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 La loi antitabac allemande part en fumée

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faj
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MessageSujet: La loi antitabac allemande part en fumée   14.12.06 14:18

La loi antitabac allemande part en fumée

L'interdiction du tabac dans tous les lieux publics s'est heurtée à un problème constitutionnel. Le culte de la cigarette est outre-Rhin une affaire quasi culturelle.

LES FUMEURS invétérés ont encore de beaux jours devant eux en Allemagne. Dans quel autre pays un homme d'affaires pourrait-il être en train de monter, comme le fait Alexander Schoppmann ici, une compagnie aérienne réservée aux amateurs de tabac ? Si ce projet se matérialise, le premier Boeing de SmIntAir, acronyme de Smo­ker's International Airways, décollera de Düsseldorf en octobre 2007 pour Tokyo et Shanghaï. Au prix, il est vrai, de 6 500 euros en classe affaires, cigare cubain offert inclus.


La plupart des gens hésiteront devant pareille dépense. Mais ils n'auront pas pour autant à recourir à la clope honteuse au coin d'un immeuble ou devant un restaurant comme cela est le cas aux États-Unis et, de plus en plus, dans les pays de l'Union européenne. L'Allemagne introduira certes elle aussi des interdictions. Mais elle restera, toutes proportions gardées, un havre pour les fumeurs.


Angela Merkel, qui a elle-même renoncé à la nicotine il y a une douzaine d'années, en a parlé hier avec les puissants ministres présidents des seize Länder du pays. Elle tente de recoller les morceaux d'une loi antitabac qui a été difficilement préparée au niveau fédéral avant de partir en fumée pour des raisons d'ordre constitutionnel.


Au-delà de ce problème politique, particulier à l'Allemagne en raison de ses structures fédérales, la consommation de tabac est outre-Rhin une affaire quasi culturelle. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la cigarette a été symbole de tolérance et de liberté individuelle, après avoir été pourchassée par les nazis au nom de la santé du peuple aryen. Non-fumeur, végétarien et ennemi de l'alcool, Hitler avait versé 100 000 Reichsmark de sa propre poche pour la création en 1941 du premier institut au monde chargé d'étudier les « dangers du tabac ». En foi de quoi, ironisait il y a quelques mois l'hebdomadaire Der Spiegel, « si Hitler a rêvé d'un peuple non fumeur, la consommation de la cigarette est une forme d'antifascisme ».


Les lobbies de l'industrie du tabac ont tout fait pour défendre leur pré carré. Fondée en 1948, leur association VdC dépense quelque 300 millions d'euros par an en publicité et en défense de la cause volatile. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) leur atteste d'avoir « pendant des décennies influencé les gouvernements allemands ». Et sans faire la moindre distinction politique. Aujourd'hui encore, telle ou telle marque sponsorise les congrès des partis, lesquels se font un plaisir d'accepter l'offrande.


La dernière tentative de s'attaquer au tabagisme dans les lieux publics a été lancée en été par les partis de la grande coalition, la CDU et le SPD. Au lieu d'une interdiction générale, ils prévoyaient de bannir les fumeurs des transports en commun, des bâtiments publics, des discothèques et des restaurants sauf s'ils installent une salle séparée, mais pas des bars ou des clubs.


L'affaire a fait long feu, car les ministères de la Justice et de l'Intérieur ont dû constater que le pouvoir fédéral n'avait pas toutes les compétences en la matière. Une réforme du fédéralisme qui est entrée en vigueur le 1er septembre donne par exemple aux seuls Länder le droit de légiférer dans le domaine de la restauration. Il y a bien la législation sur la protection sur le lieu de travail, qui relève, elle, du fédéral, mais elle ne permet pas la subtile différenciation entre garçons de café et serveurs de bar. Elle aurait donc abouti à l'interdiction totale « dont personne ne veut », affirme le député CDU Wolfgang Bosbach, alors que selon un sondage 55 % de la population y sont précisément favorables.


140 000 morts par an


Le pouvoir fédéral veut faire ce qu'il peut, interdire dans les ministères et les transports en commun. Pour le reste, aux Länder d'agir, et Berlin veut les persuader d'avancer de manière concertée. Mais quatre des seize régions seulement sont favorables au bannissement dans la restauration, et la Bavière songe déjà à exempter ses sacro-saints Bierzelte, les immenses tentes où la bière coule à flots. Quatre autres régions y sont hostiles. « Aux propriétaires et aux clients de décider », affirme Peter Müller, le ministre président de Sarre. Les huit restants hésitent. Faute d'accord, il a été décidé de créer une commission. Mais l'hypothèse d'une législation en patchwork reste réelle, de quoi autoriser la cigarette dans un restaurant à Sarrebruck, mais pas à Munich.


En attendant, 140 000 personnes continueront à mourir du tabac tous les ans. Les survivants continueront à dépenser 24 milliards par an, de quoi nourrir les coffres de l'État à hauteur de 14,4 milliards de taxes.
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