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 À quoi sert l'art ou la littérature ?

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bor
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Date d'inscription : 14/11/2007

MessageSujet: À quoi sert l'art ou la littérature ?   18.01.10 1:20

L'art d'une certaine manière, regroupe tout, notamment en Europe de nos jours, mais dans les esprits, pour tenter de répondre à cette question il faut au moins dire "l'art ou la littérature", car des écrivains ont su grandement écrire sur l'art, et des artistes parler de littérature tout en accomplissant leur art! - A quoi sert l'art ou la littérature ? Sujet d'actualité, moteur et expression de la Liberté et du Partage, ce qui différencie l'homme de l'animal, sens de l'éducation, nécessité d'élever son esprit et son âme, = la Vie. Ça concerne tout le monde, car c'est un besoin dont la privation altère - souvent sans le savoir - autant que la soif ou la faim!

A) Qu'est-ce que l'art
Citation :
C'est une activité humaine, le produit de cette activité ou l'idée que l'on s'en fait s'adressant délibérément aux sens, aux émotions, aux intuitions et à l'intellect. On peut dire que l'art est le propre de l'Homme. (--) Ces définitions de ce concept varient largement selon les époques et les lieux, et aucune d'entre elles n'est universellement acceptée. (--) En Europe, depuis la fin du XVIIIe siècle2, ce terme recouvre principalement les produits dits des « beaux arts » tels que la sculpture, la peinture, l'architecture, les arts graphiques, et aussi la musique, la danse, la poésie (à prendre au sens classique du terme, le mot poésie désignant à la fois la poésie lyrique, qui correspond au sens moderne de la poésie, la poésie tragique, c'est à dire la théâtre, et la poésie epique) et la littérature. On y ajoute depuis, parmi d'autres, le cinéma, le théâtre, la photographie, la bande dessinée, la télévision, le jeu vidéo, l'art numérique ou la mode.
la suite dans https://fr.wikipedia.org/wiki/Art

(ce qui précède a été ajouté le 02/03/2016 ainsi que "l'art" dans titre initial "à quoi sert la littérature")

B) À quoi sert l'art ou la littérature ?
Citation :
La littérature ne sert à rien, sauf à aider à vivre"...
final d'un bel hommage au peuple haïtien - et à ses poètes (publié le 17 Janvier 2010):
Code:
http://flora.over-blog.org/search/A%20quoi%20sert%20la%20litt%C3%A9rature%20%3F/
Citation :
  Le monde est sous le choc des images provenant de Port-au-Prince. Comme si ce bout d'île n'avait pas encore assez souffert, comme s'il était encore et encore puni d'avoir osé déclarer la première république libre d'anciens esclaves... Pendant longtemps, de petits tyrans cruels se succèdent pour exploiter sans fin la profonde misère du peuple, le maintenant dans la terreur de leurs milices parallèles. Et pourtant, cette languette de terre dentelée et accidentée, en bordure de la prospère République Dominicaine qui a su tirer son épingle (touristique) du jeu, est habitée par le peuple le plus créatif de l'espace caribéen et donne nombre de musiciens, de poètes, de peintres et d'écrivains, souvent à l'émigration...

  Dans le numéro 19 de la revue Hauteurs, paru en mars 2006 (--) nous avons publié un poème de Saint-John Kauss, poète haïtien vivant à Montréal. Cette longue mélopée douloureuse parle de la nostalgie de la terre natale perdue, de la tragique impossibilité d'y vivre et d'en être inconsolable. En voici un court extrait:

 (...) et si belle que fût cette île qui porte couronne de morts de
    de veuves
    et d'orphelins
    je parle de cette terre partisane et quelques arpents de ciel où
    convergent
    à grands pas la liberté et tout ce qui est à recommencer
    je parle de cet océan de nègres qui calculent de craie à l'ardoise
    je parle d'une île impaire abandonnée comme une honte
    je parle de ma terre et plus qu'un simple murmure entouré
    d'oiseaux
    et de chants sauvages (...)

 Le lecteur français connaît bien ne serait-ce que René Depestre ou Dany Laferrière, couronnés tous deux de prestigieux prix littéraires. Il y a quelques jours, dans un entretien, Dany Laferrière évoquait l'extraordinaire créativité du peuple haïtien comme seul rempart permettant de supporter la misère et de rester debout. Cela me fait penser à une phrase que je cite librement : "La littérature ne sert à rien, sauf à aider à vivre"...

Dans la section des commentaires est noté:

Citation :
La créativité -et l'art qui en découle- a tenu à bout de bras bon nombre de peintres ou de musiciens en pleine détresse physique ou matérielle qui ne vivaient que pour "alimenter" leurs oeuvres, à défaut d'être alimentés par elles. Ils ont créé jusqu'à leur dernier souffle

J'ajouterai qu'il peut en être de même de personnes qui s'efforcent d'apprendre encore, et de partager ce qu'elles parviennent à réaliser, quand bien même rien ne les attachent originellement à ce qui présentement les passionnent et tiennent en vie.
(Je parle pour moi... et pour justifier c'est-à-dire quelque peu s'excuser de "l'audace" de ce fil)
Mais ce pourrait être valable en tout domaine.

