre
http://img.alexandra.hu/images/szechenyi.pdf.


Basketball si tu as d'autres extraits de ce livre ou d'un autre de Szechenyi, n'hésite pas, nous le lirions avec intérêt
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MessageSujet: Chasse ?   11.02.16 16:40

Oui , effectivement c'est un extrait de Elefàntorszàg .
D'accord , je vais mettre d'autres textes , mais j'en ai pas beaucoup .
Par quoi commencer ? Descriptions , chasses , sorcier ?
Bor , tu n'es pas le seul qui fréquente le forum . Il y a cinq minutes il y avait 11 visiteurs . Eux aussi peuvent exprimer une opinion . Ou poser des questions sur la Hongrie . Ils sont peut-être trop timides ?
Alors , dis moi par quoi commencer ? D'ailleurs , peut importe , demain je continue . Je ferai mon choix peut-être , si personne ne se manifeste .
A demain , si je ne suis pas trop bousculé par mon aide-ménagère . C'est son jour .
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    12.02.16 6:47

Bakonyi a écrit:
visiteurs . Eux aussi peuvent exprimer une opinion . Ou poser des questions sur la Hongrie . Ils sont peut-être trop timides ?
oui, ils sont très timides... scratch Pourtant on les attend. Ils sont bienvenus! sunny

Bakonyi a écrit:
 par quoi commencer ?
Comme il vous plaira - mon cher  
As You Like it - my dear
flower
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MessageSujet: Buffles   12.02.16 12:57

Ce matin je vais vous amener à la chasse : la chasse aux buffles . Je crois que c'est un chapitre de "Elefàntorszàg "


Buff & Rhino Camp
Embu
Le 2 janvier 1934

Une journée à buffles

                      Mon coq chante toutes les cinq minutes , pourtant il n'y a aucun signe que le jour va se lever .
                       C'est un coq exceptionnellement impatient ; à trois heures du matin il commence à annoncer le jour , pourtant , ici , à coté de l'Equateur , même les étoiles restent allumées jusqu'à cinq  heures du matin . Si ce coq continu comme ça , il va vite se retrouver dans la casserole , pourtant il ne voyage pas avec moi pour ça . J'ai une douzaine de poules aussi , et en cas de besoin , c'est parmi elles que j'en fais cuire une  . J'ai amené le coq uniquement pour l'amusement de ces poules condamnées à  mort .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                
                        Mais il ne me laisse pas tranquille .Chaque fois que je m'assoupis , il cri de nouveau , et en même temps il se secoue tellement fort , qu'il manque de crever le toit de ma tente .
C'est sa place préférée pour la nuit . Il se prend pour une girouette .      
                         Enfin , après bien des efforts inutiles  , il a fini par faire venir l'aube . Il parade fièrement la-haut sur le piquet de la tente ,comme si l'arrivée de la lumière  n'était dû qu'à ses  cris  d'impatience . – Tu vois – me dit-il en langage de volaille – la lumière va arriver  . Sans moi , tu aurais attendu le jour pendant des heures encore .
                          Tu peux me parler . Tu finiras  quand même dans la casserole  .
                           L'aube a commencé son travail difficilement   , mais il va de plus en plus vite .  Les collines se dégagent petit à petit , de la plus petite , et plus proche , vers les plus lointaines et plus hautes , en un amphithéâtre fantastique ,  qui joue avec les couleurs , depuis le vert proche , jusqu'au gris lointain ,  en une gamme complète .
                            C'est là-haut , sur cette colline , encore grise , que je veux grimper . De là , il y a une vue sur cinq , six kilomètres à la ronde , on peut voir tout le gibier . Hier , en fin d'après-midi , aussi , j'étais assis là-bas , je cherchais des buffles , mais je n'en ai vu aucun .
                             En allongeant le pas , on peut y arriver en une heure et demi . Le paysage est « ouvert » , on peut voir loin , tout autour . Il y a beaucoup d'herbes , parfois assez hautes , et quelques buissons , assez bas pour pouvoir voir par dessus , dans toutes les directions . Aujourd'hui , l'air est particulièrement transparent , pas de nuages  , le ciel est clair . Dans cet éclairage du matin , les neiges du mont Kenya , teintées de rose ,  semblent tellement proches , que l'on croit pouvoir les toucher , monter dessus en un rien de temps . Pourtant c'est à plus de cent kilomètres d'ici , et il fait plus de cinq milles mètres de haut .
                               Pendant le trajet , je ne vois pas beaucoup de gibier . Un troupeau de zèbres semble tout noir , ces animaux noirs et blancs , sont effectivement  noirs à cause du soleil qui se lève derrière eux .  Les étalons dominants hennissent , on dirait plutôt qu'ils aboient , ils semblent vérifier les présents du troupeau , est ce qu'il n'en manque pas ? Pendant la nuit , dans le noir , peut- être il y a eu des victimes des griffes des lions , qui ont prélevé leur « dû » dans le troupeau de ces magnifiques animaux .
                                Mais , tiens ! ? Qu'est il arrivé à ce zèbre qui traîne en boitillant à l'arrière des autres ?
                                 Je prends mes jumelles , mais à cause du soleil qui vient en face , je ne peux pas le voir clairement . Ce n'est que quand il s'éloigne , que je vois l'énorme blessure écarlate sur une de ses cuisses : la trace épouvantable laissée par les griffes du lion qui a manqué sa proie .
                                  Il se recouche déjà , la pauvre bête  doit souffrir énormément . Apparemment il s'est levé à mon approche . Et c'est sans doute lui que les étalons encourageaient avec leurs hennissements .
                                  Je m'approche , et avec une balle je mets fin à ses souffrances . Bien qu'il a échappé aux griffes du lion , sa blessure profonde l'a condamné à mourir dans des souffrances atroces .
                              C'est une tragédie de tous les jours sur les terres des lions . Mais malheureusement ce n'est pas tous les jours qu'il y a  la balle de délivrance . La balle qui lui évitera  une longue agonie , même s'il a réussi à sortir des griffes meurtrières du lion .
                               Le temps d'arriver en haut de la colline , le soleil avec beaucoup de zèle , inonde le paysage de ses rayons aveuglants .  Ses rayons glissent sur les pentes tissées de toiles d'araignée , qui  avec la rosée deviennent un tapis argenté , et  brillent comme si c'était de la gelée blanche .  
                                Je m'installe , je me met à l'aise , je prend les jumelles et je commence à inspecter le terrain tout autour de moi . Pour commencer , je fais des portions , que je vais « fouiller » , une par une .
                                Et quand j'ai fait le tour avec mes jumelles , j'ai vu tellement de gibier qu'il me semble qu'ils se sont donné rendez-vous sous ma colline . Des troupeaux de gazelles , d'antilopes , de différentes espèces , des troupeaux de zèbres de centaines de bêtes  colorent la plaine . Et là , juste en bas , une  »forêt »  de têtes de girafes : j'en compte  quarante deux . Des taches noires qui bougent par ci par là : des autruches mâles . Sur le flanc de la colline d'en face , tout un troupeau de phacochères fouille la terre , cherchant des racines . Eh bien , et ces masses grises qui semblent des blocs de rocher ?  Huit rhinocéros .
                                 Je suis assis dans une loge , unique spectateur de cette représentation matinale de cette nature paradisiaque . Mais je suis un spectateur non invité  . Un homme carnassier  guettant sa proie .
                               Mais je dois faire taire mon meilleur moi  . Parce que au loin , là bas au bord de la forêt , je vois des bêtes noires , de la grandeur d'un hanneton : un grand troupeau de buffles .
                               Je suis un chasseur ; à la vue du gibier abattu , même si c'est une biche , je ne pleure pas ; je n'ai pas la gorge serrée en entendant les pleurs du lièvre dont une patte a été cassée par un plomb .
                               Par contre , en ce moment ,en quittant ma loge gratuite que la nature m'a offerte , pour déclarer la guerre à ce troupeau de buffles , on dirait que j'agis à contre cœur . Est-il permis de déranger avec le bruit de détonation d'une carabine cette paix parfaite , cette parade matinale ?  Salir cet air pur avec l'odeur du sang ?
                                           _______________________