Cependant ce thème A quoi sert l'art ou la littérature ? est intéressant, et peut faire l'objet d'un débat - si ça vous dit.


http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/07/10/et-la-litterature-dans-tout-ca_1386277_3232.html

Par comparaison, il serait intéressant que vous preniez connaissance de ce que furent les choix d'esprit du poète hongrois Dezsô Kostolànyi - qui sont exposés brièvement mais de manière suffisamment explicite par Georges Kassai dans son introduction à l'anthologie en fr de la poésie de cet écrivain - jusqu'ici connu en France pour ses seuls écrits en prose - publiée aux éditions l'Harmathan, sous le titre "Ivresse de l'aube". Je vous en cite un extrait datant de 1933... qui fait suite à un débat de 1928 au cours duquel il avait dénoncé la médiocrité de certains poèmes d'Ady et s'était prononcé pour le culte de la beauté, en même temps que contre l'idée qu'un poète puisse se mettre au service d'une idéologie, quelle qu'elle fût. (je reprends les termes de Georges Kassai)

Dezsô Kostolànyi a écrit:
Un poème, un roman ne peuvent avoir d'autre but que la beauté. Je l'ai affirmé dès mon entrée en littérature, m'opposant à une communauté qui, slogans pseudos patriotiques à la bouche, m'avait enjoints de "prendre position". J'ai répondu que j'étais Hongrois, que j'écrivais en hongrois et que c'était là la plus importante déclaration d'amour que je puisse faire à mon peuple. Je refusais d'assortir mes poèmes d'un quelconque certificat de moralité. Pendant un court laps de temps, mon principe a triomphé. à présent, je suis de nouveau dans l'opposition. Une autre communauté, tout aussi intolérante, mais numériquement bien plus importante que la première, exige de ceux qui manient la plume qu'ils servent la cause de l'humanité, cause encore vague à souhait, mais qu'il faut soutenir à tout prix. Je leurs réponds que je suis homme, que naturellement, je compatis aux souffrances de ceux-ci, sans être pour autant disposé à joindre dans mes poèmes un certificat médical attestant que je saigne quand on me donne un coup de couteau ou qu'on le donne à mon prochain, et que la création artistique s'enracine toujours dans la peine des hommes. (--) Je sais que le mot "esthète", qui désigne un créateur sensible et sensuel, est désormais un sobriquet réservé aux faibles, aux mollusques, aux simples d'esprit. Je sais que la méditation désintéressée sur le monde et sur les affaires humaines passe pour un jeu verbal aux yeux des minables escrocs de l'action, ces quêteurs de popularité, comme si jouer avec les mots n'équivalait pas à jouer avec la vie, comme si les mots n'étaient pas des lions capables de dévorer des géants. (--)
Et pour terminer, il oppose l'homo moralis à l'homo aesticus, donnant sa préférence au second.

Je ne peux en citer plus pour raison de copyright, mais déjà cela suffit à évoquer toute l'actualité du propos. Je ne m'affilie pas en tout et pour tout à ce poète et écrivain, puisque je fus parfois très engagé, mais je m'efforce de garder en toute occasion un regard assez ouvert, dépassant le strict cadre qui m'est théoriquement imparti selon la nature du sujet évoqué.


Dernière édition par bor le 03.03.16 0:34, édité 32 fois
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bor
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   18.01.10 2:14

Certains se sont déjà posés la question: http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/pierre-jourde/20090303/10993/a-quoi-sert-la-litterature-1
ou bien: Rapport entre la littérature de jeunesse et la littérature - à l'école, à travers les textes officiels.

Outre de poser cette question - qui en appelle d'autres comme Qu'est-ce que la littérature ?, il est possible aussi de s'interroger - à la manière de Marina Tsvetaeva dans L'art à la lumière de la conscience - et cette poétesse exprime des choses essentielles avec lesquelles je m'accorde assez, raison pour laquelle je note quelques extraits à la suite, et qui je pense, pourront intéresser quelques uns ici:
Citation :
"L'art - c'est sacré", "sainteté de l'art" - si communes que soient ces formules, elles ont bien un sens, et il y a bien quelqu'un qui pense à ce qu'il dit et qui dit ce qu'il pense. (--) Qu'est-ce que la sainteté ? La sainteté c'est l'état contraire à celui de péché, notre époque ne connaît pas le péché, elle remplace le péché par le nuisible. Par conséquent un athée ne peut parler de la sainteté dans l'art, il va parler soit de l'utilité de l'art, soit de la beauté de l'art. (--)

Qu'est-ce que l'art ?
L'art - c'est comme la nature. N'y cherchez pas d'autres lois que les siennes propres (il ne s'agit pas de la volonté personnelle de l'artiste qui, elle, n'existe pas, il s'agit précisément des lois de l'art). Peut-être l'art n'est-il qu'une ramification de la nature (un aspect de la création). Une chose est sûre: une oeuvre d'art est une oeuvre de la nature, elle aussi engendrée et non créée. (Et alors, tout le travail de création ? Mais la terre aussi travaille, c'est l'expression française "la terre en travail". Et la naissance elle-même, ce n'est pas du travail ? On a trop souvent parlé de la femme qui porte l'enfant à terme, de l'artiste qui porte son oeuvre, pour insister davantage. Tout le monde sait cela - et tout le monde est dans le vrai.)

Quelle est donc la différence entre une oeuvre d'art et une oeuvre de la nature, entre un poème et un arbre ? Il n'y en a pas. Quelles sont les voies du labeur et du miracle ? - Nul ne le sait, mais l'oeuvre existe. Je suis!

Cela signifie que l'artiste est une terre qui enfante et qui enfante tout.
(--) La nature est-elle sainte ? Non. Pécheresse ? Non. Mais si l'oeuvre d'art est aussi une oeuvre de la nature, alors pourquoi demandons-nous des comptes à un poème et pas à un arbre ? Au pire nous arrivera-t-il de déplorer qu'il pousse de travers.

C'est que la terre qui enfante n'est pas responsable, alors que l'homme qui crée est responsable. C'est que la terre qui fait croître n'a qu'une volonté: celle de faire croître, alors que l'homme doit avoir la volonté de faire croître le bien qu'il connaît. (Il est significatif de constater qu'il n'y a de vice que dans la fameuse "individualité", dans l'unique et l'individuel; il n'y a pas de vice dans l'épopée, comme il n'y a pas de vice dans la nature.) (--) Et puisque l'artiste est un être humain et non un monstre, un squelette animé et non un buisson de corail - il doit rendre compte de l'oeuvre de ses mains.

Ainsi, l'oeuvre d'art est comme une oeuvre de la nature, mais elle doit être éclairée par la lumière de la raison et de la conscience. Alors seulement elle sert le bien, tout comme le sert un cours d'eau qui fait tourner la roue du moulin. Mais dire de toute oeuvre d'art qu'elle est bonne, c'est la même chose que de dire de tout cours d'eau qu'il est utile. Parfois c'est vrai, parfois non, et combien plus souvent - non!

Elle est un bien quand vous la (vous) prenez en main.

La loi morale s'ajoute à l'art, mais un lansquenet dépravé par tant de maîtres donnera-t-il un jour un soldat de l'Armée régulière ?
Ce que j'ai mis en gras est ce qui me semble essentiel et que je partage tout à fait.

Extraits tirés des pages 7 à 11 des Editions Le temps qu'il fait, 1987
de L'art à la lumière de la conscience traduit du russe par Véronique Lossky
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Elöd
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   18.01.10 12:09

bor a écrit:
Citation :
La littérature ne sert à rien, sauf à aider à vivre"...


ce thème A quoi sert la littérature ? est intéressant, et peut faire l'objet d'un débat - si ça vous dit.

A quoi sert la littérature...
Une réponse, une expérience personnelle pour démontrer que la littérature peut effectivement sauver la vie ou aider la guérison d'une dépression!

Je n'avais pas encore 25 ans, quand j'ai perdu mon premier mari, terrassé par une maladie cardiaque.
Même pas la peine décrire ici l'état dans lequel je me trouvais.
Je me suis mise dans un coin, je ne voulais voir ni entendre personne, je ne supportais pas la présence même de mes plus proches...
Quelqu'un avait cette idée "saugrenue" de me glisser entre les mais un livre, avant de partir...
Et pendant les six mois qui ont suivi cette date, je ne faisais que de lire et de lire et de lire... Tout et n'importe quoi !
Puis, un jour je me suis "réveillée", comme d'un mauvais rêve. Je ne dis pas que j'étais guérie, mais j'ai accepté que la vie continue... C'est le miracle de la littérature, mais cela peut être aussi bien la musique ou n'importe quel autre art aussi !

Voilà.

Elöd I love you

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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   28.01.10 9:43

Alors, dites-moi...
Est-ce que je vous ai fait une telle peur par mon post que vous n'osez pas de continuer ce débat?
Ou la littérature ne vous intéresse pas? Je comprends que les admins et les modéros ne fassent rien, ils sont anal-pha-bêtes, comme moi... Mais les autres???
A vos stylos, dites-nous au moins ce que vous lisez maintenant, et pourquoi ça vous plaît ou non?


source: http://www.egym.hu/files/konyvek.jpg

Non, mais...Evil or Very Mad

Előd, l'analphabète illettrée principale du forum !

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Töhötöm
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   28.01.10 20:37

Elöd a écrit:
Je comprends que les admins et les modéros ne fassent rien, ils sont anal-pha-bêtes, comme moi... Mais les autres???

De quoi ? Shocked Je sais lire moi madame. Laughing

C'est difficile pour moi de parler littérature ... je n'ai pas la culture qui va avec. Sans blague.

Mais je lis beaucoup. De tout et de rien.

Les livres que j'aime sont ceux qui me permettent soit de rêver, soit d'apprendre quelque chose.

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lebedias
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   28.01.10 21:18

Bien dit Tötö,
Moi aussi je lis tout se qui passe sous mes yeux et lorsque j’ouvre un bouquin, c’est un roman.
J’ai lu l’intégrale de Simenon et la moitié au moins des Agatha Christie.
Gamin je ne lisais que de la BD et un jour j’ai lu la guerre des boutons …
Le déclic, j’ai commencé à lire mais toujours dans l’esprit BD.

Lire autre chose que de la paperasse, pour moi, doit être synonyme de détente.
Bien sûr et hélas cela ne m’a pas rendu plus malin. Il faut aussi pouvoir se distraire !
Lbd.
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Elöd
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   28.01.10 23:30

Töhötöm a écrit:
Les livres que j'aime sont ceux qui me permettent soit de rêver, soit d'apprendre quelque chose.
Tiens, tiens !Laughing
Comme on se retrouve! cheers
Figure-toi que moi aussi!

Lebedias a écrit:
Moi aussi je lis tout se qui passe sous mes yeux
Moi aussi !

Que c'est bizarre... Vous avez dit bizarre?

On est tous dans la même marmite, apparemment, et c'est tant mieux! Lire, c'est une évasion; je m'en suis rendue compte depuis seulement quelques années... Avant, dans ma jeunesse, je croyais qu'on lit pour se "cultiver", pour être dans le "bain", pour pouvoir dire: "Ben voui, je l'ai lu aussi, M'dame, je suis au moins aussi snobe que vous, M'sieur" !!!

Il fallait que je mûrisse et que je commence à réfléchir, pour que je m'aperçoive que l'on lit pour soi et pas pour les autres... pas pour ceux, chez qui sur la table basse il y a toujours les nouveaux romans "indispensables" pour "paraître"... Mais ces livres ne sont jamais lus entièrement. Juste le "condensé", pour que l'on puisse en parler dans la "bonne société" ! Suspect Et je parle en connaissant la cause, j'ai dans ma famille une personne qui... M'enfin... Bon. Vous m'avez comprise!
Et cela me fait franchement vomir !

Si vous pensez différemment, c'est votre droit... Mais donnez-nous vos arguments, s'il vous plaît !scratch

Előd, la grincheuse !
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lebedias
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   29.01.10 0:09

"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut...." [Cicéron]

Pour être heureux, le jardin serait-il quand bien même secret.

[Lbd]
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Erika
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MessageSujet: lecture...   29.01.10 20:03

Bon ... allons-y... mais comment dire cette histoire-là ?

J'ai dû ouvrir un livre quand j'étais petite... je suis tombée dedans et je n'ai plus jamais pu en sortir !

Petite, la lecture était ma seule fenêtre ouverte sur le monde ! Je lisais tout ce qui pouvait me tomber sous la main ! Mais lire m'était interdit bien souvent : on me disait que c'était du temps perdu ! Pour rêver, j'ai rêvé dans tellement de livres que j'ai même des souvenirs de lieux qui sont rattachés à des livres ! Comme Sido de Colette... à cause d'un mur en pierres et de la chaleur qu'il dégageait ou bien une petite Aïcha qui vivait dans le désert, à cause d'un porche qui ressemblait à sa cour !