                                  Je peux résister presque à tout , sauf – à la tentation . Donc , je suis en route vers les buffles .  
                                  Ils broutent sur un terrain un peu en pente , avec de l'herbe qui arrive aux genoux , parsemée de quelques buissons qui arrivent à peine à hauteur de la poitrine . Ils doivent êtres cent cinquante : des mâles , des femelles et des veaux , tous mélangés . Il occupe toute la pente , ce troupeau noir . Ils broutent dans l'herbe haute . C'est en me cachant dans cette herbe que je compte les approcher .
                                   Ils se déplacent en s'en allant . Je crois que les quatre cinq derniers , les plus proches de moi , sont des vieux mâles , c'est cette arrière garde que j'aimerai « tirer » , d'abord avec mon appareil de photos , puis avec la carabine .
                                    La direction du vent est favorable , les hautes herbes m'aidant , bientôt je suis assez proche du troupeau pour entendre le grommellement caractéristique des buffles .
                                    Je lève la tête avec précaution .
                                    A peine à un jet de pierre , je vois trois derrières noirs de   buffle . J'entends le bruit des queues qui chassent les mouches de leur flanc . Ils doivent êtres les mâles de l'arrière garde . Seulement leurs têtes sont cachées par l'herbe qu'ils broutent , et je ne peux qu'imaginer leurs cornes que je pense êtres énormes . J'hésite , je ne sais quoi faire .
                                   Pendant que j'allonge le cou , que je me pose des questions ,dans une main l'appareil de photo armé , dans l'autre main la carabine armée  –  c'est à ce moment qu'arrive , ce  que tous les chasseurs  redoutent , et connaissent  , le léger vent sur la nuque , le baiser de Judas : le changement de direction du vent .
                                   Je me mets à l'abri des hautes herbes . Quoi que je ne vois rien , je sais ce qui va se passer . Je sais que les buffles se sont aperçu de ma présence , encore quelques instants critiques , puis , ou ils s'enfuient , ou – ils viendront voir de plus près . . .
                                   Mais comme je n'entends pas  leur fuite, petit à petit je lève la tête . . .
                                   Une vingtaines de grosses têtes ,avec des cornes acérées me regardent , et derrière,en silence , comme des esprits , de plus en plus de cornes apparaissent .
                                   Ils m'aperçoivent – et ils arrivent – l'appareil de photo fait entendre un clic , puis en vitesse je tire dans la poitrine du mâle le plus proche . Il tombe à genoux en râlant , mais il est déjà debout de nouveau , il reçoit une deuxième balle , ça lui suffit .
                                   Les autres s'arrêtent . Ma carabine tonne de nouveau , un autre mâle , touché à la base du cou , s'effondre , et ne bouge plus . C'en est trop pour les autres , ils font demi tour et le troupeau s'en va au galop .
                                   Comme ils font demi tour , je tire encore un mâle qui me semblait beau , mais il est entraîné par le reste du troupeau . Grand bruit de sabots , nuage de poussière , tout le troupeau disparaît dans un vallon .
                                   Je cours derrière , je monte sur une colline , je les vois s'enfuir , ils sont à portée de la carabine , mais ils sont tellement serrés, et ils soulèvent un tel nuage de poussière , que je ne peux pas utiliser ma carabine , que j'ai rechargée en courant .  
                                     Ah , voilà un qui reste en arrière ! Il s'arrête , il reste sur place , il hésite , il laisse pendre sa tête comme s'il était blessé – sans doute le troisième buffle que j'ai tiré au moment de leur fuite . Je cours pour m'en approcher , il m'aperçoit , il lève la tête , et reprenant ses forces   , me fait face , et il me charge . Deux balles envoyées dans sa poitrine ,  c'est terminé .
                                     Le troupeau galope dans le vallon , en dehors de la portée de la carabine .
La terre  tremble sous leurs sabots , comme quand un train rapide traverse un pont en fer et il « fume » tellement , que  je ne peux voir  que la tête du troupeau , le reste disparaît dans un nuage de poussière .
                                     Je n'ai jamais tiré trois buffles dans un troupeau . Encore moins quatre . Parce que après avoir regardé et apprécié le troisième , en revenant vers les deux premiers , je me trouve nez à nez avec un quatrième , bien plus beau que les autres . Pourquoi est-t-il revenu ? Peut-être pour aider ses camarades blessés , ou bien pour les venger ?
                                     Lui aussi , je l'ai tiré , deux fois : d'abord avec mon kodak , puis avec la carabine . Cela fait que en quelques minutes , mes quatre buffles étaient là , étendus , dans un rayon d'une centaine de mètres .
                                      Je n'ai jamais été partisan de massacres sans nécessité . Je ne suis pas un « viandard » , un boucher . Mais la chasse aux buffles est tout autre chose . C'est une chasse exceptionnelle . Je n'ai pas honte d'avouer que la chasse aux buffle est la seule dont je ne me lasserai jamais . Et tout cas pas avant longtemps .
                                       Pour cette chasse , et surtout pour faire les photos , j'ai été aidé par un ami anglais , qui se tenait derrière moi , avec sa carabine  prêt à intervenir en cas de réel danger . Heureusement , il n'a pas dû intervenir .
                                      Sans un ami calme , réfléchi , bon tireur , il n'est pas conseillé de photographier des buffles . En tout cas , moi , j'éviterai : j'aurai trop peur qu'il arrive quelque chose  
. . . .  à mon appareil de photo .
                                      L'après-midi était bien entamé quand nous avons fini de couper les têtes des quatre buffles . Nous n'avions que trois hommes avec nous , ce qui rendait impossible de ramener les quatre têtes jusqu'au camp . Donc , nous avons choisi un arbre suffisamment grand et haut , pour mettre les trophées à l'abri d'éventuels lions ou hyènes , qui passeraient dans les parages .
                                     Seulement mettre à bonne hauteur quatre têtes d'une quarantaine de kilos , avec seulement une corde , ce n'est pas un travail facile . Cela nous a demandé un temps  considérable .
                                      Pendant notre travail , une des têtes est tombée , j'ai eu juste le temps de faire un saut de coté . Il faut faire attention avec les buffles , même sa tête coupée peut être mortelle .
                                    En rentrant nous marchions dans un parc zoologique : tout autour de nous le gibier bougeait . Quelques troupeaux nous attendaient à portée de fusil . Comme nous approchions , au fur et à mesure ils ouvraient un passage , ils s'écartaient comme nous avancions  , et derrière nous petit à petit , notre «  chemin » se refermait . Sans crainte , d'innombrable paires d'yeux nous regardaient , aucun ne prenait conscience de la boucherie qui venait de se passer à peu de distance . Leur appétit n'était pas déragé pour si peu .
                                  Il n'y a que le troupeau de buffles sauvages qui est sorti de notre vue . Sûrement ils s'enfuient encore . Ils vont se cacher a l'autre bout de la terre , ils leur manque le fleuron du troupeau : les quatre plus beaux mâles .
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        J'espère que vous n'êtes pas trop déçus . A plus tard .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    12.02.16 23:53