En 5ème et 4ème j'étais dans un grand lycée à Dreux où j'étais demi-pensionnaire ! Je suis devenue LE rat de la bibliothèque du lycée ! Je préfèrais être là qu'avec des "copines" dehors !

Longtemps, lire m'a permis de trouver la force de vivre ! Je me suis glissée dans la lecture comme on glisse dans l'alcool ! Combien de nuits "blanches" parce que je ne pouvais pas refermer le livre ! Combien de livres qu'on referme avec regret, comme si l'histoire, jamais ne devait s'arrêter !

Lire pour Apprendre aussi bien sûr... mais surtout Rêver ! Mes premiers amours : Agatha Christie, Simenon, Maurice Leblanc...

Et puis j'ai vieilli... et maintenant, il y a de moins en moins de romans dans ma vie et de plus en plus de lectures qui nourrissent ma réflexion !

Chez moi, peu ou pas de livres "à la mode" comme le dernier Maaachin sur lequel on s'étale ! Chez moi, il y a plein de livres, y compris des livres pour enfants, qui sont des petits univers à eux tout seuls ! Mais il y en a pour tous les goûts !

Pour Elöd (et les autres aussi quand même ! flower )... mon petit préféré français : Pennac ! Et puis j'aime bien aussi le petit monde de Gavalda, Isabel Allende, Orsenna...

Mais je suis enquiquinante, parce que ou j'aime et je ne referme plus le bouquin ou alors... il traîne des jours et des jours... j'essaye et puis hop... ça s'envole ! Il y a des gens comme ça que je n'ai jamais pu lire ! Des livres qui ne me font pas vibrer...

Et puis, il y a d'autres auteurs vers qui je suis allée non pas pour les lire mais pour me baigner dedans, me noyer dans leurs mots, boire leur pensée !

Et puis, si vous voulez tout savoir : les livres, c'est ma névrose ! Mais on m'en a tellement privé quand j'étais petite, qu'il faut, en plus de les lire, que je les possède physiquement ! Moralité : j'en ai pour au moins 1 an de lecture d'avance ! Et je n'aime plus les prêter car il y en a plein qu'on ne m'a jamais rendu ! Heureusement, il existe le Net pour retrouver quelques pépites perdues autrefois !

Et encore aujourd'hui, si j'avais un rêve à réaliser, ce serait une vraie pièce dans ma maison avec un beau bureau en bois patiné et tout autour, plein, plein, plein de livres ! Une vraie bibliothèque quoi !
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lebedias
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   29.01.10 20:45

Citation :
Mais on m'en a tellement privé quand j'étais petite
Chez nous bien au contraire, une bibliothèque dans le hall d'entrée, une autre dans le salon, encore une dans la chambre de mes parents et puis la plus insolite dans la salle à manger, fabriquée sur mesure par un artisan posée sur le meuble bas et ne s'arrêtant qu'au plafond.
Il fallait lire, donc je ne lisais pas!
Citation :

Chez moi, peu ou pas de livres "à la mode" comme le dernier Maaachin
Personnellement j'aime lire les livres qui me sont offerts, déjà m'offrir un livre, c'est reconnaître que j'aime lire et comme bien souvent c'est ma grande fille, dévoreuse de lecture, qui me fait ce cadeau...Jai lu plusieurs Dan Brown et d'autre livres à la mode du moment ,cela m'a plu énormément.
Lbd.

Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe.
Jules Renard
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Erika
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MessageSujet: Lire...   29.01.10 21:18

Tu as peut-être bien raison, Lebedias ! lol!

Car moi qui suis une grande lectrice, j'ai eu un mal fou à convaincre mes enfants de lire ! Je n'ai jamais renoncé à leur lire des histoires... mais il y avait résistance ! En même temps, ils sont nés avec la télé couleur et plein de choses que nous n'avions pas à leur âge... mais bon !

La pire injure de ma vie : un fils qui a su lire à 4 ans et qui sélectionne ses lectures comme il n'est pas permis (lui c'est Desproges, Goscinny et consorts !) et qui a toujours refusé de rentrer dans un roman, hormis, Werber parce qu'il racontait des histoires "scientifiques"...

Alors, oui, tu as raison, il ne suffit d'être entouré de livres pour aimer lire ...
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lebedias
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   29.01.10 23:41

Et toi aussi tu as certes mille fois raison.
Mais sache et sachons que plein de gens font et défont le monde sans avoir jamais ouvert un livre. Pire ce sont les premiers à bruler nos livres.
Les iconoclastes sont parmi nous, où parmi eux, nous on fait gaffe.
Lbd.
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bor
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   02.03.16 6:02

Citation :
« L’extraordinaire se trouve dans le quotidien, mais nous ne le savons pas, par manque d’observation ou par la vue globale et habituelle des choses qui émousse des idées préconçues sur les formes qui nous entourent et nous ne nous en étonnons plus.
Une chose nous paraît extraordinaire lorsque nous la découvrons, ensuite elle devient quelconque, mais l’artiste, lorsque la capacité de voir dans l’ordinaire ce qui est extraordinaire pour lui, doit garder la faculté d’émerveillement génératrice de dynamisme et de créativité […] »
Remy Lejeune, de son nom d’artiste Rémy Ladoré
dessinateur, graveur et peintre français

Son oeuvre est à connaître, car ce fut un artiste contemporain d'une qualité rare - un exemple de réponse au titre de cette page!
Code:
http://www.remyladore.com/identifiant-page-daccueil/expositions/

Autres réponses - nécessités, dirais-je - d'actualité à la question posée:

Code:
http://madame.lefigaro.fr/societe/pourquoi-les-fanatiques-religieux-saccagent-ils-lart-190216-112744

Adel Abdessemed (1):
Citation :
Comme le disait Stefan Zweig, « l’avenir ne nous rendra jamais ce que le passé nous a offert ».