La foule t'applaudit et en redemande!  
(tömeg vagyok)
http://www.demotivalo.net//pic/1324054560.7735-mass-f.jpg
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MessageSujet: Csui   17.02.16 12:06

Juste une petite suite . La première page de son premier livre . Mais je vais continuer plus tard.


Csui

En français on doit prononcer ( je pense ) tchoui . C'est un mot souahéli , langue pratiquée en Afrique de l'est ( Kenya , Tanzani ) , et cela veux dire : panthère .
Ce livre est paru en 1931 , et relate un safari d'octobre 1928 à avril 1929 .

Voilà les avant-propos de Széchenyi .

Nous connaissons deux espèces de "chasseur d'Afrique" . Deux groupes sans commune mesure , parce que , un des groupe est largement majoritaires , en face d'une minorité . Les membres de cette minorité sont sans exception des hommes remarquables , des hommes formidables , qui méritent des louanges .
Ce sont ceux qui n'ont pas écrit de livres .
Jusqu'à ce jour, j'en faisais partie . Jusqu'à ce jour tout le monde m'aimait . On me montrait du doigt : Voilà un homme , qui a chassé en Afrique , et il n'a pas écrit de livre .
Et maintenant c'est fini de la célébrité . Mais à ma décharge , que ce n'est pas un livre que j'écris à présent , c'est seulement mon journal , que je rédigeais sur place , que j'offre au lecteur. Des notes de tous les jours , que je couchais sur les pages d'un cahier tous les soir , à coté du feu de camp , souvent à moitié endormi , pour ne pas mélanger mes souvenirs , pour ne pas les oublier .
Je vous prie de les lire avec l'indulgence que méritent ces pages !
A Budapest , au mois de novembre 1930.
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    18.02.16 6:41

Alors c'est parti pour des extraits de CSUI! - merci d'avance

Avec une carte:
http://www.vadaszkonyv.com/wp-content/uploads/2012/09/szechenyi-csui-t%C3%A9rk%C3%A9p.png
vu:
http://www.vadaszkonyv.com/grof-szechenyi-zsigmond-csui-1940-masodik-kiadas/
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MessageSujet: Explication    18.02.16 11:35



Bor , tu as parlé d'Elefàntorszàg . Comme je l'ai dit , oui , c'était un extrait de ce livre . Il y a une explication .
Ce livre , au départ , a été écrit par Széchenyi , et édité en anglais . Mais ce livre , en anglais , était un journal comme Csui , en hongrois . Alors il l'a réécrit en hongrois . Mais en hongrois ce ne sont que des extraits du livre anglais . Parce que il dit , dans Csui il y a beaucoup de détails qu'il ne voulait pas répéter , pour pas ennuyer le lecteur . Il ne voulait pas recommencer à parler des occupations quotidiennes du soir : pansements des bobos qui ne veulent pas guérir , rafistoler les habits déchirés par les épines , ses passages à l'hôpital ( une fois une piqûre d'araignée , une autre fois des ennuies de digestion ) , parler des infirmières , des autres malades etc. . . Donc cette version hongroise est plus ramassée , condensée , il ne parle que des choses qu'il n'a pas déjà écrite dans Csui .
Ce qui fait que j'ai traduit des passages de Elefàntorszàg . Mais pas seulement . Je mettrai des extraits de Csui , de Alaszkàban vadàsztam et Hengergö homok . Il faut seulement que je trouve dans quel ordre je les placerai . Alors , à bientôt .

Cet aprèm je mettrai un peu de Csui
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MessageSujet: Nairobi   18.02.16 17:24

En voilà

Le 14 janvier 1929
The New Stanley Hotel




Nairobi


Il y a des nuits où par la fenêtre ouverte de ma chambre , j'entends hurler les hyènes qui vagabondent dans les ruelles étroites parmi les ruines de cabanes abandonnées .
Entendre ces cris dans une chambre d'hôtel en pleine ville , je trouve cela inhabituel . Il paraît que l'on peut entendre souvent , si le vent vient du bon coté , les cris , les hurlements , des lions qui maraudent a Athi Plains . Je dois avouer que moi , je n'en ai pas encore entendu de ces cris , mais le journal local évoque souvent ces lions qui approchent de la ville . L'autre jour j'ai lu la nouvelle : « Another lion in town «  .
Une ville comme ça , bâtie dans la brousse , une ville développée au pas de charge , devenue une « île civilisée », jusqu'à un certain degré , reste toujours du toc , un genre de postiche .
Elle a un goût de théâtre . Elle n'a pas de traditions , elle s'est faite trop vite , elle n'est pas le produit de la terre nourricière , on l'a fait pousser de force , comme les plantes dans les serres . Une ville comme ça , reste toujours une parvenue , comme un fournisseur d'armement après une guerre . Elle montre la plus grande diversité , la plus disparates .
Le client de l'hôtel , dans sa chambre avec salle de bain , dans son lit importé de France , est réveillé par les ricanements des hyènes , et plus d'une fois , sous son oreiller recouvert de baptiste d'une blancheur de neige , il trouve un scorpion . . .
Les notables de la région se rendent visite en Rolls-Royce . Mais la carabine chargée est toujours là, à coté du chauffeur , parce qu'il n'est pas rare qu'un rhinocéros soit en travers de la route .
Des milliers d'animaux sauvages , dans une tranquillité paradisiaque , broutent de ce coté ci de la ville , comme ils font depuis des millénaires . Et de l'autre coté , il y a des matchs de polo . Et là , dans des tribunes luxueuses , des dames entourées d'odeurs de Chanel , se montrent les derniers modèles des haut-couturiers parisiens . . .
. . . Un petit camion , usé , plein de boue , arrive devant un magasin d'alimentation dans la rue principale . Il est chargé d'oeufs frais , de fruits , de légumes ; Au volant se tient une jolie , jeune dame , vêtue de pantalons et d'une chemise d'homme , la jeune épouse d'un farmer de la région . Elle saute du camion , décharge les cageots de produits, elle empoche l'argent que lui doit le commerçant , et se remet derrière le volant . Elle se repoudre , remet du rouge à lèvres , allume une cigarette , et ressort de la ville à grand fracas . . .
Des exemples semblables , je pourrais en raconter un plein livre .
Et alors la rue ! La grande rue . Là où on croise des filles nues , habillées seulement de quelques rangs de perles , mais aussi des très distinguées dames anglaises habillées à la dernière mode , des guerriers massais avec leur lance , habillés de peaux , et aussi de véritables très élégants dandys . Et bien sur , toutes les variantes entre ces extrêmes . Il y a là une femme noire , pieds nus , qui a enfilé sa robe en soie bon marché à l'envers , mais aussi la dame autochtone , avec bas en soie , souliers à talon haut , portant des mitaines en résille de coton et chapeau à voilette , et l'anneau en cuivre qui pend à travers sa narine . Il y a des dandys en souliers jaunes , sans chaussettes , et aussi , parfois sans pantalons mais avec un chapeau tout neuf de couleur vert vif , avec une cigarette allumée dans un fume cigarette en verre de toutes les couleurs qu'il tient fièrement au coin de ses lèvres . On peut voir aussi celui qui se contente d'un chapeau en paille , d'une cravate écarlate , le restant de ses habits, il les a oublié chez lui .
Mais on voit d'authentiques , de vrais , de sérieux , guerriers autochtones aussi : vakamba , vanyamwezi , kikuyu , massaï , meru , kavirondo . Des guerriers de belle stature , robustes , bien bâtis , certains sont tatoués , et qui sont peints en rouge ou de différentes couleurs , à la peau d'ébène ou cuivrée . Ils portent des lances ou des arcs , et ils ont tous des ornements : bracelets , colliers , boucles d'oreille et autres accessoires .
Cette rue principale , on dirait une revue de théâtre bariolée. Mais il y a beaucoup plus de tragédies que de comédies .
Parce que n'es-t-il pas tragique ce guerrier avec sa lance ? Ce fils dont les pères , autrefois étaient des guerriers redoutable , qui courbe l'échine , et dont le pied glisse sur l'asphalte quand il saute de coté devant une voiture qui klaxonne ? Celui qui dans sa confusion , avec humilité lève son regard vers son parent « civilisé » qui règle la circulation , qui debout sur son estrade , porte uniforme et montre de poche , et qui l'apostrophe vivement s'il ose s'arrêter sur la chaussée . Pourtant c'est le même avec qui ils se sont élevé dans la même case quelque part du coté du lac Natron . Et où , certaines nuits , en se serrant , en étant aux aguets , ils écoutaient le rugissement des lions et les cris de guerre de leurs pères pendant les combats !
Que sont-ils devenus ?
Au coin de la rue se tiennent des guerriers , à la figure sombre , s'appuyant sur leur lance , et observent silencieusement le tourbillon de la circulation . Et il me semble que sur chaque figure fatiguée , mais fière , je peux lire la même question :
« Que sommes nous devenus ? »