L’art est une quête et une vérité individuelle contre le groupe même. L’art peut, entre le bien et le mal, rétrécir le temps ou l’étirer, comme une pâte à modeler. Je ne sais pas comment on peut exister sans art, sans imagination…

L’artiste pressent les signes de la violence dans le monde. L’art précède les événements. L’art, c’est le secret. C’est indéchiffrable. On est travaillé, dépassé par quelque chose de non dit, une énergie, profonde, intime.

Les jeunes qui ont 12-13 ans, (--) il faut leur donner un bagage intellectuel pour résister. (--) Donnons-leur de quoi se défendre. De quoi avoir le réflexe de fermer leur ordinateur (sur la propagande)

Marc Trévidic (2):
Citation :
l’artiste a une sensibilité exacerbée, qui se nourrit des cultures, du passé. Et comme l’Histoire se reproduit souvent, l’artiste voit plus tôt que les autres ces signes avant-coureurs d’un passé qui resurgit.


(1) Entretien avec Pier Luigi Tazzi, d’Adel Abdessemed, éd. Actes Sud. À lire aussi : La Peau du chaos, Correspondance, d’Adel Abdessemed et Adonis, éd. Actes Sud ; et Adel Abdessemed par…, Manuella éditions.
(2) Ahlam, de Marc Trévidic, éd. JC Lattès.


Dernière édition par bor le 30.06.16 21:17, édité 1 fois
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bor
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   02.03.16 16:33

Dessiner plutôt que photographier (à la mode actuelle du clic clac et hop, on passe à la suivante) ou faire des selfies

Le Rijksmuseum d'Amsterdam invite ses visiteurs à dessiner plutôt qu'à prendre des photos
Code:
http://www.francetvinfo.fr/culture/expos/le-rijksmuseum-d-amsterdam-invite-ses-visiteurs-a-dessiner-plutot-qu-a-prendre-des-photos_1299617.html
Citation :
Au Rijksmuseum, dès son arrivée le visiteur est invité à se saisir d'un carnet à dessin et d'un crayon. Objectif : favoriser la créativité et inciter les visiteurs à mieux observer les peintures. "Un visiteur en général ne regarde que 40 secondes un objet d'art quand il visite un musée, mais avec ce projet il faut regarder mieux et plus longtemps un objet d'art", explique Aart Van Harten, guide du musée. Arrêter le temps donc pour s'approprier l'œuvre, mais aussi redécouvrir le plaisir du geste.

"En dessinant vous comprenez mieux la composition de la peinture, et d'où vient la lumière, c'est ça que j'essaie d'exprimer sur mon papier", commente une femme

Citation :
Pour sa nouvelle exposition “Selfies on Paper” consacrée aux autoportraits, le musée hollandais a invité ses visiteurs à troquer les appareils photos et autres selfie-stick contre… Du papier et un crayon, offerts gratuitement par la maison.
Code:
http://www.femmeactuelle.fr/culture/news-culture/stop-selfies-musee-invit-visiteurs-dessiner-oeuvres-25735

Voilà un bel esprit - que nos musées - notamment Le Louvre - devraient initier également!

Dans la foulée, prévoir des sièges avec dossier pour pouvoir contempler une oeuvre, l'esquisser, se reposer
car dans nos musées fr, les sièges sont sans dossier ou ceux avec dossiers sont des bancs où l'on doit se tenir debout contre un mur, hors champ de la plupart des oeuvres (nouveauté apparue au Louvre)

Malheureusement le vrai apprentissage artistique est assez rare en France (ou c'est du laissez-faire: "exprimez-vous" - spontanéité, blabla - quand on ne sait rien ou qu'on ne sait comment faire, on exprime quoi ?)

Pourtant avec un carnet, avec un crayon,
un fil à plomb (y'en a des petits) pour apprendre ce qu'est une verticale, et voir ce qui s'en approche)
un niveau à bulle (y'en a des petits de 20 cm - pour apprendre ce qu'est une horizontale, et voir ce qui s'en approche)
et une gomme (pour effacer) [mais nombre d'enseignants interdisent la gomme, car ne compterait que la spontanéité!]
on peut apprendre à voir, simplement voir un objet sans l'identifier, voir l'espace, voir la lumière (en clignant fortement des yeux) et rendre ce qu'on voit vraiment et pas ce qu'on identifie avec des mots (une pomme est ronde comme une orange si on pense que c'est une pomme, mais si on regarde une pomme sans penser que c'est une pomme, une pomme n'est pas ronde, mais pleine de plans, contrairement à l'orange souvent)
Après quoi (ou parallèlement, parfois avant pour susciter l'envie, nourrir l'entrain) on peut laisser libre son imagination et "créer": se plaire à la contraindre est une liberté qui ne s'élève que par le savoir!

Mais qui vous dit cela ? Personne ou presque!! On se moquerait même de qui le dirait!
Néanmoins essayez et vous verrez! C'est magique - avec un peu d'effort et de curiosité!

On nous parle bien de "vivre dans l'instant", de combattre "l'égo" (que de nos jours à tort on confond avec l'être par opposition à l'avoir qui lui est promu à tout va!) - mais rien concrètement, profondément, librement avec le savoir acquis ou à acquérir! On nous dit d'oublier ce qu'on sait: mais encore faut-il avoir quelque chose à oublier! Si on n'a pas appris à voir, comme on a appris à dire, que peut-on oublier ?
Et bien sûr qu'après avoir appris, il faut oublier, mais cet oubli en fait est simplement l'oubli conscient, le cerveau lui sait vous aider alors à voir... Le menuisier ou l'électricien a acquis un savoir qu'il oublie en partie, mais qui renaît à chacune des opérations qu'il doit réaliser pour exécuter son travail qui souvent demande de l'initiative pour être réaliser selon une commande par exemple!
Alors ce qui vaut dans le cadre d'un métier, ne vaudrait plus à chaque instant de la vie ? Bizarre, comme c'est bizarre!