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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    19.02.16 0:27

D'abord un grand merci! C'est très intéressant.
D'autant qu'avec Csui, je peux consulter la version hongroise (seul texte jusqu'ici trouvé sur le web):
Code:
https://www.google.fr/search?q=Csui!...&ie=utf-8&oe=utf-8&gws_rd=cr&ei=wHa1Vq_yIIe4aqLbs9AF#q=%22Csui!...%22+Sz%C3%A9chenyi+Zsigmond
donc apprendre de toi à mieux traduire - et présentement me remettre en selle du hongrois auquel je n'ai plus touché depuis quelques mois (occupé par le dessin que j'ai essayé de reprendre après 10 ans consacrés exclusivement à la langue et culture hongroises)!

Bakonyi a écrit:
 Le 14 janvier 1929 The New Stanley Hotel Nairobi
Dans le pdf ci-dessus noté, je retrouve le texte hongrois correspondant à la page 95
sous "Jan. 24-én, Nairobi, The New Stanley Hotel"

Et voici la fin de ce "chapitre" que je viens d'esquisser:

Citation :
J'ai fait la connaissance aujourd'hui de  Jack Lucy, un célèbre chasseur professionnel. Voilà vingt ans qu'il vit ici, exerçant depuis lors le métier de "chasseur blanc". C'est pour jouer au tennis ! qu'il m'avait invité dans son domaine, lequel est pourvu d'une belle maison, d'un jardin  fleuri et ombragé, d'un court de tennis, d'une aimable épouse et d'une fille belle  - autant dire toutes les qualités d'un gentleman bien installé.
C'était ma première visite dans le «quartier résidentiel» de Nairobi. Situé à l'extérieur de la ville, à flanc de montagne, villas et jardins plus beaux les uns des autres le caractérise.  La plupart des gens vivant là ne fréquentent la ville chaude et poussiéreuse que pour leur fonction. Spendides arbres exotiques, pelouses vertes, bosquets de fleurs ornent les lieux ; tondeuses et arroseurs sont les outils des jardiniers noirs ; de magnifiques automobiles circulent sur des allées gravillonnées. On oublie vraiment là qu'on est à la chasse au lion !
  Demain matin, j'irai à la ferme de Stub, là où j'ai tiré le lion en Décembre. Qui sait, pour à nouveau réussir !
(mise à jour suite observations post suivant)

Tu peux me corriger si tu veux Very Happy

Et merci d'avance pour d'autres extraits de "Csui" sunny
Bakonyi a écrit:
dans Csui il y a beaucoup  de détails (--) des occupations quotidiennes du soir : pansements des bobos qui ne veulent pas guérir  , rafistoler les habits déchirés par les épines , ses passages à l'hôpital  ( une fois une piqûre  d'araignée , une autre fois des ennuies de digestion ) , parler des infirmières , des autres malades  etc. . .
Tu connais mon insatiable curiosité, alors tout détail m'intéresse, car ce témoignage d'époque de la part d'un Hongrois est instructif!


Dernière édition par bor le 20.02.16 3:59, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    19.02.16 12:18

C'est tout à fait bien . Je rajouterais : court de tennis excellent . Et aussi que le quartier est à flanc de montagne .
Par contre je laisserai tomber jeune : une belle fille est suffisant .
Ah , et que les automobiles ne stationnent pas , mais circulent sur des allées gravillonnées .

Je ne vois rien d'autres . Je dois avouer que ceux sont des détails minimes , qui n'enlèvent rien de bien signifiant .

Pour un autre extrait de Csui , tu dois attendre .
Je crois que tout à l'heure ce sera un extrait de Hengergö homok . C'est très court , et n'a rien à voir avec la chasse .
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    19.02.16 17:13

Eh non . C'est encore Elefàntorszàg . Mais pas beaucoup de chasse , de nouveau .







Foret de Kitui

Décembre 1932


Le makanga
(Docteur , médecin , faiseur de miracle , sorcier , devin )

     
                         Depuis des semaines je me fatigue en vain , j'use mes souliers , je perds ma patience , rien à faire , je ne trouve pas d'éléphant .
                          Mes guides autochtones assurent que c'est à cause de l'influence du quelque esprit malfaisant que nous avons de la  malchance :
                            «  La situation ne changera pas , tant que tu ne consulteras pas un makanga . Il n'y a que lui qui pourra chasser le mauvais esprit , il n'y a que lui qui pourra dire ce que nous devons faire « 
                              Cela fait des jours qu'ils prétendent  , qu'ils utilisent ce prétexte  .
                              Je ne suis pas superstitieux . . C'est à dire que j'aime croire que je ne le suis pas . Je le proclame à tout bout de champs . Mais cela ne fait que renforcer le sentiment , que peut-être bien je le suis quand même . Tous les chasseurs le sont . Et surtout les chasseurs africains !
                               Quand même , c'est en souriant et avec des gestes de négation que je rejette  l'idée de « consulter « le devin : je ne suis pas d'humeur à jouer la comédie , je n'ai pas besoin de charlatanerie , mais d'éléphant , je n'ai pas de temps à perdre avec des amusements , des jeux douteux , et je préfère taire le reste . Quand pendant des semaines on parcours des kilomètres à travers les buissons remplis d 'épines , sous une chaleur qui ramollit le cerveau , petit à petit on perd l'entrain , on devient malintentionné . La chaleur des tropiques influe toujours sur le caractère , Et toujours dans le mauvais sens .
                                  Mais quand mon camarade de chasse  a commencé à insister , que lui malgré
tout , lui , il va tenter , ne serai-ce que pour s'amuser , et en plus il a déjà envoyé , sans m'en parler ,chercher le makanga , j'ai été intrigué , et j'attendais la suite des événements . Tout en maugréant et en désapprouvant mon camarade . Je lui proposai que pour sa prochaine chasse en Afrique , plutôt que de s'associer avec un autre chasseur , qu'il se fasse accompagner par une tsigane
qui prédit l'avenir sur les foires .
                                  En signe de dédain , j'ai levé mon camp , ce qu'il faut prendre , compte tenu des circonstances , mot à mot . Sans attendre l'arrivée du sorcier , ostensiblement , je suis parti vers une région que nous n'avons pas encore explorée , à une petite journée de marche . En disant au revoir à mon compagnon , je l'ai prié ,  que dès que monsieur le docteur aura attaché à un arbre l'éléphant qu'il lui destinait , qu'il m'envoie un mot pour me mettre au courant .

*

                               Le lendemain soir devant ma tente se présente un envoyé . Il m'apportait une lettre m'annonçant qu'il a tiré un grand éléphant , que je revienne le plus vite possible . Il me racontera  tout ça de vive voix .
                              Je secouais la tête . C'est de la chance  qu'il faut pour ça , et non un makanga . Ce makanga avait une chance inouie pour se trouver là en même temps que l'éléphant . C'était du pur hasard .
                            Mais , j'avoue , la curiosité me taraudait .
                             Et le lendemain , tout penaud , je suis retourné dans le camp abandonné trois jours plus tôt . Juste à temps pour voir la paire de défenses d'éléphant qui arrivaient devant la tente de mon camarade . Inutile de dire que je bavais en voyant ce spectacle .
                                Mon compagnon m'a reçu en racontant le conte de fée suivant : A peine que tu m'as quitté ,le docteur-miracle est arrivé . Ses instruments  de magicien étaient portés par ses aides . Après une heure et demi de  tours de passe-passe  les uns plus compliqués que d'autres , il a commencé ses prédictions : .que demain matin , en partant à la chasse , je trouverai une squelette de girafe coté droit de mon chemin . Peu de temps après je verrai un animal noir , coté gauche . Que cet animal noir qui ne quitte pas mon chemin  , je dois le tuer . Un peu plus tard , je croiserai des traces d'éléphants , quoique les traces sont fraîches , je ne dois pas m'en occuper , que je continu vers l'est , et pour le soir tu tuera un grand éléphant .-- Voilà ce que m'a dit le docteur ,  et – que tu crois ou non  – cela c'est passé ainsi .
                                   Ecoute , tu peux raconter ça à ta be . . ( je parlais d'une personne de sa famille par alliance ) , mais pas à moi .
                                Mais en définitif , il a fallu que je le crois . Mon  partenaire mettait en jeu son honneur , sans parler d'une trentaine de témoins noirs .
                                 L'animal noir était un mamba noir , le serpent le plus dangereux d'Afrique  , que mon camarade a tué , selon l'ordre du makanga , à grands coups de bâton . En ce qui concerne le squelette de girafe , on ne peut pas dire qu'il était là par hasard , les squelettes de girafe ne trainent pas par ci par là au bord des pistes , moi même , je n'en ai pas vu un seul cette année. Et les éléphants , nous les cherchons depuis bientôt trois semaines . Et maintenant , voilà , les deux belles défenses ,  on  les amènent devant la tente .
                             Mais moi , je ne suis pas superstitieux pour un sous . Et s'il vous plaît , ne me contredites pas  . C'est risible ! Tout juste cette affaire m'intéresse, j'aimerais savoir si cette sorcellerie agirait sur moi aussi , autrement dit est ce que moi aussi j'aurais cette chance invraisemblable ?