Jadis (et ça vaut pour aujourd'hui) on disait sur les ondes: "sortir, écouter, voir" - mais on n'ajoutait jamais "FAIRE!" - comme si l'art était réserver à une élite, comme si faire se couplait à une autorisation ou un Pouvoir!
Faire est un pouvoir de l'homme, de l'être humain qui peut percevoir, façonner en âme et conscience, seul et partager! Cela est requis pour reproduire les Normes parfois les plus bêtes, rarement les plus intelligentes - ou bien seulement dans le cadre limité d'un métier. Mais au quotidien, à chaque instant, apprendre à voir vraiment, c'est s'émerveiller de ce qu'on découvre, c'est rester enfant toute sa vie, c'est combattre les certitudes, les frontières! "C'est dangereux" diront certains! -- Et l'ignorance n'est-elle pas bien plus dangereuse ?

Quant aux musées, rentabilité avant toute chose, alors: voyez et circulez, circulez, circulez... et achetez, consommez, etc
Sans parler de ceux qui vont aux (grandes) expositions parce qu'il "faut y être ou avoir été" = non pas le vivre, en apprendre, mais seulement se montrer, nourrir l'apparence, séduire ou en imposer! être cultivé!

être cultivé ce n'est pas jouer à l'acteur ou au mitrailleur; c'est vouloir et savoir sentir, voir, vivre pleinement chaque chose! Que l'on doive aussi apprendre à dire pour mieux partager, ok! mais pas sans vibrer pleinement à chaque instant! Ainsi l'on acquiert force, respect et liberté réfléchir, se défendre, construire, vivre sa vie d'être humain sans juger de tout et de rien telle une machine!

Marc Trévidic a écrit:
Tout État totalitaire - religieux ou laïque - ne supporte pas l’art, qui est d’abord l’expression d’un individu. (--) Tout ce qui sort du groupe, ce qui différencie, est insupportable. Cela va plus loin : tout régime totalitaire ne supporte pas non plus les relations amoureuses, qui dissocient encore plus du groupe. On comprend mieux alors pourquoi les fondamentalistes rejettent l’art, que ce soit la musique, le chant, la danse, le dessin ou la peinture figurative : parce qu’il fait naître le désir. Ce qui explique le voile intégral également : tout cela est une utilisation de règles prétendument religieuses pour prendre le pouvoir sur des individus.
Code:
http://madame.lefigaro.fr/societe/pourquoi-les-fanatiques-religieux-saccagent-ils-lart-190216-112744
Même à des degrés moindres, la leçon peut servir à tout le monde, chacun peut se sentir concerné et (ré)agir en conséquence!

flower La parole est à vous... Prenez-là - ici aussi! J'espère vous lire et en apprendre! On apprend sans cesse!
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bor
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   03.06.16 0:02

Poème d'Emily Dickinson https://fr.wikipedia.org/wiki/Emily_Dickinson

I'm Nobody! Who are you?
Are you —Nobody —too?
Then there's a pair of us!
Dont tell! they'd banish us —you know!

How dreary —to be —Somebody!
How public —like a Frog—
To tell your name —the livelong June—
To an admiring Bog!

Traduit ainsi par Charlotte Melançon:
Je suis personne! Qui êtes-vous?
Etes-vous —personne —aussi?
Alors nous faisons la paire!
Silence! on nous chasserait —vous savez!

Que c'est pénible —d'être— quelqu'un!
Que c'est commun —comme une grenouille-
De dire son nom —tout au long de juin—
Au marais qui admire!

40 poèmes d'Emily Dickinson
Code:
https://www.erudit.org/culture/liberte1026896/liberte1032514/31022ac.pdf

Ce poème, je le place en écho des motivations de Joseph Andras pour refuser le "Goncourt du premier roman" 2016:
Citation :
La compétition, la concurrence et la rivalité sont à mes yeux des notions étrangères à l’écriture et à la création. La littérature, telle que je l’entends en tant que lecteur et, à présent, auteur, veille de près à son indépendance et chemine à distance des podiums, des honneurs et des projecteurs. Que l’on ne cherche pas à déceler la moindre arrogance ni forfanterie dans ces lignes : seulement le désir profond de s’en tenir au texte, aux mots, aux idéaux portés, à la parole occultée d’un travailleur et militant de l’égalité sociale et politique.”
Code:
http://larepubliquedeslivres.com/quand-laffaire-iveton-devient-laffaire-andras/

Et d'ajouter lors d'un interview:
Citation :
Q_En dépit des honneurs et des retombées d’un tel prix, vous avez préféré le refuser. Quelles furent vos motivations pour le décliner ?

Joseph Andras (--) que je ne pouvais l’accepter, par simple souci de cohérence, et laisser s’« institutionnaliser » ce récit et les idéaux portés par les personnages. Je me doute que ma réponse sera, ici ou là, mal comprise, déformée, jugée pour ce qu’elle n’est pas : tant pis… J’ai pesé chaque mot, le plus honnêtement possible et sans le moindre goût pour le « scandale ». Il me tarde seulement que nous cessions de parler de tout ceci.

Q_Un « mystère » plane autour de vous. Vous vous tenez éloigné des médias et refusez d’apparaître en public. Pourquoi une telle discrétion ? Les mauvaises langues pourraient vous reprocher un plan marketing bien huilé…

Joseph Andras Il n’y a pas le moindre « mystère », seulement des divagations de journalistes mal inspirés. Un boulanger fait des baguettes de pain, un plombier débouche des canalisations, un écrivain écrit : c’est aussi simple que ça. Tout est dans le livre, je ne vois pas vraiment ce que j’aurais à ajouter de plus. C’est un texte que je propose, c’est donc de littérature qu’il faut parler – et de la guerre d’Algérie dans le cas présent. Tout le reste n’est, à mes yeux, que bruit et agitation. Je comprends à vrai dire assez mal votre question : un écrivain n’est pas une personne de médias, ce sont deux mondes totalement différents. Je vis en Normandie, au calme, je ne connais pas le milieu littéraire et parisien, ne souhaite pas en savoir plus et tiens plus que tout à me concentrer sur mes prochains textes. Il n’y a vraiment rien de mystérieux : ce devrait être on ne peut plus normal – et en rien original. C’est en tout cas ainsi que j’ai toujours aimé les livres et ceux qui les font : sans trop de projecteurs. Voir ceci comme du « marketing » en dit surtout long sur ces gens et notre époque d’image, de spectacle et de médias.
Code:
http://www.humanite.fr/joseph-andras-un-boulanger-fait-du-pain-un-ecrivain-ecrit-607707
Les propos soulignés m'agréent tout particulièrement.
Comme j'aimerais en lire de tels plus souvent!
Il dit vrai cet inconnu,
mais qui l'entendra ?
Quelques rares,
tout au plus!
Au plus fort de l'orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer.
C'est l'oiseau inconnu, il chante avant de s'envoler.