                            Le soir , uniquement  pour éprouver et contredire  le savoir du « docteur » ,moi aussi , je me suis soumis à son « traitement » .
                            Il nous a fait aligner , moi et mes hommes , après un court moment de recueillement , il a commencé à danser autour de nous en poussant des cris mystérieux . De temps en temps il s'arrètait devant un de nous et de toutes ses forces il soufflait en pleine figure de son vis à vis ! Je ne sais pas si d'autres  restent indifférents , mais moi , j'ai horreur que l'on me souffle dans la figure . Mais je supportais quand même son souffle . Que ne ferait-on pour avoir des défenses d'éléphant , c'est tout juste si je remuais mes paupières . Après , avec une branche spécialement prévue à cet effet , il donnait des grands coups en l'air autour de nous , il chassait le diable . Il le chassait avec des cris aigus .
                             Et pour finir il a soigné mes fusils , il les a éventé avec la branche spéciale , et pour finir il a soufflé dans les canons . Il chassait les démons . Mais ce qu'il a soufflé dans les canons ,  c'est moi qui ai nettoyé avec mes instruments .
                             Et maintenant , il pouvait commencer à prédire l'avenir ; Nous nous sommes assis en rond , avec le docteur au milieu avec les deux enfants de cœur , un de chaque coté . Ils ont étendu des petites peaux d'animaux , serval , civette , écureuil , puis d'une grosse calebasse ils ont versé quelque poignées de haricots secs de différentes couleurs . Parmi les nombreux haricots rouges , jaunes , noirs il n'y avait qu'un seul haricot blanc qui brillait Pendant longtemps ils triaient , choisissaient les haricots . Sur chaque peau il y avait un tas de haricots de couleur différente . Mais le haricot blanc restait dans la main d'un des enfants de cœur .
                            Le docteur a pris son arc , et a fixé une courge entre l'arc et la corde , pour faire boite à résonance , et il a commencé à jouer sur cette «  guitare » improvisée . En même temps il a commencé marmonner , chantonner , tout bas , dans une langue qu'aucun de nous n'a comprise , sans doute il utilisait une langue réservée à son usage personnel . Il chantait devant chaque tas de haricots un petit air .
                            Quand il a terminé , ils ont pris tout les haricots , y compris le blanc , et les ont mis dans le calebasse . Il l'a bien secoué , puis il l'a passé à chacun de nous , et nous , à tour de  rôle , nous aussi nous avons secoué le calebasse : «  nous mélangions les cartes » .
                            Après le mélange , suivait encore un chant court , accompagné par la « guitare » , puis , il a pris le calebasse et a versé le contenu sur les peaux étendues par terre . L'avenir dépend du nombre et de la couleur des haricot sur chaque peau , et surtout où se trouve le haricot blanc .
                            Et le vieux sorcier a commencé tout de suite à traduire le message des haricots :
                            « Demain matin tu vas partir chasser ( ça , je le savais sans le makanga ) , le soir tu vas rentrer au camp ( je n'étais pas surpris pas cette prédiction ) . Le lendemain , ne vas pas chasser , même si on te signale des éléphants dans les environs . Le jour suivant , tu peux partir tranquille . Tu vas rencontrer un homme borgne , qui te demandera du sel . Tu lui en donne . L'après-midi tu verras des traces d'éléphants fraîches , et tu entendras leurs barrissements . Mais le grand éléphant avec des défenses énormes , tu ne le tueras que le jour après « .
                              C'est ça l'essentiel , le reste ne m'intéresse pas , même je veux bien attendre  un jour de plus , s'il faut , du moment que j'ai mon grand éléphant .
                               La cérémonie était terminée . Mais comme on ne peut prédire qu'après le couché du soleil , malheureusement , je n'ai pas pu faire de photos .



*

                             Et voilà , je dois dire la vérité, le troisième jour , j'ai tiré mon grand éléphant .
                             Il est vrai que je n'ai pas rencontré l'homme borgne , ni entendu le barrissement des éléphants . Mais enfin , même les meilleurs sorciers peuvent faire des petites  erreurs , Par contre j'ai eu mon éléphant . Et moi , c'est ça que je voulais , je ne suis pas venu en Afrique pour  rencontrer un borgne .
                            Je ne suis pas superstitieux , c'est ridicule . Mais quand même , si un jour je reviens dans les parages pour chasser l'éléphant , avant de commencer , je demanderai conseil à Monsieur le Docteur . Pour une belle paire de défenses , je suis prêt à me faire souffler dans la figure .


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bor
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    20.02.16 4:15

Trop drôle! (comme on dit de nos jours) - merci bien
Fruit du hasard ou effet de sorcellerie ? That's the question - en prononçant mal et déformant: vaste question!
Passionnant tout cela!

Et merci également pour tes observations, prises en compte dans la mise à jour.


Alors suite au prochain épisode - choisi selon ta convenance, quand tu pourras
Szép napot
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    20.02.16 12:26

Je regrettes Bor , toujours pas de chasse .
Ce passage me tient a coeur , alors c'est ça que j'ai choisi . Et là , je me rends compte de mon manque de vocabulaire français . La traduction ne reflète qu'imparfaitement le texte hongrois .
Une explication concernant les " danseuses " . La Hongrie , privée des 2/3 de sont territoire , appauvrie , touchée par la récession de 1927 ( un peu plus tard , vers 1929-31 ) , "exportait " ce qu'elle pouvait . Grâce au colonisations , certains pays étaient moins touchés . Alors ces pauvres " danseuses " ont cherché des horizons "plus rentables " , sans changer de " métier " .
Alors , voilà , nous allons au Caire .
Ce passage vient de Hengergö homok .