René Char

http://www.babelio.com/auteur/Rene-Char/2588/citations?a=a&pageN=17
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Char
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   04.06.16 11:15

L'art et la littérature , autrement dit la culture , c'est tout ce qui nous reste quand on a tout perdu !
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bor
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   03.10.16 23:50

Code:
http://www.20minutes.fr/culture/1935487-20161003-pourquoi-elena-ferrante-enigme-litteraire-mondiale-tenait-tant-anonymat
Et voilà, encore des journalistes qui savent mieux que l'auteur ce qu'il lui faut, et ce, au nom des lecteurs, qui n'ont rien demandé!
Citation :
Si Elena Ferrante s’est échinée à cacher son identité pendant vingt-cinq ans, ce n’est pas par coquetterie, ni timidité, même. C’était pour elle un besoin comme un droit, et les réactions indignées ont fusé dès dimanche, à commencer par celle de son éditeur, « dégoûté par le journalisme qui consiste à enquêter sur la vie privée et traite une écrivaine comme une criminelle. »

L’auteur Erri de Luca a jugé lui que « ce genre d’enquêtes patrimoniales ferait mieux d’être menées pour débusquer les fraudeurs plutôt que les écrivains ».
Marre de ces sangsues, de ces autopromotions ou pseudo information, de ces business ou buzz qui font plus de bruit que l'oeuvre!

L'essentiel c'est l'oeuvre - un point c'est tout!
Je m'accorde tout à fait avec Elena Ferrante


Citation :

L’intérêt d'écrire sous pseudonyme, disait-elle, avait évolué depuis sa décision initiale, au début des années 1990.

   « A l’époque, j’avais peur à l’idée d’avoir à sortir de ma coquille. La timidité l’emportait. Puis j’en suis venue à ressentir de l’hostilité pour les médias qui n’accordent pas d’importance aux livres en eux-mêmes, et les évaluent en fonction de la réputation de l’auteur ».

Et l’auteure de rappeler que de nombreux auteurs italiens célèbres sont aussi universitaires, issus du monde de l’édition  ou d’autres domaines prestigieux. « Comme si la littérature, pour être jugée « sérieuse », avait besoin d’une validation extérieure ».

Elle insistait ensuite sur son « envie de témoigner contre le système d’autopromotion qu’imposent les médias » et expliquait :

   « Ce qui n’a jamais perdu de son importance pour moi, ces 25 dernières années, c’est l’espace de créativité que cette absence [d’autopromotion] a ouvert pour moi. Une fois que j’ai su que mon livre pourrait venir au monde sans moi (…) cela m’a permis de voir l’écriture autrement. J’avais l’impression d’avoir libéré les mots».

Car pourquoi attacher une œuvre à la personnalité d’une auteure serait-il si indispensable ? Elena Ferrante précise :

   « Il est devenu naturel de considérer l’auteur comme une personne qui existe en dehors de son texte, et d’estimer que si nous voulons en savoir davantage sur ce que nous sommes en train de lire, nous devrions nous pencher sur cette personne et en apprendre le plus possible sur sa vie plus ou moins banale. Mais maintenez cette personne dans l’ombre et l’on découvre que le texte contient plus ce que l’on imagine. Le texte prend possession de la personne qui écrit. Si nous voulons trouver cette personne, elle est là, sous nos yeux, en train de révéler son moi intérieur qu’elle-même ne connaît pas réellement ».

L’argument n’aura pas convaincu Claudio Gatti, qui invoque, lui, le droit d’informer le lecteur. Au micro de la BBC, il insiste : « Les lecteurs lui ont acheté des millions de livres, je pense qu’ils ont le droit de savoir quelque chose sur la personne qui a créé ces livres ».

Il évoque Frantumaglia, un recueil de lettres et d'entrevues accordées par Ferrante, paru en Italie en 2003, et dont la traduction anglaise est attendue en novembre.  « Le problème est que Frantumaglia est plein de contre-vérités, a expliqué Claudio Gatti. Elle a menti sur la vie personnelle qu’elle a choisi de présenter. En tant que journaliste, je n’aime pas les mensonges et j'ai choisi de les exposer.»
Et si le lecteur s’en fichait, lui, des «mensonges»?
Cette agitation, ces enquêtes qui pulvérisent tout droit de la personne qui crée, cette volonté dite de savoir: ça n'a rien à voir avec la littérature!
C'est de la pollution médiatique et affairiste!
La seule chose vraie:
Bakonyi a écrit:
L'art et la littérature , autrement dit la culture , c'est tout ce qui nous reste quand on a tout perdu !
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   07.10.16 16:33

Citation :
Certains, alors qu’ils expriment des choses triviales, fumeuses et dépourvues d’intérêt avec médiocrité, confusion et de manière insipide, s’en consoleront en se disant qu’ils sont « profonds ». Nous autres, soyons modestes. Tout ce qui palpite en nous, ramenons-le à la surface lumineuse de notre esprit de manière à le rendre sensible et palpable comme la vie ; exprimons autant que possible ce qui est complexe avec simplicité, ce qui est obscur avec clarté, et laissons croire que nous sommes simplement spirituels.

Poète, romancier, nouvelliste, Dezső Kosztolányi (1885-1936) fut l’un des écrivains hongrois majeurs du siècle passé. Il fut également publiciste, auteur d’innombrables petits écrits – authentiques manifestes – qu’il publia quotidiennement dans les journaux et les revues.

Dezső Kosztolányi : L’âme et la langue

Traduit du hongrois par Thierry Loisel

Éditions Vagabonde  
– 978-2-919067-21-3, 160 p, 16 €

En librairie le 18 octobre 2016

Citation :
Dans une sélection de ces proses brèves, ici proposées et traduites par Thierry Loisel et toutes centrées sur le thème de la langue, Kosztolányi nous livre un véritable traité d’éthique et d’esthétique, souvent impertinent, mais toujours rédigé avec la juste distance nécessaire face à l’émotion, au savoir académique, à l’altérité, tout en n’ayant de cesse que d’interroger l’énigme du langage et de la beauté pour mieux laisser jaillir la force d’une pensée toujours en mouvement.

« Ironie et conscience : les deux éléments n’en font qu’un, et c’est là le fondement de la poésie […] Vous apportez une nouvelle distinction, et, mieux encore, vous rattachez votre nom à la liste de ceux qui font la vie de l’esprit et de la culture européenne. » (Lettre de Thomas Mann à Kosztolányi).

Source:
Code:
http://mardishongrois.blogspot.fr/2016/10/litterature-dezso-kosztolanyi-lame-et.html
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   29.10.16 18:25

Bakonyi a écrit:
L'art et la littérature , autrement dit la culture , c'est tout ce qui nous reste quand on a tout perdu !
Et pourtant c'est encore de trop pour certains!
---- voire même, c'est justement ce qu'il faut éviter de donner à voir aux enfants (ce qui fut mon cas jusqu'à l'âge de 10 ans, et un changement d'autorité parentale - je comprends enfin pourquoi!)

Citation :
Aux États-Unis comme dans d'autres pays du monde où la liberté d'expression est pourtant considérée comme acquise, la lecture de certains livres reste mal perçue. Notamment par les parents d'élèves : les écoles américaines prennent des pincettes lorsqu'il s'agit de faire lire des ouvrages aux enfants. Un parent d'élève a ainsi dû signer une autorisation à son fils pour qu'il puisse lire Fahrenheit 451 de Ray Bradbury...
Code:
https://www.actualitte.com/article/zone-51/un-pere-doit-autoriser-son-fils-a-lire-fahrenheit-451-sa-reponse-est-parfaite/67743
via Daily Dot http://www.dailydot.com/unclick/fahrenheit-451-permission-slip-dad/
Citation :
Publié en 1953, Fahrenheit 451 est un des livres les plus célèbres jamais écrits sur les thèmes de la censure et de la liberté d'expression. Plus qu'une œuvre culte, l'ouvrage est un véritable symbole, associé à ces thèmes. Pour preuve, son auteur Ray Bradbury est devenu le porte-parole de la censure appliquée sur Internet.

 
451 degrés Fahrenheit représente la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres, dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement poursuivi par une société qui désavoue son passé.

Censure et littérature, au sein des établissements scolaires américains, vont encore bon ménage : chaque année, l'Association des bibliothèques américaines (American Library Association, ALA) publie une liste des livres les plus censurés en bibliothèque. Pour faire simple, on y retrouve des ouvrages qui évoquent, en vrac, la sexualité, l'homosexualité, la religion, la violence ou font appel à un registre de langue grossier. Généralement, ce sont les parents d'élèves eux-mêmes qui contestent la présence des livres dans le programme scolaire de leur enfant.

C'est pour cette raison que l'établissement où est scolarisé le fils de Daniel Radosh avait réclamé à son paternel une signature pour l'autoriser à lire Fahrenheit 451 de Ray Bradbury : l'ouvrage est parfois pointé du doigt pour les quelques jurons qu'on y trouve, mais aussi ses descriptions... de Bible en proie aux flammes.

Radosh a évidemment signé l'autorisation, mais a souhaité y ajouter une courte note, que nous traduisons ici :

 
J'aime cette demande d'autorisation ! C'est un moyen incroyable de présenter aux enfants le thème de Fahrenheit 451 : les livres sont si dangereux que les institutions de nos sociétés — les parents et l'école — peuvent s'allier afin d'empêcher les enfants d'en lire un. C'est trop simple de lire un livre et de se dire « C'est tellement fou, cela ne pourrait jamais arriver », alors que présenter aux enfants ce qui ressemble à une « mesure acceptable » pour commencer est un excellent moyen de leur montrer à quel point la censure peut être insidieuse.

   Je suis sûr que lorsque la lecture du livre sera terminée, pas mal d'élèves vont réaliser le véritable objectif de cette autorisation, et qu'ils seront choqués par leur propension à considérer cette demande comme légitime. Par ailleurs, l'inquiétude de Milo [son fils, NdR] par rapport à ce mot que j'ajoute, qui pourrait le faire passer pour un fauteur de troubles, me rappelle bien pourquoi certains personnages du livre préfèrent accepter le monde dans lequel ils vivent plutôt que de résister.


Daniel Radosh est un auteur du Daily Show, une émission satirique américaine diffusée la chaîne Comedy Central, ce qui fait de lui quelqu'un de bien placé pour évoquer la liberté d'expression...
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Bakonyi
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   01.11.16 12:57

J'aime beaucoup Kosztolànyi .
Quand j'étais gosse , je lisais beaucoup . Souvent au détriment des études .
Mes lectures préférées : Jules Verne ( surtout L'ile mystérieuse ) , des "Tarzan " , Arany ( Toldi , bien sûr ) , et aussi un peu de tout ( romans policiers . . . ) .
La censure existait , bien entendu , nous étions " sous la coupe " de Horty . Et en plus de la censure officielle il y avait la censure de l'église ( imprimatur ) . Pourtant à 8-9 ans j'en ai lu quatre ou cinq de ces livres . C'est un Chanoine qui les prêtait a mon père . Cela peu paraitre bizarre , mais c'est comme ça .
Je ne suis vraiment pas en forme , je m'arrête .
J'ai oublié les livres de chasse et de voyage .
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MessageSujet: Re: À quoi sert l'art ou la littérature ?   Aujourd'hui à 17:06

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À quoi sert l'art ou la littérature ?
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