Shepheards Hôtel (1 )
Le Caire Janvier 1935


Fichmarquet

Je ne dis pas , on y vend des poissons aussi . Mais on y vend surtout de la viande humaine . La meilleur marché . De la plus basse catégorie . C'est le grand marché de la prostitution . Ici , c'est le bassin collecteur des égouts de l'Orient . Ici , les maisons de tolérance ne se contentent pas de quelques rues , elles occupent tout un labyrinthe de ruelles étroites , de culs de sac , de coupes gorge, tout un quartier . Les balcons se penchent les uns vers les autres à travers les passages étroits , comme s'ils se murmuraient des secrets les uns aux autres . C'est à peine si le ciel étoilé arrive à pénétrer par le mince passage resté libre . Mais il se détourne vite , écœuré par le spectacle .
Parce que cette confusion , mais surtout cette odeur - épices orientales , café , orange , ambre , oignon , anis , sueur , parfum bon marché , poissons puants , odeur de cadavre , et tout ça mélangé -
et puis ce tintamarre , ce charivari , les tambours , les klaxons , les cris sans entrain ressemblant à des prières des vendeurs aveugles avançant en tâtonnant avec leur bâton , et à travers la foule juchés sur le dos d’ânes blancs en poussant des cris , des hommes enturbannés se fraient un passage à coups de bâton . Des femmes , enveloppées de soieries bariolées , à la peau noire , jaune , marron , qui ont décoloré leur tignasse noire en jaune d'or ,ces grosses démones borgnes montrent des dents en or en ricanant –la fumée du café , nougats , limonades rouges ou vertes , l'odeur enivrante des pipes à haschisch , des jeunes éphèbes s'offrant pour quelques sous , les ruelles étroites avec des escaliers aux marches inégales , des dédales aux pavés inégaux , où on glisse sur des peaux de banane , des crottes d’âne ou des rats crevés , traverser ce Sodome biblique – il faut avoir un bon estomac . Et malgré cela le visiteur paie : s'il vient avant dîner , son appétit est coupé , s'il vient après , même le meilleur dîner de Shepheard a tendance à remuer , à remonter . Je ne suis pas délicat , j'ai déjà vu beaucoup de saletés dans ma vie , mais autant en un seul endroit , je n'en ai vu que sur le marché aux poissons du Caire .
L'homme oriental est l'homme des outrances . Il n'y a pas plus bruyant , plus immoral que les marchés de l'Orient . Mais il n'y a pas plus calme , plus dévot , plus silencieux que les mosquées de l'Orient .
Retour à l’hôtel , Je change de vêtements , de chaussures .
C'est encore trop tôt . Même pas minuit . Je vais dans la boite de nuit , à coté , le lieu de plaisir des européens . « Perroquet » annoncent les lettres électriques de toute les couleurs , mais elles pourraient annoncer «  papagàj » ( 2 ) . Parce que à peine entré , j'entends parler en hongrois . C'est vrai , que des voix féminines . C'est les « danseuses » qui parlent en hongrois . Au Caire , entre trois entraîneuses , deux sont hongroises . Et c'est comme ça à Athènes , à Alexandrie , à Beyrouth ou à Damas .
Et dire qu'il y en qui se plaignent que la Hongrie n'exporte pas . Au Caire , les allumettes de sûreté : fabrication tchèque , les wagons neufs des trams : fabrication tchèque . Même les fez de bonne qualité que portent les fidèles aisés sont de fabrication tchèque . Les exportations hongroises sont destinées exclusivement aux boites de nuit .
J'en ai assez de tout ce bruit , mais je n'ai pas sommeil . La lune brille . Je hèle un taxi , je me fais conduire hors de la ville , tout du long de Pyramids Road dans l'odeur des fleurs d'orangers , vers le désert , à Gizeh , à un rendez-vous nocturne .
Avec le Sphinx .
Je laisse la voiture à Mena House, de là je continue à pied . Par chance , tout est silencieux , il se fait tard , les touristes ont décampé . Je sais , dans ces moments le Sphinx est soulagé . Jusqu'au matin , on le laisse tranquille .Il n'y a pas de pique-niques , il n'y a pas de criailleries tout autour . Il n'est pas obligé d'écouter mille fois par jour les explication des guides : qui l'a bâti , quand , comment , pourquoi , pour combien et en combien de temps . Il n'est pas obligé de supporter les touristes qui se promènent sur son dos , derrière ses oreilles , entre ses orteils , écouter les claquements des appareils de photo , et qui tentent de deviner : est ce un homme ou une femme , un lion ou un homme ?
A part moi il n'y a personne qui le dérange , et je suis tellement silencieux que peut-être il ne s'aperçoit même pas de ma présence .
Avec son regard omniscient , c'est avec une indifférence surhumaine ,qu'il regarde pardessus ma tête cet idole merveilleux . Il regarde plus loin que les scintillements du Caire , les lumières de Shepheards Hotel et les immondices du Fischmarquet , plus loin que les innombrables futilités, plus loin que l'immensité du désert . Sa figure au nez cassé que la nuit argentée , comme par magie , embelli , et revêt d'un sourire mystérieux , énigmatique . Cette tête de pierre rugueuse, après avoir regardé pendant des millénaires la lune , semble regarder plus loin que l'astre argenté . Plus loin que le passé et le future , jusqu'à l'éternité , et au delà .
Ce sculpteur qui , il y a cinq mille ans , a travaillé ici , devait être un homme exceptionnel . Il a compris la notion de l'infini , il a senti l'insignifiance du temps , il connaissait parfaitement sa
propre insignifiance . C'est pour cela qu'il a pu créer quelque chose d'aussi grand .

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( 1 ) Probablement l' hôtel le plus chique de l'Afrique entre 1841 et 1952 , année où il a brûlé . Sa qualité a beaucoup baissée .
( 2 ) papagàj , le nom hongrois de perroquet .

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Soyez indulgents pour les fautes ou imperfections



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bor
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    20.02.16 21:46

Voilà une séquence intéressante et inattendue
Belle méditation finale avec le Sphinx
Finalement, on voyage!

Bakonyi a écrit:
La traduction ne reflète qu'imparfaitement le texte hongrois
Si tu le dis...
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MessageSujet: Re: Széchenyi Zsigmond    Aujourd'hui à 2:09

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